Leçon 3: Quand le monde s'écroule

Étude de la semaine : Es 7.1-9; Es 7.10-13; Es 7.14.

Verset à mémoriser : Si vous n'avez pas foi, vous ne tiendrez pas (Ésaïe Z9.).

Un sabbat, alors qu'ils revenaient de l'église, Connie et Roy se garèrent dans leur allée. Une poule naine traversa désespérément le jardin, juste devant eux. Ce n'était pas normal. Les volailles étaient censées être à l'abri dans leur enclos, mais s'en étaient échappées. Ils se rendirent vite compte qu'un drame était en train de se produire. Beethoven, le petit chien du voisin, s'était également échappé de son jardin, et se trouvait près de l'étang, avec Daisy dans sa gueule. Daisy était une magnifique poule pondeuse avec une queue toute blanche et duveteuse. Connie courut au secours de Daisy, mais c'était trop tard. Sa précieuse poule, le cou désormais broyé, rendit l'âme dans ses bras. Connie s'assit dans le jardin, tenant l'oiseau mort, et se mit à pleurer.

Il y avait un autre oiseau qui, lui, était profondément perturbé. Un grand canard tout blanc vit Connie avec Daisy dans les mains, et sembla croire qu'elle l'avait tuée. Alors, pendant plusieurs semaines, dès que le canard voyait Connie, il l'attaquait violemment, en la pinçant cruellement de son bec puissant. Il est parfois difficile de distinguer ses amis de ses ennemis.

Cette semaine, nous examinerons l'histoire d'un roi de Juda qui avait ce même problème, et nous chercherons à comprendre pourquoi il fit les mauvais choix.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 16 janvier.


Quelle crise terrifiante le roi Achaz dut-il affronter au début de son règne ? 2 Rois 15.37, 38 ; 2 Rois 16.5, 6; Ésaïe 7.1, 2.

Les royaumes du nord d'Israël (Éphraïm) et de Syrie (Aram) se liguèrent contre le plus petit pays de Juda, au sud. Cela se produisit alors que Juda était affaibli par des attaques des Édomites et des Philistins. Par le passé, Juda avait combattu Israël, mais une alliance entre Israël et la Syrie représentait un danger important. Il semble qu'Israël et la Syrie voulaient forcer Juda à participer avec eux à une coalition contre la grande puissance de Teglath-Phalasar III, d'Assyrie (appelé Poul dans 2 Rois 15.19), qui continuait à les menacer avec son empire qui ne cessait de s'étendre. Israël et la Syrie avaient mis de côté leur querelle ancestrale en vue d'un plus grand danger. S'ils pouvaient conquérir Juda et installer un homme de paille à la tête du pays (Es 7.5,6), ils pourraient utiliser les ressources et la main d'ceuvre du pays.

Quelle fut la solution d'Achaz quand son monde s'écroula? 2 Rois 16.7-9, 2 Ch 28.16.

Plutôt que de reconnaitre que Dieu était le seul ami qui pouvait le secourir, lui et son pays, Achaz tenta de se faire un ami de Teglath-Phalasar III, l'ennemi de ses ennemis. Le roi assyrien accéda volontiers à sa demande d'aide contre la Syrie et Israël. Non seulement Teglath-Phalasar reçut un généreux pot-de-vin d'Achaz, mais il avait une bonne excuse pour prendre la Syrie, ce qu'il fit rapidement (2 Rois 16.9). La puissance de l'alliance entre la Syrie et Israël était brisée. À court terme, il sembla qu'Achaz avait sauvé Juda. Mais cette action de la part d'Achaz ne devrait pas nous surprendre. Il avait été l'un des pires rois à régner sur Juda jusque-là. (Voir 2 Rois 16.3, 4; 2 Ch 28.2-4).

Quand nous lisons comment était Achaz, sa réaction au danger est compréhensible. Quelle leçon peut-on tirer de cette situation pour notre situation personnelle ? Si nous n'obéissons pas au Seigneur maintenant, qu'est-ce qui nous fait croire que nous pourrons lui faire confiance quand les véritables épreuves surviendront? (Voir Jc 2.22, Jr 12.5).

Tandis qu'Achaz considérait ses options politiques pour faire face à la menace venue d'Israël et de Syrie, Dieu savait certaines choses que lui ignorait. D'abord, c'est Dieu qui avait laissé les ennuis s'abattre sur lui afin de le punir et le ramener à la raison (2 Ch 28.5,19). En outre, le fait d'en appeler à Teglath-Phalasar semblait certes logique et intéressant d'un point de vue humain, mais Dieu savait que cela amènerait le royaume davidique de Juda sous un contrôle étranger dont il ne pourrait jamais se relever.

