Leçon 9: L'église et l'éducation

Étude de la semaine: Lc 10.30-37; Mt 5.14-16; Lc 4.18-23; Jr 29.13; Mt 7.7; 1 Th 2.6-8.

Verset à mémoriser: Nous n'avons pas cherché la gloire qui vient des humains, ni auprès de vous ni auprès des autres, et pourtant, comme apôtres du Christ, nous aurions pu nous imposer. Mais nous nous sommes faits tout petits au milieu de vous; comme une mère prend soin des enfants qu'elle nourrit, nous aurions voulu, dans notre tendresse pour vous, vous donner non seulement la bonne nouvelle de Dieu, mais encore notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers (1 Thessaloniciens 2.6-8).

Depuis les débuts, quand les fidèles se rassemblent pour adorer Dieu, dans des synagogues, des maisons, et des églises, la Bible révèle un peuple qui, à travers leur étude des Écritures et à travers leur adoration, aspirent à connaitre Dieu et à comprendre sa volonté pour leurs vies. En outre, la Bible révèle encore et encore que l'église est un lieu où doivent se tenir des discussions sérieuses et utiles, et où les personnes peuvent grandir dans leur connaissance de Dieu et de sa volonté pour leurs vies.

Parfois, nous avons peur de poser des questions. Pourtant, dans la Bible, nous nous rendons souvent compte que les questions servent à amener les gens à une meilleure compréhension de Dieu. De la même manière, dans toute la Bible, les récits servent à créer des opportunités pour que les gens repensent leur engagement. Jésus se concentrait particulièrement sur ce type d'éducation avec ses disciples et fidèles.

Si l'église doit être un lieu d'éducation, elle doit fournir un espace de dialogue authentique. On nous le répétait souvent quand nous étions à l'école : « Il n'y a pas de question idiote.» De la même manière, nous devons proposer au sein de l'église un environnement sécurisé pour que chacun puisse grandir dans la grâce ainsi que dans la compréhension de Dieu et de son plan pour leurs vies.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 28 novembre.

On raconte l'histoire d'un rabbin qui, voyant les regards endormis des jeunes gens assis dans sa classe, demanda: «Chers élèves, comment sait-on que la nuit est terminée et que le jour a commencé ? » Plusieurs élèves levèrent prudemment la main. « Rabbi, » demanda l'un d'eux,«quand on peut distinguer un figuier d'un olivier? « Non. »

Un autre élève leva la main: « Rabbi, quand on peut distinguer une brebis d'une chèvre ? » Après avoir écouté de nombreuses réponses, le rabbin annonça: «Chers élèves, on sait que la nuit est terminée et que le jour a commencé quand on peut voir un visage inconnu et reconnaitre si cet étranger est un frère ou une soeur. Avant cela, aussi éclatant que soit le jour, c'est encore la nuit.» 11

Lisez Luc 10.30-37. Qu'est-ce que Jésus essayait de faire comprendre avec cette histoire ? Qu'est-ce que cela nous indique sur ce qui doit faire partie de toute véritable éducation chrétienne?

En tant qu'adventistes du septième jour, nous avons reçu une abondance de lumières et de vérités doctrinales (l'état des morts, le sabbat, 1844 et le jugement, le grand conflit, pour ne nommer que quelques doctrines), que même la majorité du monde chrétien ne comprend pas encore. Et pourtant, aussi cruciales que soient ces vérités, à quoi nous servent-elles si nous ne sommes pas aimables envers les autres, si nous faisons preuve de préjugés, et si nous laissons les a priori culturels et sociaux de notre environnement nous amener à considérer les autres comme inférieurs à nous ?

La véritable éducation chrétienne doit au minimum nous pousser à prendre de la hauteur par rapport à tous ces maux et ces travers humains, afin de voir les autres tels que Christ les voit, des êtres pour lesquels il est mort, des êtres dont il a porté les péchés sur la croix, des êtres pour qui il a payé un prix infini. Si nous élevons la croix, comme nous le devons, alors nous verrons la valeur et le prix de chaque être humain et, idéalement, nous les traiterons tous selon leur véritable dignité, conformément à la valeur que Dieu leur attribue. L'éducation chrétienne doit inclure cet enseignement, ou bien elle ne mérite pas le nom de « chrétienne. »

Quels préjugés votre culture et votre société enseignent-elles, soit subtilement, soit même ouvertement, et qu'en tant que chrétien, vous devez dépasser?

