Leçon 8: Consolez mon peuple

Étude de la semaine: Ésaïe 40.1, 2; Ésaïe 40.3-8; Ésaïe 40.9-11; Ésaïe 40.12-31.

Verset à mémoriser: Monte sur une haute montagne, Sion, toi qui portes la bonne nouvelle; élève ta voix avec force, Jérusalem, toi qui portes la bonne nouvelle; élève ta voix, n'aie pas peur, dis aux villes de Juda: votre Dieu est là! (Ésaïe 40.9).

SABBAT APRÈS-MIDI

1945. La Seconde Guerre Mondiale était terminée. Un soldat japonais, du nom de Shoichi Yokoi, se cachait dans la jungle de l'île de Guam. Des avions américains larguèrent un peu partout des feuilles volantes qui proclamaient la paix, mais Yokoi pensa que c'était un piège. Soldat patriote et loyal de l'empereur, il avait juré de ne jamais se rendre. Sans contact avec la civilisation, il survécut grâce à ce qu'il trouvait dans la jungle, une existence bien difficile et frugale.

En 1972, 27 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, des chasseurs rencontrèrent Yokoi, qui était en train de pêcher, et ce n'est qu'à ce moment-là qu'il apprit que le message de paix était vrai. Tandis que le reste de son peuple vivait en paix depuis des décennies, Yokoi avait enduré des décennies de privation et de stress. — Roy Gane, Altar Call (Berrien Springs, Mich. : Diadem, 1999), p. 304, adapté.

De nombreux siècles avant cela, par l'intermédiaire du prophète Ésaïe, Dieu annonça que le temps de stress et de souffrance de son peuple était vraiment terminé: Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, criez-lui que son combat est terminé, qu'elle s'est acquittée de sa faute, qu'elle a déjà reçu du Seigneur le double de ce qu'elle méritait pour tous ses péchés (Es 40.1, 2).

Examinons ce que cela veut dire.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 20 février.

Dans Ésaïe 40.1,2, Dieu console son peuple. La période de châtiment est enfin terminée. De quel châtiment s'agit-il?

Il y a de nombreuses réponses à cette question. Il y avait le châtiment administré par l'Assyrie, le bâton de la colère de Dieu (Ésaïe 10), duquel Dieu délivra Juda en détruisant l'armée de Sennachérib en 701 avant J.-C. (Ésaïe 37). Il y avait le châtiment administré par Babylone, qui emporterait des biens et des personnes de Juda, parce qu'Ézéchias avait étalé ses richesses devant les messagers de Berodak-Baladân (Ésaïe 39). Et il y avait le châtiment administré par l'une des autres nations contre lesquelles Ésaïe avait écrit des messages (Ésaïe 14-23). Entretemps, bien que l'Assyrie et les assyriens soient mentionnés à 43 reprises entre Ésaïe 7.17 et 38.6, cette nation n'apparait qu'une seule fois dans le reste du livre d'Ésaïe, quand Ésaïe 52.4 fait référence à l'oppression passée de la part de l'Égypte et ensuite de la part de «l'Assyrien ». Dans la dernière partie du livre d'Ésaïe, la délivrance de l'exil à Babylone est mentionnée (Es 43.14 ; Es 47.1; Es 48.14, 20), et c'est Cyrus, le Perse, qui conquit Babylone en 539 avant J.-C., qui doit libérer les exilées de Juda (Es 44.28, Es 45.1, Es 45.13). Ésaïe 1-39 souligne les événements qui précèdent la délivrance des Assyriens en 701 avant J.-C., mais au début du chapitre 40, le livre avance d'un siècle et demi jusqu'à la fin de Babylone, en 539 avant J.-C., et le retour des Juifs peu après. 110

Le thème du départ de Babylone est-il lié à un élément précédent dans Ésaïe? Si oui, lequel? 

Ésaïe 39 sert de transition aux chapitres suivants en prédisant une captivité babylonienne, en tous cas pour certains des descendants d'Ézéchias (Es 39.6,7). En outre, les oracles d' Ésaïe 13, 14, et 21, prédisent la chute de Babylone et la liberté qu'elle donnerait au peuple de Dieu : Car le Seigneur aura compassion de Jacob, il choisira encore Israël, il leur accordera le repos sur leur terre; [...] Alors, le jour où le Seigneur t'aura accordé le repos, après tes peines et tes agitations, et après le dur esclavage qui te At imposé, alors tu prononceras ce poème contre le roi de Babylone (Es 14.1-4). Remarquez le lien étroit avec Ésaïe 40.1, 2, où Dieu promet à son peuple qu'il y a un terme à sa souffrance.

