Leçon 5: Un noble prince de la paix

Étude de la semaine: Ésaïe 9.1-5; Ésaïe 9.6, 7; Ésaïe 9.8-10.34; Ésaïe 11; Es 12.1-6.

Verset à mémoriser: Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule; On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éterne4 Prince de la paix (Ésaïe 9.5, Colombe.).

«Robert Oppenheimer, qui supervisa la création de la première bombe atomique, se tenait devant un Comité du Congrès américain. Les membres de ce comité lui demandèrent s'il existait une quelconque défense contre l'arme.

`Certainement,' répondit l'éminent physicien.

`Et de quoi s'agit-il ?'

Le Dr Oppenheimer regarda le public attentif et silencieux, et dit doucement :La paix.'» - Compilé par Paul Lee Tan, Encyclopedia of 7700 Illustrations: Sig-ns of the Times (Rock-ville, Md.: Assurance Publishers, 1985), p. 989.

La paix est un rêve hors de portée pour l'espèce humaine. On estime que depuis le début de l'histoire connue, le monde a été entièrement en paix seulement 8% du temps. Durant ces années, au moins huit mille traités ont été rompus (Paul Lee Tan, p. 987, adapté). Durant le demi-siècle qui a suivi la fin de la Première Guerre Mondiale, qui était censée être la Der des Ders, il y eut deux minutes de paix pour chaque année de guerre.

En 1895, Alfred Nobel, l'inventeur de la dynamite, finança la création d'un prix pour les individus qui contribueraient de façon remarquable à la paix (Paul Lee Tan, p. 988, adapté). Pourtant, ces dernières années, même certains lauréats du Prix Nobel de la Paix ont été impliqués dans de violents conflits.

Cette semaine, nous en lirons davantage sur le seul quipeut apporter la véritable paix, la paix éternelle.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 30 janvier.

Pourquoi Ésaïe 9.1 commence-t-il par un mot (mais, Segond 1910) qui indique un contraste avec ce qui précède?

Ésaïe 8.21,22 décrit la condition désespérée de ceux qui se tournent vers l'occultisme plutôt que vers le vrai Dieu : où qu'ils regardent, ils ne voient que la détresse, l'obscurité et de sombres angoisses; il[s] ser[ont] repousses] dans d'épaisses ténèbres (Es 8.22). Par opposition, les ténèbres ne régneront pas toujours sur la terre où il y a maintenant des angoisses (Es 9.1). Le peuple de Galilée est identifié ici comme recevant la bénédiction spéciale d'une grande lumière (Es 9.1). La nation se multipliera et se réjouira car Dieu aura brisé le bâton de son oppresseur (Es 9.3).

La région du Lac de Galilée est décrite ici car elle faisait partie des premiers territoires d'Israël à avoir été conquis. En réponse à la demande d'aide d'Achaz, Teglath-Phalasar III s'empara de la Galilée et des régions transjordaniennes du nord d'Israël, emmenant en captivité une partie du peuple, et réduisant des territoires à l'état de provinces assyriennes (2 Rois 15.29). Ainsi, le message d'Ésaïe signifie que les premiers à avoir été conquis seraient les premiers à connaitre la délivrance.

De qui Dieu se sert-il pour délivrer son peuple? Es 9.6,7.

Quand et comment la prophétie d'Ésaïe 9.1-5 s'est-elle accomplie? Mt 4.12-25.

Ce n'est pas un hasard si le ministère de Jésus a débuté dans la région de la Galilée, où il a apporté l'espoir en annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu et en guérissant les gens, y compris en délivrant des démoniaques de l'esclavage de l'occultisme (Mt 4.24).

Nous avons là un parfait exemple de la manière dont la Bible prend des événements survenus à l'époque de l'Ancien Testament et s'en sert pour préfigurer des choses qui arriveront à l'époque du Nouveau Testament. Le Seigneur mélange des images d'une époque avec celles d'une autre, comme dans Matthieu 24, où Jésus mêle la destruction de Jérusalem en l'an 70 à la destruction de la fin des temps.

Si l'on vous demandait: De quoi Jésus t'a-t-il délivré, quelle serait votre réponse? Quel témoignage personnel pouvez-vous donner concernant la puissance de Christ dans votre vie?

