Leçon 7: Défaite des Assyriens

Étude de la semaine: Es 36.1; Es 36.2-20; Es 36.21-37.20; Es 37.21-38; Ésaïe 38, 39.

Verset à mémoriser : Seigneur (YHWH) des Armées, Dieu d'Israël, qui es assis sur les keroubim, c'est toi seul qui es Dieu pour tous les royaumes de la terre, c'est toi qui as fait le ciel et la terre (Ésaïe 37 16.).

Un homme émacié marche pieds nus en compagnie de ses deux fils. Une autre famille a chargé tout ce qu'elle a sur un char à bœufs  tiré par un bœuf décharné. Un homme conduit le bœuf tandis que deux femmes sont assises dans la charrette. Les moins chanceux n'ont pas de charrette, alors ils portent leurs biens sur leurs épaules.

Les soldats sont partout. Un bélier fracasse la porte de la ville. Des archers debout sur le bélier décochent leurs flèches en direction des sentinelles postées sur les murailles. C'est un carnage indescriptible.

Avance rapide. Un roi est assis majestueusement sur son trône, recevant butin et prisonniers. Certains prisonniers s'approchent de lui les mains levées, implorant sa miséricorde. D'autres s'agenouillent ou s'accroupissent. Les descriptions de ces scènes avec le roi commencent par ces mots: « Sennachérib, roi du monde, roi d'Assyrie» et se poursuivent avec des expressions du genre: «était assis sur un trône-némedu et le butin de la ville de Lakish passa en revue devant lui. » John Malcolm Russell, The Writing on the Wall (Winona Lake, Indiana: Eisenbrauns, 1999), pp. 137, 138.

Cette série d'images qui ornaient jadis les murs du «Palais sans rival» de Sennachérib, est aujourd'hui conservée au British Museum, et quelle histoire elles racontent sur la situation désespérée de ceux qui se déclaraient peuple de Dieu!

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 13 février.

Qu'arriva-t-il à Juda? 2 Rois 18.13, 2 Ch 32.1, Es 36.1.

Quand Achaz, le roi infidèle, mourut, et que son fils, le fidèle Ézéchias, lui succéda, Ézéchias hérita d'un royaume qui avait perdu sa totale indépendance. Ayant acheté l'aide assyrienne en échange de l'alliance avec la Syrie et le nord d'Israël, Juda fut obligée de payer « pour ne pas être inquiétée » sous forme d'un tribut à l'Assyrie (voir 2 Ch 28.16-21). Quand le roi assyrien Sargon II mourut sur un champ de bataille lointain, et que Sennachérib lui succéda en 705 avant J.-C., l'Assyrie semblait invulnérable. Des textes assyriens et bibliques révèlent qu'Ézéchias saisit cette occasion pour se rebeller (voir 2 Rois 18.7), en prenant des mesures virulentes en tant que meneur d'une révolte anti-assyrienne parmi les petites nations de sa région.

Malheureusement pour lui, Ézéchias avait sous-estimé la ténacité de la puissance assyrienne. En 701 avant J.-C., tandis que Sennachérib avait déjà soumis d'autres parties de son empire, il s'en prit à la Syrie-Palestine avec une force destructrice et dévasta Juda.

Comment Ézéchias se prépara-t-il à une confrontation avec l'Assyrie? 2 Ch 32.1-8.

Quand Ézéchias vit que Sennachérib avait l'intention de prendre Jérusalem, la capitale, il fit de grands préparatifs en vue d'une confrontation avec l'Assyrie. Il renforça ses fortifications, équipa et organisa son armée, et augmenta la sécurité de l'alimentation en eau de Jérusalem (voir également 2 Rois 20.20, 2 Ch 32.30). Le remarquable tunnel souterrain de Siloé, commémoré par une inscription racontant comment il fut construit, remonte sans aucun doute aux préparatifs que fit Ézéchias pour le cas où un siège se présenterait.

Aussi important que le leadership militaire et organisationnel, Ézéchias fournit un leadership spirituel tandis qu'il cherchait à remonter le moral de son peuple en ces temps terrifiants. «Mais le roi de Juda avait décidé de faire l'impossible pour lui résister. Après avoir accompli tout ce que l'ingéniosité et l'énergie humaines pouvaient réaliser, il rassembla ses armées et les exhorta au courage.» Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 271.

Si Ézéchias faisait autant confiance au Seigneur, pourquoi a-t-il déployé autant d'efforts de son côté? Ses œuvres remettaient-elles en cause sa foi? Voir Philippiens 2.12, 13 sur le fait de coopérer avec Dieu, qui donne la puissance véritablement efficace.