Où que l'on regarde, c'est comme si notre planète était en train de se replier sur elle-même, et de remplacer la lumière par les ténèbres. Cependant, nous rencontrons également des ténèbres plus près de nous, quand nous pensons à notre expérience personnelle dans ce monde difficile. Car nous aussi, nous comprenons les horreurs que cette vie apporte quand nous luttons contre la maladie, quand nous devons affronter la perte d'êtres chers, quand nous voyons des familles emportées par la séparation et le divorce, quand nous luttons pour donner un sens à bien des calamités dans notre société et notre culture.

Pourtant, dans ce paysage de faillite morale et de ténèbres spirituelles, au milieu de tout ce bruit extérieur et intérieur, nous entendons les paroles que Jésus adresse à chacun de nous : "C'est vous qui êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le porte-lampe, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière brille ainsi devant les gens, afin qu'ils voient vos belles oeuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux" (Mt 5.14-16).Que nous enseignent ces versets sur la manière dont nous devons vivre, et sur l'impact de nos actes, en tant que chrétiens, sur la manière dont les autres voient Dieu ?

Assis au bord de la mer de Galilée ce jour-là, au soleil, comment les auditeurs de Jésus ont-ils pu comprendre ses paroles? Ceux qui entendirent ses paroles connaissaient tout de la lumière et des ténèbres. Ils avaient assurément beaucoup de ténèbres à craindre. Ils vivaient sous l'occupation romaine, dans une société militarisée qui, malgré l'absence de téléphones, d'ordinateurs et d'Internet, était à bien des égards aussi efficace que la nôtre, et à certains égards, bien plus terrifiante.

Les Romains étaient partout, rappelant aux foules sur la colline que ceux qui chercheraient à créer des troubles se retrouveraient face aux bourreaux, pour finir nus et agonisants sur une croix romaine.

Et pourtant, voici que Jésus était là, les appelant à vivre comme la lumière. À être miséricordieux. À avoir le cœur  pur. À être des pacificateurs. l'éducation chrétienne suppose donc que l'on enseigne à nos élèves et nos étudiants à être des lumières dans le monde, à pouvoir être à même de faire des choix et de prendre des décisions qui révèlent la réalité et la bonté de Dieu aux autres.

De quelles manières pouvons-nous, effectivement, révéler aux autres la réalité et la bonté de Dieu?

Si l'église se soucie vraiment de devenir une force pour l'éducation chrétienne, il est impératif que nous commencions par Jésus. Jésus a appelé des disciples. Il les a formés à la mission en marchant avec eux. Jésus leur a donné des occasions de s'impliquer dans la vie de ceux dont ils devaient prendre soin et qu'ils devaient aimer. Et chaque jour, Jésus les interpellait par sa vision de ce que ce monde pouvait être quand les gens commencent à se considérer comme des frères et soeurs.

Lisez Luc 4.18-23. Quel est le message que Christ adresse à nous tous qui sommes ses disciples?

Pendant trois ans, les disciples observèrent Jésus, leur maitre, vivre les idéaux du royaume, des idéaux annoncés dans son premier sermon dans la synagogue de Nazareth. Le pardon, la grâce, et l'amour allaient de pair avec la solitude, l'engagement, et l'épreuve. S'il y avait une leçon à retenir, c'était bien celle que le discipulat n'est pas quelque chose à prendre à la légère. On est un disciple pour la vie, pas juste pour une journée.

«L'ordre donné par le Sauveur s'adresse à tous les croyants, jusqu'à la fin des temps. [...] Tous ceux qui ont reçu l'inspiration céleste sont associés à l'Évangile. Tous ceux qui reçoivent la vie du Christ sont mis à part pour travailler au salut de leurs semblables. C'est en vue de cette oeuvre que l'Eglise a été établie, et tous ceux qui entrent dans l'Eglise s'engagent solennellement, par là, à devenir des collaborateurs du Christ.» Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 822.

En tant que disciples de Jésus, nous devons aujourd'hui nous assurer que Jésus est toujours au centre à la fois de notre communion fraternelle et de notre adoration. Il est bon de se souvenir que c'est Jésus qui a inventé le discipulat. Les rabbins de son époque attiraient certes des fidèles, mais Jésus appela des hommes et des femmes à le suivre. Les rabbins n'auraient jamais pu imaginer un appel aussi radical au point de suggérer qu'être avec Jésus était plus important que tous leurs commandements.