Voici la troisième naissance spéciale du livre d'Ésaïe, après la mention des naissances d'Immanou-El et de Maher-Shalal-Hash-Baz.

Qu'y a-t-il de particulier chez l'enfant mentionné dans ces versets? Es 9.5, 6.

Remarquez que ce Libérateur est qualifié de plusieurs manières, qui le décrivent sous plusieurs aspects. Dans le Proche-Orient ancien, les rois et les divinités avaient de multiples noms pour montrer leur grandeur.

Il est étonnant, tout comme l'Ange divin du Seigneur avait décrit son propre nom au père de Samson (Jg 13.18 ; même racine en hébreu) avant de monter vers le ciel dans les flammes de l'autel de Manoah Jg 13.20), préfigurant ainsi qu'il s'offrirait en sacrifice, plus de mille années plus tard. Il est qualifié de divin (Dieu-Héros) et de Créateur éternel (Père éternel; voir Luc 3.38 : Adam, fils de Dieu).

Il est un Roi de la dynastie de David; son royaume de paix sera éternel.

Étant donné ces attributs, quelle pouvait être la seule identité possible de cet enfant ? Voir Lc 2.8-14.

Certains ont tenté de l'identifier au roi Ézéchias, mais la description dépasse largement celle d'un être humain ordinaire. Une seule personne y correspond: Jésus-Christ, le divin Fils de Dieu et Créateur (Jn 1.1-3, 14; Col 1.5-17; Col 2.9; He 1.2), qui nous est né afin de nous sauver et nous donner la paix. Il a reçu toute autorité dans le ciel et sur la terre, et il est avec nous tous les jours (Mt 28.18-20). Tout en conservant sa divinité, il s'est également fait chair pour toutes les époques, et il est sensible à nos faiblesses (He 4.15). Un enfant nous est né ... à jamais !

«Quand le Christ est venu dans notre monde, Satan était là pour lui disputer le moindre pouce de terrain sur le sentier qui de la crèche le conduisait au Calvaire. Satan avait accusé Dieu d'exiger de l'abnégation de la part des anges alors qu'il ne savait pas ce que cela signifiait pour son propre compte et qu'il se refusait au moindre sacrifice pour d'autres. Telle fut l'accusation portée par Satan contre le Dieu du ciel; après avoir été expulsé du ciel, le malin a continué d'accuser le Seigneur d'exiger de ses créatures ce qu'il ne voulait pas faire lui-même. Le Christ est venu dans le monde pour réfuter ces fausses accusations et révéler le Père.» Ellen G. White, Messages choisis, pp. 475-476.

Que nous indique cette déclaration sur le caractère de Dieu?

Cette partie explique Ésaïe 9.1-5, qui prédit la délivrance pour le peuple angoissé et abattu qui avait compté sur l'occultisme et était devenu victime des conquêtes et de l'oppression militaire : le bâton de son oppresseur, tu l'as brisé comme au jour de Madiân (Es 9.3).

Lisez intégralement les souffrances du peuple de Dieu telles qu'elles apparaissent dans les textes ci-dessus. Comparez les malédictions dans Lévitique 26.14-39. Pourquoi Dieu a-t-il puni son peuple par étapes plutôt qu'en une seule fois? Qu'est-ce que cela indique sur son caractère et ses objectifs?

Si Dieu avait voulu détruire son peuple, il aurait pu les livrer aux Assyriens sans attendre. Mais il est patient, ne voulant qu'aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance (2 P 3.9, Segond 21). Comme à l'époque des «juges », Dieu laissa le peuple de Juda et d'Israël subir certaines conséquences de leur folie pour qu'ils comprennent ce qu'ils faisaient, et aient une occasion de faire un meilleur choix. Quand ils persistèrent dans le mal et endurcirent leur coeur contre lui et contre les appels qu'il envoyait par l'intermédiaire de ses messagers, il retira un peu plus sa protection. Mais ils continuèrent à se rebeller. Ce cycle se répéta en une spirale infernale jusqu'à ce que Dieu ne puisse plus rien faire.

Lisez intégralement Ésaïe 9.8-10.2. De quels péchés le peuple est-il coupable? Contre qui les a-t-il commis? Qui est coupable parmi eux?