Les enjeux étaient extrêmement élevés. Alors, le Seigneur envoya Ésaïe intercepter le roi (apparemment pendant qu'il inspectait le réseau d'alimentation en eau de la ville de Jérusalem en vue d'un siège) afin de le persuader de ne pas contacter le roi assyrien.

Pourquoi le Seigneur a-t-il dit à Ésaïe de prendre son fils, Shéar-Yashoub, avec lui? (Es 7.3)

Achaz devait être étonné quand Ésaïe le salua et lui présenta son fils, nommé « un reste reviendra. » Un reste de qui ? Du fait que le père du garçon était un prophète, le prénom sonnait comme un message de mauvais augure de la part de Dieu à propos du peuple s'en allant en captivité. Ou bien s'agissait-il de revenir à Dieu au sens de se repentir (le verbe « revenir » a également ce sens-là) ? Le message de la part de Dieu à Achaz était celui-ci : Il a la signification que tu lui donnes ! Détourne-toi de tes péchés ou alors va en captivité, et de la captivité un reste reviendra. La décision t'appartient!

En quoi le message de Dieu répond-il à la situation du roi? Es 7.4-9.

La menace venue de Syrie et d'Israël passerait et Juda serait épargné. Les puissances qui menacaient à Achaz tels de gigantesques volcans en feu n'étaient aux yeux de Dieu que deux bouts de tisonsfilmants (Es 7.4). Achaz n'avait aucune raison d'appeler l'Assyrie à l'aide.

Mais pour prendre la bonne décision, Achaz avait besoin de se fier au Seigneur et à ses promesses. Il avait besoin d'avoir foi afin de tenir (Es 7.9, Semeur). Les mots pour «avoir foi» et « tenir » viennent de la même racine en hébreu, dont vient également le mot que l'on traduit par « vérité » (celle qui est fiable) et dont vient également le mot amen (affirmant ce qui est vrai/fiable). Achaz devait être sûr afin d'être sûr. Il avait besoin de se fier afin d'être fiable.

Regardez cette dernière partie d'Ésaïe 7.9. Pourquoi la foi et la croyance sont-elles si importantes si l'on veut « tenir »? Tenir face à quoi? En quoi ce principe s'applique-t-il à la vie du chrétien ?

Achaz ne répondit pas à Ésaïe qui l'appelait à avoir la foi. Alors, Dieu, dans sa grande miséricorde, donna une autre chance à Achaz, et lui dit de demander un signe qui était soit dans les profondeurs du séjour des morts, soit dans le lieux les plus élevés (Es 7.11). Il s'agit de l'une des plus grandes invitations à la foi jamais proposée à un être humain. Contrairement aux loteries ou aux tirages au sort, Dieu n'a ajouté aucune limitation en petits caractères. Dieu n'a même pas limité son offre à la moitié de son royaume, comme le faisaient les chefs humains quand ils atteignaient les limites de leur générosité (voir Esther 5.6, Esther 7.2, Marc 6.23). Il était prêt et disposé à vider le ciel et la terre pour un méchant roi si seulement il voulait bien croire! Comme signe, Achaz aurait pu choisir une montagne d'or ou des soldats aussi nombreux que les grains de sable des plages de la Méditerranée.

Pourquoi Achaz a-t-il réagi de cette manière? (Es 7.12)

À première vue, la réponse d'Achaz semble pieuse et respectueuse. Il ne voulait pas mettre Dieu à l'épreuve, comme l'avaient fait les Israélites des siècles auparavant, durant leur errance dans le désert (Ex 17.2, Dt 6.16). Mais la différence, c'est que Dieu avait invité le roi à le mettre à l'épreuve (comparez avec Mal 3.10). S'il acceptait son don extrêmement généreux, cela ferait plaisir à Dieu, et ne mettrait pas sa patience à l'épreuve. Mais Achaz n'était même pas disposé à permettre à Dieu de l'aider à croire. Il verrouilla la porte de son coeur pour en interdire l'accès à la foi.

Lisez Ésaïe 7.13. Que dit Ésaïe ici?

Ésaïe fit remarquer qu'en refusant de mettre Dieu à l'épreuve, en voulant éviter en apparence de fatiguer Dieu, Achaz, en réalité, lassait Dieu. Mais l'aspect le plus troublant de ce verset, c'est le fait qu'ici, Ésaïe fait référence à «mon Dieu », contrairement à Ésaïe 7.11, où le prophète demanda au roi de demander un signe au Seigneur, « ton Dieu.» Quand Achaz refusa l'offre divine, il refusa que le Seigneur soit son Dieu. Le Seigneur était le Dieu d'Ésaïe, mais pas celui d'Achaz.