Que signifient les promesses de la Bible sur la fin de la souffrance pour vous aujourd'hui, dans vos souffrances actuelles? À quoi servirait notre foi sans ces promesses ? Pourquoi, dans ce cas, est-il si important de s'y accrocher, quoi qu'il arrive? 

De quelle manière le peuple de Dieu reçoit-il une consolation? Es 40.1-8.

Un héraut anonyme annonce que Dieu vient révéler sa gloire (Es 40.3-5). Une autre voix proclame que bien que les humains soient éphémères comme l'herbe, la Parole de notre Dieu subsistera toujours (Es 40.8).

Après l'exil, le peuple de Dieu retrouve ce qu'il avait reçu au Mont Sinaï, puis rejeté tout au long de son apostasie, et qui était à l'origine de son châtiment: la présence de Dieu et sa Parole. Ce sont les composantes de base de l'alliance de Dieu avec Israël, qui étaient conservées précieusement dans son sanctuaire en leur sein (Ex 25.8,16). Comme ils avaient enfreint sa Parole, Dieu avait abandonné son temple (Ez 9-11), mais il revenait. Sa présence et sa Parole éternellement sûre apportent consolation, délivrance, et espoir.

Quelle préparation est nécessaire pour que le Seigneur vienne? Es 40.3-5.

Il n'est pas convenable pour un roi d'être ballotté sur une route cahoteuse. Alors sa venue doit être précédée de travaux. Et a fortiori s'il s'agit du Roi des rois! Sa venue, apparemment de l'orient, où il a été en exil avec son peuple comme un sanctuaire pour eux (Ez 11.16), supposerait un arrangement important du terrain. Eidée de construire une autoroute plane, littérale, parmi les collines accidentées de l'est de Jérusalem peut paraitre affolante, même si l'on dispose de dynamite et de bulldozers. Dieu est le seul qui puisse faire ce travail. C'est lui qui change le sol accidenté en terrain plat (Es 42.16). Mais il n'a pas besoin d'une route littérale pour se déplacer, car il dispose d'un char de chérubins aéroporté (Ézéchiel 1, 9.11).

Le Nouveau Testament applique de manière explicite la prophétie d'Ésaïe aux travaux spirituels accomplis à travers la prédication de Jean Baptiste (Mt 3.3). Son message était le suivant: Repentez-vous, car k royaume des cieux s'est approché (Mt 3.2, Darby), et le baptême qu'il donne était un baptême de repentance pour le pardon des péchés (Mc 1.4, Segond 21).

Ainsi, les travaux sont la repentance, l'empressement à se détourner du péché, en de recevoir la consolation du pardon et de la présence de Dieu. Jérémie 31.31-34 proclame le même message longtemps à l'avance pour que les exilés de Juda comprennent la nature spirituelle des travaux pour Dieu.

Dans ce passage, le Seigneur promet un nouveau départ à ceux qui le veulent : une nouvelle alliance dans laquelle il met sa loi dans leur coeur et promet d'être leur Dieu. Ils le connaissent, lui et son caractère, car il leur a pardonné.

Lisez attentivement Ésaïe 40.6-8. Tandis que vous séchez comme l'herbe, quelle espérance pouvez-vous tirer de ce que disent ces versets ? En quoi devons-nous prendre garde à ne pas placer notre confiance? 

Quel type d'événement est décrit dans Ésaïe 40.9-11

Plus tard dans Ésaïe, un homme porteur de bonne nouvelle pour Jérusalem apparait (Es 41.27, Es 52.7). Mais dans Ésaïe 40.9, le porteur de bonne nouvelle qui doit proclamer Votre Dieu est là! du haut d'une montagne est une femme, un fait mis en valeur dans l'hébreu. Dans le Psaume 68,

David loue Dieu car il fait habiter en famille ceux qui étaient seuls; il fait sortir ceux qui étaient enchainés, pour qu'ils jouissent de l'abondance (Ps 68.6, Darby). Bien qu'ici ces mots s'appliquent à l'Exode de l'esclavage égyptien, Ésaïe emploie les mêmes idées en référence à la proclamation d'un second «Exode »: le retour de la captivité babylonienne.

Entretemps, le Nouveau Testament applique Ésaïe 40.3-5 à Jean Baptiste, qui a préparé le chemin pour Christ, la Parole éternelle qui est devenue la présence du Seigneur incarnée parmi son peuple (Jn 1.14).