Et, en tant que disciples de Jésus, nous n'avons pas seulement du respect pour tout le monde, mais nous agissons pour proposer le genre de lieu où tous peuvent grandir et se développer.

En conséquence, toute éducation chrétienne doit inclure ce sentiment de la mission, de raison d'être, pas seulement pour gagner sa vie, mais pour faire dans notre propre sphère ce que Jésus nous appelle à faire: suivre ses pas, venir en aide à ceux qui en ont besoin, et leur raconter la bonne nouvelle de l'évangile.

Albert Einstein, souvent considéré comme le père de la physique moderne, a écrit: « L'important est de ne pas arrêter de poser des questions. La curiosité a sa propre raison d'être. On ne peut s'empêcher d'être émerveillé quand on contemple les mystères de l'éternité, de la vie, de la structure merveilleuse de la réalité. C'est suffisant si l'on essaie simplement de comprendre un peu de ce mystère chaque jour. Ne perdez jamais une sainte curiosité.»

Nous vivons en effet dans un monde de mystère, n'est-ce pas? La science moderne nous a révélé l'incroyable complexité qui caractérise tous les niveaux de la vie. Et s'il en est ainsi pour des choses purement physiques, à combien plus forte raison pour les choses spirituelles.

Qu'enseignent les textes suivants sur la quête de vérité, de réponses ? Jr 29.13; Mt 7.7; Ac 17.26, 27; Ps 25.5; Jn 16.13; Jn 17.17.

La Bible est pleine de récits de gens curieux qui nous ressemblent beaucoup, des hommes et des femmes avec des questions, des peurs, des espoirs, et des joies; des gens qui, à leur manière, cherchent la vérité, cherchent des réponses aux questions les plus délicates de la vie.

Il fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur cœur  la pensée de l'éternité, même si l'homme ne peut pas comprendre l'œuvre  que Dieu accomplit du début à la fin (Ec 3.11, Segond 21). Que veut dire Salomon? Certains traduisent le mot hébreu 'dam par « éternité » tandis que d'autres préfèrent parler d' «un sentiment du passé et de l'avenir.» Ainsi donc, d'après ce verset, Dieu a placé dans le coeur et la pensée humaine le sentiment du passé et de l'avenir, de l'éternité elle-même. Autrement dit, en tant qu'êtres humains, nous sommes capables de réfléchir à ce que l'on appelle «les grandes questions» sur la vie et notre existence en général.

Et, bien entendu, c'est là que l'Écriture joue le rôle central. Qui sommes-nous? Pourquoi sommes-nous là? Comment devons-nous vivre? Qu'arrive-t-il après la mort ? Pourquoi le mal et la souffrance existent-ils ? Voici les questions que ceux qui cherchent la vérité posent depuis les débuts de l'Histoire connue. Quel privilège, et quelle responsabilité, que d'être à même de contribuer à donner quelques éléments de réponse à ces chercheurs aujourd'hui. Qu'est-ce que l'éducation chrétienne, sinon le fait d'indiquer les réponses aux gens, telles qu'on les trouve dans la Parole de Dieu?

Pourquoi les Écritures jouent-elles le rôle central pour répondre aux grandes questions de la vie?

Lisez 1 Thessaloniciens 2.6-8. Que dit Paul ici que nous pourrions et devrions refléter dans nos écoles et nos églises ?

Confrontés par la décomposition de la société, nous vivons une époque où la compréhension biblique de l'église n'a jamais été si importante. Comme nous le rappelle Matthieu 18.20: Car là où deux ou trois sont rassemblés pour mon nom, je suis au milieu d'eux. La vision néotestamentaire de ce qu'est l'église et la communauté prit forme essentiellement dans les foyers des chrétiens. C'est là que les gens se réunissaient en petits groupes, priaient, chantaient, célébraient le repas du Seigneur, apprenaient et partageaient les paroles de Jésus tous ensemble.

Ces groupes d'adoration devinrent également les premières écoles d'église, car c'est là que les nouveaux membres entendaient parler de la Bible et de cette nouvelle vie qui se trouvait en Jésus. Les écrits de Paul, comme Romains 12.2, Ne vous conformez pas à ce monde-ci, mais soyez transfigurés par le renouvellement de votre intelligence, laissent entendre que l'église prenait cette oeuvre d'éducation très au sérieux.