Le thème qui apparait ici, et qui est présent dans toute la Bible, est celui de la réalité du libre arbitre. Dieu a créé les humains libres (il le devait; autrement, ils n'auraient jamais pu l'aimer vraiment), et la liberté implique la possibilité de faire le mal. Et bien qu'encore et encore, Dieu cherche à nous attirer à lui en révélant son amour et son caractère, il nous permet aussi de subir les fruits de nos mauvaises décisions, c'est-à-dire la douleur, la souffrance, la peur, la tourmente, etc., tout cela pour que nous comprenions où cela mène de se détourner de lui. Et pourtant, même dans ces situations, il n'est pas si fréquent que les gens laissent le péché de côté pour venir au Seigneur. Le libre arbitre est quelque chose de merveilleux. Sans cela, nous ne serions pas humains. Mais malheur à ceux qui s'en servent à mauvais escient.

De quelle manière Dieu a-t-il utilisé la souffrance dans votre vie pour vous détourner de votre mauvaise voie? (Ou bien peut-être n'avez-vous pas encore reçu le message?)

Qui est le « rameau» qui sort du « tronc de Jessé» dans Ésaïe 11.1 ? Voir également Za 6.12.

Ésaïe 11.1 prend l'image d'un arbre abattu dans Es 10.33,34. Le «tronc de Jessé » représente l'idée que la dynastie de David (fils de Jessé) perdrait de sa puissance (Dn 4.10-17, 20-26). Mais un «rameau» sortirait de ce « tronc» apparemment condamné, c'est-à-dire un chef descendant de David.

Pourquoi le nouveau chef davidique est-il également appelé «la racine de Jessé» (Es 11.10) ? Quelle est la logique? Ap 22.16.

La description ne correspond qu'à Jésus-Christ, qui est à la fois « la racine et la postérité de David» (Ap 22.16, Darby). Christ est issu de la lignée de David (Lc 3.23-31), qui descendait d'Adam, qui était lui-même «fils de Dieu» (Lc 3.38) au sens où Christ l'avait créé (voir Jn 1.1-3,14). Ainsi, Christ était à la fois l'ancêtre de David, et son descendant !

Comment le nouveau chef davidique les effets du péché et de l'apostasie? Ésaïe 11.

Il pense et agit en harmonie avec le Seigneur, juge avec justice, punit les méchants et apporte la paix. Quand il prendra le contrôle, le Seigneur ramènera, restaurera et unira un reste fidèle d'Israël et de Juda (comparez avec Es 10.20-22). Il y aura une monarchie forte et unie comme aux jours du roi David, qui fut vainqueur des Philistins et d'autres peuples. Mais le nouveau Chef sera plus grand que David en ce qu'il restaurera la paix dans l'essence-même de la création : les prédateurs ne seront plus carnivores, et ils coexisteront en paix avec leurs anciennes proies (Es 11.6-9).

Est-ce qu'Ésaïe 11 parle seulement de la première venue de Christ, seulement de son retour, ou bien des deux? Parcourez la prophétie et notez les textes qui parlent de l'une ou l'autre de ses venues.

Dans Ésaïe 11, les deux venues de Jésus sont présentées en une seule image. Elles sont liées, car elles sont deux parties d'un tout, comme les deux surfaces d'un plan. Le plan du salut, pour être achevé, exige les deux venues : la première, qui s'est déjà produite, et la seconde, que nous attendons comme le couronnement de tous nos espoirs en tant que chrétiens.

Qu'est-ce que Christ a accompli à sa première venue qui nous donne l'assurance de sa seconde venue? Quel est le but de sa première venue si elle n'entraine pas la seconde?

Ésaïe 12 est un court psaume (chant) de louange à Dieu pour sa consolation puissante et miséricordieuse. Le psaume, qui sort de la bouche d'un membre du reste restauré, compare la délivrance promise à celle des Hébreux pendant l'Exode d'Égypte (voir Es 11.16), et au cantique de Moïse et des Israélites quand ils furent sauvés de l'armée de Pharaon à la Mer Rouge (voir Exode 15).

Comparez ce chant dans Ésaïe 12 à Apocalypse 15.2-4, le cantique de Moïse et de l'Agneau. Pour quoi louent-ils Dieu tous les deux?

Ésaïe 12.2 manque de peu d'identifier le Libérateur à Jésus. Il dit que «Dieu est mon salut» et qu'il est «devenu mon salut» (Colombe). Le nom Jésus signifie «Le Seigneur est salut » (comparez avec Mt 1.21).