Plus tôt encore que Jean, d'autres ont parlé de la bonne nouvelle de sa venue. Parmi les premiers d'entre eux, il y eut Siméon et Anne, qui ont rencontré Jésus bébé lors de la présentation au temple (Lc 2.25-38). Comme les hérauts d'Ésaïe, il y avait un homme et une femme. Siméon attendait avec impatience la consolation d'Israël sous la forme du Messie (Lc 2.25, 26).

Au vu de la prophétie d'Ésaïe, cela ne semble pas une coïncidence qu'Anne, une prophétesse, fut la première à annoncer publiquement au peuple de Jérusalem, et au mont du temple que le Seigneur était là: Elle aussi survint à ce moment même; elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem (Luc 2.38). Ce fut la naissance de l'évangélisation chrétienne telle qu'on la connais: proclamation de l'évangile, la bonne nouvelle que Jésus est venu apporter le salut. Plus tard, Christ confia à une autre femme, Marie de Magdala, les premières nouvelles de sa résurrection triomphante Un 20.17, 18), qui garantissait que sa mission évangélique pour la planète Terre était accomplie. La chair est comme l'herbe, mais la Parole divine qui s'est faite chair est éternelle (voir Es 40.6-8) ! '

Lisez Ésaïe 40.11. Quel type d'images est présenté ici? Écrivez pour vous-même un paragraphe sur la manière dont vous avez personnellement vécu la présence pastorale (c'est-à-dire, propre au berger) du Seigneur. Pourquoi est-ce une bonne chose de vous souvenir de la manière dont le Seigneur vous a guidé? 

De quelle manière Ésaïe 40 développe-t-il les thèmes de la miséricorde et de la puissance de Dieu?

Tout au long de ce chapitre, la miséricorde et la puissance de Dieu sont entremêlées (voir ci-dessous) et même confondues, car elles sont toutes deux nécessaires pour que Dieu sauve son peuple. Il veut les sauver, car il est miséricordieux. Il est capable de les sauver, car il est puissant.

- Miséricorde (Es 40.1-5) : consolation, venue du Seigneur pour délivrer.

- Puissance (Es 40.3-8) : gloire, permanence contre faiblesse humaine.

- Miséricorde (Es 40.9-11) : bonne nouvelle de délivrance, Berger de son peuple.

- Puissance (Es 4.12-26) : Créateur incomparable.

- Miséricorde (Es 40.27-31) : en tant que Créateur, donne de la puissance à ceux qui sont épuisés.

Après avoir présenté la force de Dieu en termes de gloire et de permanence (Es 40.3-8), Ésaïe développe au sujet de sa puissance et sa sagesse supérieures, qui font apparaitre la terre et les terriens tout petits (Es 40.12-17). Ici, le style d'Ésaïe, avec des questions rhétoriques et des analogies frappantes sur la terre et ce qui la compose, ressemble à la réponse que Dieu avait faite à Job (Jb 38-41).

Quelle est la réponse à la question rhétorique d'Ésaïe: À qui voulez-vous comparer Dieu? (Es 40.18) ?

Pour Ésaïe, comme pour Job, la réponse est évidente : personne. Dieu est incomparable. Mais Ésaïe rebondit sur sa question et fait référence à la réponse que beaucoup de peuples anciens signifiaient par leurs actes, c'est-à-dire que Dieu ressemble à une idole (Es 40.19, 20). A cette notion, Ésaïe réagit. Il nous semble déjà insensé d'employer une idole comme image de Dieu, mais juste pour s'assurer que les gens ont bien compris, il donne plus de détails sur le caractère unique de Dieu et fait appel à l'argument imparable qu'il est le Créateur saint (Es 40.21-26).

En quoi le verset 27 révèle-t-il l'attitude du peuple abordée dans le message d'Ésaïe? De quelles manières sommes-nous coupables de la même attitude?

L'objectif du message de Dieu est de consoler ceux qui en ont besoin! Comme Job, leur souffrance les a plongés dans la confusion et le découragement concernant son caractère.

Parcourez les versets d'aujourd'hui. Ils parlent non seulement de la miséricorde et de la puissance de Dieu, mais aussi du fait qu'il est le Créateur. Pourquoi cette vérité est-elle si importante à comprendre? En quoi le sabbat, chaque semaine, contribue-t-il à renforcer ce point crucial? 

 

L'idolâtrie détruit une relation intime unique avec Dieu en le remplaçant par autre chose (Ex 20.4, 5; Es 42.8). Ainsi, les prophètes font référence à l'idolâtrie comme étant un « adultère » spirituel (Jr 3.6-9, Ez 16.15-19).

