Leçon 1: Crise d'identité

Étude de la semaine : Es 1.1-9; Es 1.10-17; Es 1.18; Es 1.19-31; Es 5.1-7

Verset à mémoriser : Venez, je vous prie, et argumentons, dit le Seigneur. Quand vos péchés seraient comme l'écarlate, ils deviendraient blancs comme la neige; quand ils seraient rouges comme le cramoisi, ils deviendraient comme la laine (Ésaïe 1.18.).

Égaré dans le monde des disparus. Si vous êtes en voiture en Irlande et que vous vous trouvez sur une étroite route de campagne bordée de haies, vous vous retrouverez peut-être bloqué par un troupeau de vaches rentrant d'un pas tranquille après un repas croquant. Même si aucun gardien de troupeaux ne les accompagne, elles retourneront à l'étable de leur propriétaire. Elles sauront où est leur place, et à qui elles appartiennent.

Si dans un magasin, un petit garçon se retrouve séparé de sa mère et se met à crier : « J'ai perdu ma maman ! », il ne sait peut-être pas exactement où il se trouve, où est sa mère, mais parmi une foule de mamans arpentant le magasin, il saura laquelle est sa seule mère.

C'est triste à dire, mais contrairement à ces vaches irlandaises (et encore moins au petit garçon perdu), les Judéens avaient oublié qu'ils appartenaient au Seigneur, leur Seigneur divin, et avaient ainsi perdu leur véritable identité, celle de peuple de l'alliance. J'ai éduqué et élevé des fils, mais ils se sont révoltés contre moi. Le boeuf connait son propriétaire, l'âne connait la mangeoire où ses maitres le nourrissent; Israël lui, ne connait rien, mon peuple ne comprend rien (Es 1.2,3).

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 2 janvier.

Le livre d'Ésaïe se présente brièvement en identifiant l'auteur (fils d'Amots), la source de son message (une vision), et son thème (Juda et sa capitale, Jérusalem, pendant le règne de quatre rois). Le sujet identifie également le premier public d'Ésaïe comme le peuple de son propre pays de son vivant. Le prophète leur parla de leur condition et de leur sort.

En mentionnant les rois qui régnaient pendant ses années d'activité, Ésaïe précise quel est le public visé, et associe le livre aux événements historiques et politiques d'une certaine période. Ce contexte nous oriente vers les récits de 2 Rois 15-20 et 2 Chroniques 26-32.

Lisez Ésaïe 1.2. Quelle est l'essence du message ici? Que dit le Seigneur? En quoi cette même idée est-elle visible tout au long de l'histoire sainte? Pourrait-on dire la même chose de l'église chrétienne aujourd'hui? Expliquez votre réponse.

Remarquez les premiers mots du message d'Ésaïe : Ciel écoute! Terre, prête l'oreille! (comparez avec Dt 30.19, Dt 31.28). Le Seigneur ne sous-entend pas que le ciel et la terre peuvent entendre et comprendre. Il parle ainsi pour mettre l'accent sur ce qui va être dit.

Quand un roi du Proche-Orient ancien, comme un empereur hittite, concluait un traité politique avec un chef moins important, il invoquait ses dieux pour témoins afin d'insister sur le fait que toute violation de l'accord serait remarqué et puni. Cependant, quand le divin Roi des rois conclut une alliance avec les Israélites à l'époque de Moïse, il ne fit pas référence à d'autres dieux pour qu'ils en soient témoins. En tant que seul vrai Dieu, il appela à la place le ciel et la terre à tenir ce rôle (voir également Dt 4.26).

Lisez attentivement Ésaïe 1.1-9. Résumez sur les lignes ci-dessous en quoi consistaient les péchés de Juda. Notez également en particulier les conséquences de ces péchés. De quoi Juda était-il coupable, et qu'arriva-t-il à cause de sa culpabilité ? En même temps, quelle espérance est présentée au verset 9?

Lisez Ésaïe 1.10. Selon vous, pourquoi prend-il l'image de Sodome et Gomorrhe? Quel point le Seigneur soulève-t-il ?