Que signifie l'idée, contenue dans le nom de Jésus, que le Seigneur est salut?

Non seulement le Seigneur donne le salut (Es 12.2), mais il est lui-même salut. La Présence du Saint d'Israël parmi nous (Es 12.6) est tout pour nous. Dieu est avec nous ! Non seulement Jésus faisait des miracles, il est devenu chair [et] afizit sa demeure parmi nous (Jn 1.14 ; c'est nous qui soulignons). Non seulement il a porté nos péchés sur la croix, mais il est devenu péché pour nous (2 Co 5.21). Non seulement il fait la paix, mais il est notre paix (Ep 2.14).

Il n'est pas surprenant que «le fils de Jessé sera comme un signal dressé pour les peuples de la terre» (Es 11.10, PDV). Quand il sera élevé sur la croix, il attirera tous les hommes à lui Jn 12.32,33) ! Un reste reviendra au « Dieu-Héros » (Es 10.21), qui est l'enfant qui nous est né, le Prince de paix (Es 9.5) !

Attardez-vous davantage sur l'idée que Jésus est notre salut. Lisez Romains 3.24. Ce verset dit que la rédemption se trouve en Jésus. La rédemption a eu lieu en lui, et c'est par la grâce et la miséricorde de Dieu que nous pouvons également avoir une part éternelle dans cette rédemption. En d'autres termes, cette rédemption qui était en lui peut devenir la nôtre par la foi, et non par les oeuvres, car aucune de nos oeuvres n'est suffisamment bonne pour nous racheter. Seules les oeuvres que Jésus a accomplies, qu'il nous attribue par la foi, peuvent apporter la rédemption.

En quoi cette vérité vous donne-t-elle l'espérance et l'assurance du salut, notamment quand vous vous sentez accablé par votre propre sentiment d'indignité?

« Le cœur d'un père humain s'attendrit sur son fils. Il considère le visage du petit enfant et tremble à la pensée des dangers que la vie lui réserve. Il désire protéger cet être chéri contre la puissance de Satan, et le préserver des tentations et des luttes. Dieu a consenti à donner son Fils unique en vue d'un conflit plus redoutable et d'un risque plus effrayant, et cela, afin que le sentier de la vie devînt plus sûr pour nos enfants. `Voici en quoi consiste l'amour! Admirez, ô cieux! et sois étonnée, ô terre !' ». Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 34.

«C'est Christ qui consentit à remplir les conditions nécessaires pour le salut de l'homme. Nul homme, nul ange n'était suffisant pour la grande oeuvre qui devait être accomplie. Seul le Fils de l'homme devait être élevé. Car seule une nature infinie pouvait entreprendre cette action rédemptrice. Christ consentit à se rapprocher des déloyaux et des pécheurs, à participer à la nature de l'homme, à verser son propre sang, et à faire de son âme une offrande pour le péché. Dans les conseils du ciel, on mesura la culpabilité de l'homme, on estima la colère pour le péché, et pourtant Christ annonça sa décision : il prendrait sur lui la responsabilité de remplir les conditions grâce auxquelles l'espérance pourrait être étendue à une race déchue.» Ellen G. White, The Signs of the Times, 5 mars 1896.

À MÉDITER :

1- Comme nous l'avons vu dans Ésaïe 11, le Seigneur a présenté les deux venues de Christ en un seul tableau. Cela peut contribuer à expliquer, en tous cas dans une certaine mesure, pourquoi une partie des Juifs n'ont pas accepté Christ à sa première venue, car ils s'attendaient à ce qu'il accomplisse des choses qui ne se produiront que lors de sa seconde venue. Qu'est-ce que cela nous indique sur l'importance d'une bonne compréhension de la nature de la venue de Christ? De quelle manière de fausses idées, par exemple sur son retour, préparent-elles les gens à la grande supercherie de Satan à la fin des temps ? (Voir Ellen White, Le grand espoir, chapitre 39).

Résumé: À l'époque d'Ésaïe, dont le nom signifie « Salut du Seigneur,» Dieu a promis à son peuple du reste qu'il le sauverait de l'oppression qu'ils allaient subir en conséquence de l'apostasie nationale. Cette prophétie pleine d'espérance trouve son accomplissement suprême en Jésus, dont le nom signifie «Le Seigneur est salut. »