Lisez Ésaïe 41.29. De quelle manière Ésaïe caractérise-t-il les idoles ? Comment comprenez-vous ce qu'il dit d'elles ici? Pourquoi s'agit-il d'une description précise de toute idole, quelle qu'elle soit?

Les idolâtres anciens croyaient qu'ils adoraient des êtres divins puissants, à travers des images ou des symboles les représentant. Adorer une idole représentant un autre dieu enfreint le premier commandement: Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi (Ex 20.3). Mais si une idole est conçue pour représenter le vrai Dieu, comme le veau d'or (Ex 32.4, 5), le Seigneur rejette ce soi-disant portait de lui, car nul ne sait comment le décrire (Deut. 4.15-19), et rien ne peut représenter sa gloire et sa grandeur incomparables. Ainsi, une idole elle-même fonctionne comme un autre dieu, et l'adorer enfreint le premier et le deuxième commandement.

Le peuple de Dieu n'a pas besoin d'idoles, car ils ont la véritable présence de la Shekhina avec eux dans son sanctuaire. Adorer une idole, c'est remplacer, et par conséquent, renier, sa véritable présence.

À quels types d'idolâtrie sommes-nous confrontés en tant qu'église aujourd'hui? L'idolâtrie apparaît-elle de manière plus subtile dans l'église aujourd'hui? Si oui, de quelle manière?

«Un grand nombre de ceux qui portent le nom de chrétiens servent d'autres dieux hormis le Seigneur. Notre Créateur exige notre dévotion suprême, notre fidélité première. Tout ce qui tend à diminuer notre amour pour Dieu, ou à interférer avec le service qui lui est dû, devient ainsi une idole. » Ellen G. White Comments, The SDA Bible Commentary, vol. 2, pp. 1011-1012.

Nous savons d'après les écrits anciens que l'idolâtrie était attrayante, car elle était liée au matérialisme. En se servant de modes d'adoration que les gens pouvaient comprendre, les idolâtres honoraient des forces qui, croyaient-ils, leur accorderaient fertilité et prospérité. C'était une religion de développement personnel Cela vous rappelle quelque chose?

Juste avant que le Seigneur ne revienne, avec son chemin préparé par les travaux d'un dernier message de réconciliation délivré par Élie (Malachie 4), le choix sera le même qu'aux jours d'Ésaïe : Allez-vous adorer le Créateur, ou bien allez-vous adorer autre chose (Apocalypse 13,14) ? Car en fin de compte, nous adorons toujours quelqu'un ou quelque chose. 

Lisez Ellen G. White, «Voici votre Dieu,» dans Prophètes et rois, pp. 237-243.

«Au temps d'Ésaïe, l'état spirituel de l'humanité était obscurci par son incompréhension à l'égard de Dieu. Pendant longtemps, Satan s'était efforcé de faire croire aux hommes que leur Créateur était l'auteur du péché, de la souffrance et de la mort. Ceux qu'il avait ainsi trompés s'imaginaient que Dieu était un Dieu cruel et exigeant, qu'il les observait pour les accuser et les condamner, et ne recevait pas les pécheurs qui venaient à lui. La loi d'amour qui régit le royaume des cieux avait été présentée par le grand séducteur comme une atteinte à leur bonheur, comme un joug pesant auquel ils devaient se soustraire avec joie. Satan prétendait qu'on ne pouvait pas obéir aux préceptes de cette loi, et que la pénalité attachée à sa transgression était infligée de manière arbitraire. » Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 237.

À MÉDITER :

1- Résumez avec vos mots à vous le message d'Ésaïe 40.12-31. Rédigez-le avec des images modernes, comme les découvertes scientifiques modernes qui montrent de manière encore plus détaillée la puissance redoutable de notre Dieu. Partagez votre résumé avec la classe.

2- En quoi la description que fait Ésaïe de la permanence de la Parole de Dieu par opposition à l'éphémère fragilité de l'existence humaine (Es 40.6-8) parle-t-elle à votre peur de la mort? En quoi est-elle liée à votre espérance de la résurrection (Jb 19.25-27, Dn 12.2, 1 Co 15.51-57, 1 Th 4.13-18) ?

3- En prenant à cœur Ésaïe 40.12-31, comment peut-on être guéri de l'orgueil et de l'arrogance?

Résumé: Par l'intermédiaire d'Ésaïe, Dieu apporta la consolation à ceux qui souffraient. Leur temps de trouble était terminé, et Dieu revenait à eux. Plutôt que d'être découragés et soucieux, ils pouvaient compter sur Dieu pour qu'il utilise sa puissance créatrice en leur faveur.