Les chefs de l'Assyrie n'étaient pas que des brutes, ils étaient aussi intelligents. Leur objectif était la richesse et le pouvoir, et pas seulement la destruction (comparez Es 10.13, 14).

Pourquoi employer des ressources pour prendre une ville par la force si l'on pouvait convaincre ses habitants de se rendre ? Ainsi, tandis qu'il était occupé avec le siège de Lakish, Sennachérib envoya son rabshakeh, un genre de haut fonctionnaire, pour prendre Jérusalem par la propagande.

Quels arguments le rabshakeh a-t-il utilisés pour intimider Juda? Es 36.2-20, voir également 2 Rois 18.17-35, 2 Ch 32.9-19.

Le rabshakeh avança des arguments plutôt convaincants. Vous ne pouvez pas compter sur l'Égypte pour vous aider car elle est faible et pas fiable. Vous ne pouvez pas dépendre du Seigneur car Ézéchias l'a offensé en supprimant ses hauts lieux et ses autels dans tout Juda, en disant au peuple d'adorer à un seul autel à Jérusalem. En fait, le Seigneur est du côté de l'Assyrie, et il a même dit à Sennachérib de détruire Juda. De toute façon, vous n'avez pas suffisamment d'hommes entrainés pour s'occuper de 2000 chevaux.

Si vous voulez éviter un siège pendant lequel vous n'aurez rien à manger et à boire, abandonnez maintenant et vous serez bien traités. Ézéchias ne peut pas vous sauver, et puisque les dieux de tous les autres pays conquis par l'Assyrie ne les ont pas sauvés, vous pouvez être sûrs que votre Dieu ne vous sauvera pas non plus.

Le rabshakeh disait-il la vérité? Il y avait beaucoup de vérité dans ce qu'il disait, et c'est pourquoi ses arguments étaient si convaincants.

Pour confirmer ses dires, il y avait deux arguments tacites. D'abord, il revenait de Lakish, à seulement 50 kilomètres, où les Assyriens montraient ce qui arrivait à une ville fortifiée qui osait leur résister. Ensuite, il avait un puissant contingent de l'armée assyrienne avec lui (Es 36.2). Sachant le sort réservé aux armées et à d'autres villes ailleurs (y compris Samarie, la capitale du nord d'Israël: 2 Rois 18.9,10) qui avaient succombées à l'Assyrie, aucun habitant de Juda n'aurait eu de raison de douter que d'un point de vue humain, Jérusalem était condamnée (comparez Es 10.8-11). Le rabshakeh avait également raison en disant qu'Ézéchias avait détruit plusieurs lieux de sacrifices afin de centraliser le culte au temple de Jérusalem (2 Rois 18.4, 2 Ch 31.1). Mais si cette réforme avait offensé le Seigneur, restait-il un espoir pour son peuple ? Allait-il, et pouvait-il les sauver ? C'était à Dieu de répondre à cette question!

Vous êtes-vous déjà retrouvé dans une situation similaire, où, d'un point de vue humain, tout semblait perdu? Quel fut votre seul recours? Si vous le voulez, préparez-vous à partager cette expérience avec votre classe, ainsi que la manière dont vous l'avez gérée, et l'issue de cette situation.

Quel impact le discours astucieux du rabshakeh a-t-il eu sur Ézéchias et ses officiels ?

Bouleversé au plus profond de son être et pleurant de détresse, Ézéchias se tourna vers Dieu, et chercha humblement l'intercession d'Ésaïe, ce prophète dont son propre père avait ignoré les conseils.

De quelle manière Dieu encouragea-t-il Ézéchias? Es 37.5-7.

Le message fut bref, mais suffisant. Dieu était du côté de son peuple. Ésaïe prédit que Sennachérib entendrait une rumeur qui le détournerait de son attaque sur Juda. L'accomplissement fut immédiat.

Momentanément frustré, mais en aucun cas décidé à abandonner très longtemps, Sennachérib envoya à Ézéchias un message menaçant : Que ton Dieu, en qui tu mets ta confiance, ne te trompe pas en disant: 'Jérusalem ne sera pas livrée au roi d'Assyrie! [...] Les dieux des nations que mes pères ont détruites les ont-ils délivrées? (Es 37.10,12 ; voir également 2 Ch 32.17).

Cette fois, Ézéchias se rendit directement au temple et délivra le message devant le Seigneur des armées, qui siège entre les chérubins (Es 37.14-16, Ostervald).