Lisez Ésaïe 1.11-15. Que dit le Seigneur au peuple ici? Pourquoi le Seigneur a-t-il rejeté le culte que son peuple lui offrait?

Ces mêmes mains qui offraient des sacrifices et étaient élevées en prière étaient pleines de sang, c'est-à-dire, coupables de violence et d'oppression envers d'autres (Es 1.15 ; Es 58.3,4). En maltraitant d'autres membres de la communauté de l'alliance, ils faisaient preuve de mépris envers le Protecteur de tous les Israélites. Les péchés commis à l'encontre d'autres personnes étaient des péchés commis à l'encontre du Seigneur.

Bien entendu, c'est Dieu lui-même qui avait institué le système rituel d'adoration (Lévitique 1-16) et désigné le temple de Jérusalem comme le lieu prévu à cet effet (1 Rois 8.10,11). Mais les rituels étaient prévus pour opérer dans le cadre de l'alliance que Dieu avait conclue avec eux. C'est l'alliance de Dieu avec Israël qui lui permettait d'habiter parmi eux dans le sanctuaire/temple. Ainsi, les rituels et les prières qui y étaient faits n'étaient valables que s'ils exprimaient une fidélité envers Dieu et son alliance. Ceux qui offraient des sacrifices sans se repentir de leurs actions injustes envers d'autres membres de la communauté de l'alliance accomplissaient des mensonges rituels. Ainsi, non seulement leurs sacrifices n'étaient pas valides, mais c'était des péchés! Leurs actions rituelles disaient qu'ils étaient loyaux, mais leur comportement prouvait qu'ils avaient brisé l'alliance.

Lisez Ésaïe 1.16, 17. Qu'est-ce que le Seigneur ordonne à son peuple de faire? En quoi ces versets, dans ce contexte, font-ils écho à ce que Jésus a dit dans Matthieu 23.23-28 ? Quel message peut-on trouver pour nous-mêmes aujourd'hui dans ces textes et dans le contexte dans lequel ils sont donnés?

Lisez Ésaïe 1.18. Lisez et relisez ce verset, puis mettez par écrit ce que, d'après vous, le Seigneur dit ici (lisez les versets qui précèdent et qui suivent pour avoir le contexte global).

Dieu a donné des preuves fortes prouvant que les Judéens, les accusés, sont coupables d'une rupture de contrat (Es 1.2-15), et il les a appelés à se réformer (Es 1.16,17). Cet appel laisse entendre qu'il y a un espoir. Après tout, pourquoi exhorter un criminel qui mérite l'exécution à changer ses voies ? Comment un prisonnier dans le couloir de la mort pourrait-il protége[r] l'opprimé, fai[re] droit à l'orphelin, defend[re] la veuve (Segond 21)? Mais quand Dieu dit : Venez, je vous prie, et argumentons (Es 1.18), nous pouvons voir que le Seigneur cherche toujours à raisonner avec son peuple, à l'amener à se repentir, et à se détourner de ses voies mauvaises, aussi irrécupérables qu'ils soient tous devenus.

Le Seigneur leur dit que leurs péchés rouges comme l'écarlate deviendront blancs comme la neige. Pourquoi les péchés sont-ils rouges ? Parce que le rouge est la couleur du sang (culpabilité de sang) dont leurs mains sont pleines (Es 1.15). Le blanc, a contrario, est la couleur de la pureté, l'absence de culpabilité de sang. Ici, Dieu propose de les changer. C'est le type de langage qu'employa le roi David quand il cria à Dieu pour demander pardon pour son péché, quand il avait pris Bethsabée et fait tuer son mari (lisez Ps 51.7,14). Dans Ésaïe 1.18, l'argument de Dieu est en fait une offre de pardon pour son peuple!

En quoi l'offre de pardon de Dieu sert-elle d'argument pour qu'ils changent de voie ? Comparez Ésaïe 1.18 avec Ésaïe 44.22.