Qu'enseigne la leçon d'aujourd'hui sur la patience de Dieu et son empressement à nous amener tous au salut? Que nous indique-t-elle également sur l'aveuglement et la dureté du coeur humain quand il n'est pas complètement soumis au Seigneur? Au final, même si Dieu avait donné à Achaz le signe qu'il voulait, pensez-vous qu'Achaz aurait cru? Expliquez votre réponse.

L'offre  d'un signe soit dans les profondeurs du séjour des morts, soit dans les lieux les plus élevés (Es 7.11) n'émeut pas Achaz. Alors, quand Dieu dit qu'il viendra lui-même avec un signe (Es 7.14), on s'attend à ce que ce signe ait des dimensions incroyables, concevable seulement par l'imagination divine (comparez avec Es 55.9, 1 Co 2.9). Surprise! Le signe en question est un fils. Mais en quoi le fait qu'une vierge attende un enfant et l'appelle Immanou-El peut-il être un signe aux proportions bibliques ? Qui est la femme, et qui est son enfant ? L'Ancien Testament n'indique nulle part un accomplissement de ce signe important, comme il l'avait fait pour les signes accordés à d'autres personnes, comme Gédéon (Jg 6.36-40). Alors, voici quelques-uns des accomplissements possibles, uniquement sur la base de l'Ancien Testament:

1.Cotrune le terme pour «jeune fille» renvoie à une jeune fille d'âge nubile, beaucoup pensent qu'il s'agit d'une femme mariée vivant à Jérusalem, peut-être la femme d'Ésaïe. Ésaïe 8.3 rapporte que «la prophétesse» (sa femme, dont les messages prophétiques s'exprimaient au moins par les enfants qu'elle avait; comparez avec Es 7.3, Es 8.18) a donné un fils à Ésaïe. Mais ce fils fut nommé Maher-Shalal-Hash-Baz (Es 8.1,4), et pas Immanou-El. Néanmoins, les signes des deux garçons sont similaires, en ceci qu'avant qu'ils ne soient en âge de choisir entre le bien et le mal, la Syrie et le nord d'Israël seraient dévastés (Es 7.16, Es 8.4).

2.Certains avancent qu'Immanou-El est Ézéchias, fils d'Achaz, qui devint roi après lui. Mais le nom d'Immanou-El ne lui est jamais attribué.

3.Puisqu'Immanou-E1 est quelque peu mystérieux et que son nom, généralement traduit par «Dieu avec nous» renvoie à la présence de Dieu, il pourrait s'agir du même Fils spécial prophétisé dans Ésaïe 9 et 11. Si c'est le cas, la description de son exaltation divine (Es 9.6) et la racine de Jessé (Es 11.10) surpassent tout ce que l'on pourrait attribuer même au bon roi Ézéchias.

4.Une naissance naturelle chez une femme non mariée en âge de se marier donnerait un enfant illégitime, car c'était une union illégale (voir Dt 22.20, 21). Pourquoi Dieu ferait-il référence à un tel enfant comme à un signe pour inspirer la foi?

A contrario, le Nouveau Testament identifie Jésus comme étant Emmanuel (Mt 1.21-23), né miraculeusement et avec pureté d'une vierge non mariée, mais fiancée. Jésus est également le Fils divin (Es 9.5, Mt 3.17) et le rameau et la racine de Jessé (Es 11.1,10; Ap 22.16). Peut-être qu'un Immanou-El plus ancien, dont le développement prouva à Achaz la ponctualité des accomplissements prophétiques, servait de précurseur de Christ. Nous l'ignorons. Mais nous savons ce que nous avons besoin de savoir: mais lorsque les tempsfitrent accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme (Ga 4.4), pour nous donner la présence de Dieu avec nous.

Méditez davantage sur cette réalité: Christ est venu sous forme humaine. Quel réconfort cette réalité peut-elle nous donner dans ce qui semble un monde froid, terrifiant et insensible ?

Tout comme le nom des enfants d'Ésaïe (Shéar-Yashoub, «un reste reviendra,» et Maher-Shalal-Hash-Baz, qui signifie «Vite au butin, en hâte au pillage! »), le nom d'Immanou-El a une signification. Il signifie littéralement «avec nous Dieu.» Mais la traduction généralement acceptée : « Dieu avec nous» passe à côté de quelque chose d'important. Comme pour d'autres noms hébreux qui n'ont pas de verbe, on doit ajouter le verbe « être » car il n'est pas exprimé en hébreu. Ainsi, Immanou-El doit être traduit: «Dieu est avec nous» (comparez les mêmes mots dans Es 8.10), tout comme le nom «Jésus» (en grec, version abrégée de l'hébreu Yehoshua, ou Josué) signifie «Le Seigneur est salut,» avec le verbe ajouté à nouveau (comparez avec Ésaïe, qui signifie «salut du Seigneur »).