En quoi la prière d'Ézéchias s'identifie-t-elle à ce qui est en jeu dans la crise de Jérusalem? Es 37.15-20.

Sennachérib avait attaqué de manière appuyée la plus forte défense d'Ézéchias : la foi en son Dieu. Plutôt que de céder, Ézéchias fit appel à Dieu pour manifester qui il était, que tous les royaumes de la terre sachent que, toi seul, tu es le Seigneur (YHWH)! (Es 37.20).

Lisez la prière d'Ézéchias dans un esprit de prière (Es 37.15-20). Sur quels aspects de Dieu insiste-t-il? Quel principe voyons-nous dans cette prière qui peut nous encourager et nous fortifier dans nos crises personnelles ?

D'après Sennachérib, selon ce qui est rapporté dans ses annales, il prit quarante-six villes fortifiées, assiégea Jérusalem, et fit d'Ézéchias le Juif « un prisonnier à Jérusalem, sa résidence royale, comme un oiseau dans une cage.» - James B. Pritchard, Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament (Princeton, New Jersey: Princeton University Press, 1969), p. 288.

Mais malgré son penchant pour la propagande comme extension de son égo surdimensionné, il ne prétend pas avoir pris Jérusalem, ni sous forme textuelle, ni sous forme iconographique. D'un point de vue humain, cet oubli est surprenant, étant donnés la puissance implacable de Sennachérib et le fait qu'Ézéchias ait conduit une révolte contre lui. Ceux qui osaient se rebeller contre l'Assyrie voyaient leur espérance de vie réduite, et mouraient de manière horrible.

Les chercheurs admettent que même si nous n'avions pas le récit biblique, nous serions contraints d'admettre qu'un miracle a dû se produire. Le fait que Sennachérib ait recouvert les murs de son «palais sans rival» de bas-reliefs (images gravées) décrivant avec réalisme son siège réussi de Lakish semble dû à la nécessité de recourir à une technique pour sauver la face. Mais sans la grâce de Dieu, c'est Jérusalem qui aurait dû figurer sur ces images ! Sennachérib ne raconte pas la suite de l'histoire, mais la Bible, si.

Quelle est la suite de l'histoire? Es 37.21-37.

En réponse à la prière de foi totale d'Ézéchias, Dieu lui envoya un message d'assurance totale pour Juda, message qui débordait de fureur à l'encontre de l'orgueilleux roi assyrien qui avait osé faire un tel affront au divin Roi des rois (Es 37.23). Puis Dieu accomplit sans attendre sa promesse de défendre Jérusalem (2 R 19.35-37; 2 Ch 32.21, 22; Es 37.36-38).

Aux grandes crises les grands miracles, et grands, ils le furent en effet. Le nombre de victimes fut élevé : 185000. Ainsi, Sennachérib n'avait pas d'autre choix que de retourner chez lui, où il trouva la mort (comparez la prédiction d'Ésaïe dans Es 37.7-38). «Le Dieu des Hébreux l'avait emporté sur l'Assyrien orgueilleux. L'honneur de Jéhovah était vengé aux yeux des nations voisines. Le cœur  des habitants de Jérusalem débordait de joie. » Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 277.De plus, si Sennachérib avait conquis Jérusalem, il aurait déporté la population de telle manière que Juda aurait perdu son identité, comme ce fut le cas pour le nord d'Israël. En un sens, ainsi, il n'y aurait plus eu de peuple juif d'où le Messie aurait pu sortir. Leur histoire se serait terminée là. Mais Dieu garda l'espoir vivant.

Que dire à quelqu'un qui, ne croyant pas encore à la Bible ou au Dieu de la Bible, pose cette question: Était-ce juste que ces soldats assyriens, qui étaient juste nés au mauvais endroit, meurent en masse de cette façon? Comment, personnellement, comprenez-vous les actions du Seigneur ici?

Les événements d'Ésaïe 38 et 39 (2 Rois 20) se déroulèrent proches du moment où Dieu délivra Ézéchias de Sennachérib, bien que la délivrance, décrite dans Ésaïe 37 (voir également 2 Rois 19) ne se fût pas encore produite. En effet, Ésaïe 38.5, 6 et 2 Rois 20.6 montrent que la menace assyrienne était toujours bien présente. «Satan était déterminé à provoquer à la fois la mort d'Ézéchias et la chute de Jérusalem, se disant sans doute qu'une fois Ézéchias neutralisé, ses efforts de réformes s'arrêteraient, et la chute de Jérusalem arriverait plus rapidement. » The SDA Bible Commentary, vol. 4, p. 240.