À présent, nous voyons l'objectif des sévères paroles d'avertissement que Dieu avait formulées contre son peuple. Elles ne servent pas à rejeter son peuple, mais à les ramener à lui. Son offre de pardon est le puissant argument appuyant son appel pour que le peuple se purifie moralement (Es 1.16,17). Son pardon rend leur transformation possible, grâce à sa puissance. Nous voyons ici les semences d'une «nouvelle alliance,» prophétisée dans Jérémie 31.31-34, dans laquelle le pardon est la base d'une relation avec Dieu fondée sur un «nouveau coeur. » Nous commençons «dans le rouge,» avec une dette impossible à rembourser. Et en reconnaissant humblement notre besoin de pardon, nous sommes prêts à accepter tout ce que Dieu a à donner.

Lisez Ésaïe 1.19-31. Quel thème présent dans toute la Bible apparaît ici?

Remarquez la structure logique dans Ésaïe 1.19,20: Si le peuple choisissait d'être bien disposé et obéissant à Dieu, il mangerait ce qu'il y a de meilleur dans le pays (Es 1.19). A contrario, s'il refusait son offre de pardon et de restauration, et se rebellait contre Dieu, alors il serait dévoré par l'épée (Es 1.20). La balle est dans leur camp. Ainsi, ces versets, ainsi, contiennent une bénédiction et une malédiction conditionnelles.

Ésaïe 1 réitère et applique les paroles de Moïse rapportées dans Deutéronome 30.19,20 à l'époque où l'alliance avec la nation d'Israël fut mise en place :J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction.

Regardez ces paroles de Moïse. Remarquez qu'il n'y a pas de juste milieu. C'est soit la mort, soit la vie, la bénédiction ou la malédiction. Selon vous, pourquoi n'y a-t-il qu'un choix sur deux pour nous ? Pourquoi ne peut-il pas y avoir un quelconque compromis ?

Ces paroles de Moïse résument la série d'avertissements et de bénédictions, et de malédictions qui concluent la formation de l'alliance dans Deutéronome 27-30 (comparez avec Lévitique 26). Parmi les éléments de cette alliance, on a (1) le fait de raconter ce que Dieu avait fait pour eux, (2) les modalités (commandements) à observer afin que l'alliance soit maintenue, (3) une référence aux témoins, et (4) des bénédictions et des malédictions pour avertir le peuple de ce qui arriverait si jamais il enfreignait les conditions de l'alliance.

Les chercheurs ont découvert que ces éléments apparaissent dans le même ordre dans les traités politiques impliquant des peuples non-Israélites, comme les Hittites. Ainsi, pour établir son alliance avec les Israélites, Dieu a utilisé une forme qu'ils connaissaient et qui leur ferait comprendre, d'une manière optimale, la nature et les conséquences de la relation de réciprocité dans laquelle ils choisissaient de s'engager. Les bénéfices potentiels de l'alliance étaient impressionnants, mais si Israël brisait l'accord, leur situation deviendrait pire que jamais auparavant.

Dans votre marche chrétienne personnelle, de quelle manière avez-vous expérimenté le principe de bénédiction et de malédiction vu ci-dessus ?

Lisez le chant dans les versets suivants. Quel est le sens de cette parabole?

Dieu n'explique le sens de la parabole qu'à la fin, au verset 7. En utilisant une parabole, il aide le peuple à se voir de manière objective afin de reconnaitre sa véritable condition. Dieu a employé cette approche de manière efficace avec le roi David (voir 2 S 12.1-13). En appelant cela le cantique de mon bien-aimé (Segond 21), Dieu révèle dès le départ sa motivation envers son peuple. Sa relation avec eux tire son origine de son caractère, qui est amour (1 Jn 4.8). Il attend une réaction d'amour en retour. Mais au lieu de raisins, il obtient des raisins sauvages (Darby), ce qui signifie en hébreu, «des choses puantes.»

Que veut dire le Seigneur dans Ésaïe 5.4: Qu'y avait-il encore à faire à ma vigne que je n'aie pas fait pour elle ?