Ces premiers croyants découvrirent bientôt que c'est collectivement que l'évangile peut se vivre de manière optimale. Ensemble, nous avons une raison de chanter plus fort, de prier avec plus de ferveur, et d'être plus bienveillants et compatissants. Quand nous entendons d'autres personnes parler de la bonté de Dieu, nous percevons combien il est bon pour nous. Quand nous entendons les luttes et les peines les uns des autres, nous percevons la guérison de Dieu dans nos propres vies, et nous expérimentons un désir renouvelé d'être des instruments de sa grâce et de sa guérison.

Dans le passage d'aujourd'hui, Paul affirme que l'évangile de Dieu est tout: la puissance de la croix, la résurrection du Seigneur, la promesse de son retour. Il n'y avait tout simplement pas de meilleure nouvelle dans le monde entier, et Paul passa toute sa vie dans une totale consécration envers le défi qui consistait à partager avant tout l'histoire de Jésus avec la plus grande intégrité et le plus grand engagement.

Pourtant, Paul laisse entendre ici que la meilleure manière de comprendre et de vivre le message de l'évangile, c'est à travers le partage. Nous ne devons jamais oublier que les gens nous observent pour voir si nos vies illustrent bien le message de la grâce qui se trouve dans la Bible.

Réfléchissez sérieusement à la manière dont vous vivez, et posez-vous la question: Quel genre de témoignage suis-je pour ceux qui m'entourent ?

«Le Christ déçut ces espérances de grandeur terrestre. Par le sermon sur la montagne, il s'efforça de renverser ce qu'avait édifié une éducation fausse, et de donner à ses auditeurs une conception juste de son royaume et de son propre caractère. Il ne s'attaqua cependant pas directement aux erreurs du peuple; voyant la misère que le péché avait attirée sur le monde, il ne fit pas une vive peinture de cette misère. Il parla de choses infiniment meilleures que les choses connues. Au lieu de combattre les idées courantes concernant le royaume de Dieu, il indiqua les conditions d'entrée dans le royaume, laissant à chacun le soin de tirer ses conclusions quant à la nature de celui-ci. Les vérités qu'il enseigna, à cette occasion, ne sont pas d'une importance moindre pour nous que pour la foule qui le suivait. Nous avons besoin, tout autant qu'elle, de connaitre les principes servant de base au royaume de Dieu.» Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 288.

À MÉDITER 

1- Robert Louis Stevenson est né à Edinbourg, en Écosse, en 1850. Stevenson raconte comment une nuit, alors que sa nourrice le préparait à aller se coucher, il se glissa jusqu'à la fenêtre et vit quelque chose qui le captiva. C'était un allumeur de réverbères, qui allait d'un réverbère à l'autre. Avec une joie toute enfantine, il appela sa nourrice et lui dit: «Regarde cet homme! Il fait des trous dans le noir!» Quel rôle Dieu vous a-t-il confié pour apporter de la lumière et de l'amour autour de vous? Si vous n'en êtes pas sûr, invitez plusieurs membres d'église à s'asseoir avec vous et à discuter de ce que vous pourriez accomplir ensemble.

2- Si l'église doit s'associer avec Dieu pour atteindre le monde, nous devons accueillir les paroles et le ministère de Jésus. La réalité même de l'Incarnation, de Dieu venant à nous, vivant dans notre monde, luttant, riant et pleurant avec nous, nous rappelle que nous sommes appelés à prendre soin de ceux qui nous entourent. Comment y arriver? Comment peut-on employer les jeunes de nos assemblées dans cette oeuvre ?
3- Réfléchissez à la possibilité que nous avons en tant qu'adventistes du septième jour d'enseigner aux autres les merveilleuses vérités que nous avons reçues. Comment l'église locale peut-elle et doit-elle jouer un rôle clé dans l'enseignement de ces vérités aux autres ? En même temps, en quoi l'église peut-elle être un lieu sûr pour discuter de ces vérités avec ceux qui posent des questions difficiles? Que peut-on faire pour créer un environnement au sein duquel les questions importantes peuvent être abordées ?

4- En classe, évoquez les préjugés culturels de la société dans laquelle vous vivez. De quelles manières votre église peut-elle enseigner aux autres à dépasser ces préjugés et à suivre, à la place, les enseignements des Écritures ?