Que nous indique la citation ci-dessus sur l'importance d'un bon leadership pour le peuple de Dieu? Quel signe le Seigneur donne-t-il à Ézéchias pour confirmer sa foi? 2 Rois 20.8- 10 ; Es 38.6-8.

En rejetant les signes proposés par Dieu (Ésaïe 7), Achaz avait initié une suite d'événements qui conduisirent aux ennuis avec l'Assyrie. Mais à présent Ézéchias avait demandé un signe (2 Rois 20.8). Alors, Dieu le fortifia afin qu'il affronte la crise dans laquelle son père avait entrainé Juda. En effet, seul un miracle pouvait faire reculer l'ombre sur le cadran solaire d'Achaz.

Les Babyloniens étudiaient les mouvements des astres et les notaient précisément. Ainsi, ils ont dû remarquer l'étrange comportement du soleil et se demander ce que cela signifiait. Ce n'est pas par hasard si le roi Berodak-Baladân envoie des émissaires à ce moment-là. Les Babyloniens avaient entendu parler du lien entre la guérison d'Ézéchias et le signe miraculeux.

Nous savons à présent pourquoi Dieu choisit ce signe en particulier. De la même manière qu'il utilisa plus tard l'étoile de Bethléem pour conduire les mages d'Orient, il se servit du déplacement du soleil pour faire venir des messagers de Babylone. C'était une chance unique pour eux d'en apprendre davantage sur le vrai Dieu. Berodak-Baladân passa toute sa carrière à essayer de devenir durablement indépendant de l'Assyrie. Il avait besoin d'alliés puissants, ce qui explique sa motivation à contacter Ézéchias. Si même le soleil se déplaçait selon le bon vouloir d'Ézéchias, que risquait-il de faire à l'Assyrie?

Comment Ézéchias a-t-il perdu une occasion inespérée de glorifier Dieu et de parler de luiaux Babyloniens? (Ésaïe 39) Au lieu de cela, Ézéchias, qui aurait dû témoigner du Seigneur auprès d'eux, les renvoya à sa propre «gloire. » Quelle est la leçon pour nous?

« Seule l'intervention divine pouvait faire reculer l'ombre de dix degrés sur le cadran solaire. Ce signe prouverait alors à Ézéchias que le Seigneur avait entendu sa prière. `Ésaïe invoqua l'Éternel, qui fit reculer l'ombre de dix degrés sur les degrés d'Achaz, où elle était descendue.' » Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 263.

« Ces messagers du monarque qui régnait dans un pays lointain offraient à Ézéchias l'occasion inespérée de magnifier le Dieu vivant. Comme il eût été facile, en effet, de parler à ces gens du Créateur de tous les êtres vivants, grâce auquel sa vie avait été prolongée, alors que tout espoir était perdu! [...]

Mais l'orgueil et la vanité s'emparèrent du cœur d'Ézéchias. Pour s'exalter lui-même, il déploya aux regards pleins de convoitise des ambassadeurs babyloniens les trésors dont le Seigneur avait enrichi son peuple. Le roi montra aux envoyés le lieu où étaient ses choses de prix, l'argent et l'or, les aromates et l'huile précieuse, tout son arsenal, et tout ce qui se trouvait dans ses trésors : il n'y eut rien qu'Ézéchias ne leur fit voir dans sa maison et dans tous ses domaines.' Ce n'était pas pour magnifier Dieu qu'il agissait ainsi, mais pour se faire valoir aux yeux des princes étrangers. » page 264.

À MÉDITER :

1- En quoi Satan ressemble-t-il au rabshakeh assyrien ? Dit-il la vérité quand il dit que vous avez péché (Za 3.1) ? Comment Dieu réagit-il? Voir Za 3.2-5. Quel est notre seul espoir contre ces accusations ? Rm 8.1.

2- Satan cesse-t-il ses accusations quand vous êtes pardonnés ? Voir Ap 12.10. Après que vous êtes pardonnés, quand Satan continue de dire que vous lui appartenez à cause de votre péché, quelle est la nature de son accusation ? Voir Dt 19.16-21 (loi sur le faux témoin malveillant).

Résumé : En réponse au cri d'un roi fidèle, Dieu sauva son peuple et montra qui il est: l'omnipotent Roi d'Israël qui contrôle la destinée de la terre. Non seulement il détruit ceux qui tentent de détruire son peuple, mais il donne également des occasions à d'autres, aussi « babyloniens » soient-ils, de faire partie de son peuple.