Mais le nom Immanou-El, ou Emmanuel, n'est pas juste une description abstraite. C'est l'affirmation d'une promesse qui est à présent accomplie : « Dieu est avec nous!»

Quelle est la signification de la promesse que Dieu est avec nous ?

Il n'existe pas d'assurance et de réconfort plus grands. Dieu ne promet pas que son peuple n'aura pas à souffrir des épreuves et des souffrances, mais il promet en revanche qu'il sera avec eux. Le psalmiste déclare : Même si je marche dans la vallée de l'ombre de mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: ta houlette et ton bâton, voilà mon réconfort (Ps 23.4). «Dieu déclare: Si tu traverses les eaux, je serai avec toi; si tu passes les fleuves, ils ne t'emporteront pas; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et les flammes ne te dévoreront pas (Es 43.2). Où était le Seigneur quand les Babyloniens jetèrent les trois amis de Daniel dans le feu? Avec eux (Dn 3.23-25). Et où était le Seigneur pendant que Jacob luttait jusqu'à l'aube ?

Dans les bras de Jacob, aussi près qu'il pouvait l'être (Gn 32.24-30). Même quand le Seigneur n'apparait pas physiquement sur terre, il traverse les expériences de son peuple avec eux. Où était le Seigneur quand la foule condamna Étienne? Debout à la droite de Dieu (Ac 7.55). Pourtant, quand Jésus monta au ciel, il s'est assis à la droite de la majesté dans les hauteurs (He 1.3). Pourquoi était-il debout alors qu'Étienne était en difficulté, sur le point d'être lapidé à mort ? Comme Morris Venden l'a dit : 'Jésus n'allait tout de même pas supporter tout cela en restant assis!'» - Roy Gane, God's faulty heroes (Hagerstown, Md.: Review and Herald Pub. Assn., 1996), p. 66.

Bien que nous ayons la promesse que «Dieu est avec nous,» quelle différence cela fait-il si nous devons affronter tout de même des épreuves et des souffrances terribles ? À quoi cela peut-il nous servir de savoir qu'il est présent dans ce cas ? Expliquez votre réponse.

« 'On lui donnera le nom d'Emmanuel : ... Dieu avec nous.' La lumière de `la connaissance de la gloire de Dieu' resplendit 'sur la face de Christ.' Dès les jours de l'éternité le Seigneur Jésus-Christ était un avec le Père; il était 'l'image de sa grandeur et de sa majesté,' `le rayonnement de sa gloire.' C'est pour manifester cette gloire qu'il est venu en ce monde. Sur une terre obscurcie par le péché, il est venu révéler la lumière de l'amour de Dieu; il a été 'Dieu avec nous.' C'est pour cela que la prophétie avait annoncé: 'On lui donnera le nom d'Emmanuel.'» Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 9.

«Tout se serait bien passé pour le royaume de Juda si Achaz avait accepté ce message comme venant du ciel. Mais il préféra s'appuyer 'sur le bras de la chair', et il rechercha la protection des païens. Désespéré, il envoya des messagers à Tiglath-Piléser, pour lui dire : le suis ton serviteur et ton fils ; monte, et délivre-moi de la main du roi de Syrie et de la main du roi d'Israël, qui s'élèvent contre moi.' Et Achaz accompagna sa requête d'un riche présent provenant du trésor de la maison royale et du temple.» Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 250.

À MÉDITER 

1- Quand vous êtes sur le point de prendre une décision, est-ce approprié de demander un signe à Dieu? Quels dangers peuvent être inhérents à ce genre de demande ?

2- Il est bon d'avoir de l'aide humaine, mais comment en reconnaître les limites ?

3- L'écrivain russe Léon Tolstoï écrivit à un ami qu' « une fois qu'un homme prend conscience que la mort est la fin de tout, alors il n'y a rien de pire que la vie elle-même.» En quoi le fait de savoir que « Dieu est avec nous» répond-il à une telle déclaration ?

Résumé : Dieu a conduit le roi Achaz dans des circonstances telles qu'il devait prendre une décision difficile : croire ou ne pas croire, telle est la question. Bien que le Seigneur lui ait proposé de choisir le signe qu'il voulait, il refusa de laisser Dieu lui donner une preuve pour qu'il croie. À la place, il choisit comme « ami » le roi d'Assyrie.