Dieu déclare dans les versets qui suivent: Maintenant laissez-moi, je vous prie, vous faire savoir ce que je ferai à ma vigne. J'en arracherai la haie, pour qu'elle soit dévorée; j'ouvrirai des brèches dans sa clôture, pour quelle soit foulée aux pieds. Je la réduirai en ruine (Es 5.5).

Quand nous péchons, Dieu ne nous sépare pas immédiatement de lui en enlevant sa protection et en nous détruisant. Avec beaucoup de patience, il nous donne une chance de recevoir le pardon (voir 2 P 3.9). Il ne coupe pas les ponts avec celui qui ne lui répond pas. Il appelle tant qu'il y a de l'espoir d'avoir une réponse. Il ne se laisse pas immédiatement décourager par un refus, car il sait que nous sommes ignorants et dupés par le péché. Mais s'il ne va nulle part avec nous, il finit par reconnaitre notre choix et nous laisse demeurer tels que nous avons choisi d'être (voir Ap 22.11).

Si nous rejetons obstinément les appels que Dieu nous fait par l'intermédiaire de son Esprit, nous pouvons finir par dépasser le point de non-retour (Mt 12.31,32). Il est dangereux de tourner le dos à Christ (He 6.4-6). Que voulez-vous que Dieu fasse de plus, étant donné qu'il respecte notre libre arbitre?

Prenez le concept qui se trouve dans Ésaïe 5.4, sur ce qu'il y avait encore à faire à [1] a vigne, et considérez cela à la lumière de la Croix, où Dieu s'est offert lui-même en sacrifice pour nos péchés, payant de sa chair pour notre transgression de sa loi. Qu'y avait-il encore à faire pour nous, en plus de ce qu'il a accompli sur la croix? En quoi le fait de méditer sur la Croix nous donne-t-il l'assurance du salut et nous pousse-t-il à nous repentir et à changer nos voies ?

Dans le contexte d'Ésaïe 1.4, Ellen White a écrit: «Le prétendu peuple de Dieu s'était séparé de Dieu, avait perdu la sagesse, et avait perverti sa compréhension. Ils ne voyaient pas très loin. Car ils avaient oublié qu'ils avaient été débarrassés de leurs péchés passés. Ils avançaient nerveusement et de façon hésitante dans les ténèbres, cherchant à effacer de leurs pensées le souvenir de la liberté, de l'assurance et du bonheur de leur ancienne propriété. Ils se précipitèrent dans toutes sortes de folies présomptueuses et téméraires, se placèrent en opposition aux providences de Dieu, et augmentèrent la culpabilité qui était déjà sur eux. Ils écoutèrent les accusations que Satan avançait concernant le caractère divin, et représentaient Dieu comme dépourvu de miséricorde et de pardon. » The SDA Bible Commentary, vol. 4, p. 1137.

À MÉDITER 

1.Comment pouvez-vous «vous laver» ? Que signifie cette expression ? (Voir Ph 2.12,13.)

2.Comment Jésus s'est-il adapté, a-t-il développé et appliqué le chant d'amour de la vigne? Mt 21.33-45, Mc 12.1-12, Le 20.9-19. Quelles leçons l'histoire ci-dessus donne-t-elle à nous autres, adventistes du septième jour?

3.Quel est le lien entre le pardon que Dieu propose et la transformation qu'il accomplit dans nos vies? Laquelle vient en premier, la transformation puis le pardon, ou le pardon puis la transformation ? Et pourquoi est-il important de savoir lequel vient en premier?

4.Dans la citation ci-dessus, Ellen G. White dit que les gens se sont placés en opposition aux providences de Dieu. Qu'est-ce que cela signifie ?

Résumé : Quand le peuple de Dieu l'oublie et considère ses bénédictions comme un dû, il leur rappelle qu'ils doivent rendre des comptes au sujet de l'alliance qu'ils entretenaient avec lui. Avec clémence, il leur fait remarquer leur condition, les avertit des conséquences destructrices qu'ils encourent s'ils abandonnent sa protection, et les exhorte à le laisser les guérir et les purifier.