Leçon 8 : Education et rédemption

Étude de la semaine: Gn 1.26, 27; Es 11.1-9; 2 Tm 3.14-17; 1 R 4.29-34; Jn 14.17; 1 Co 2.1-16.

Verset à mémoriser: Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice (2 Timothée 3.16.).

La Bible nous raconte une longue histoire sur Dieu et son peuple. Parfois, on la voit comme une histoire d'amour qui part à vau-l'eau, en tous cas momentanément. Ou bien on peut la voir comme l'histoire d'un père et de ses enfants rebelles qui finissent par revenir.

Mais pour les besoins de l'étude de cette semaine, nous découvrirons dans le récit biblique un autre thème, en l'occurrence, celui d'un maitre et de ses élèves. Ils ne cessent d'échouer à leurs épreuves, mais il leur réexplique patiemment leurs leçons, jusqu'à ce qu'enfin, certains la retiennent.

Le récit de la Bible ressemble beaucoup à nos propres histoires humaines que nous connaissons si bien, à l'exception d'un seul point. l'histoire de Dieu et de son peuple est assurée d'avoir une fin heureuse, d'atteindre son but. La grâce divine envers son peuple garantit cette issue. La responsabilité humaine dans cette relation a souvent été mal comprise, et même redoutée, par beaucoup qui la considéraient comme lourde à porter. Mais en réalité, le récit biblique est par essence une invitation à connaitre Dieu et à comprendre sa volonté. En effet, apprendre à connaitre Dieu est notre principale réaction à sa grâce. Nous ne pouvons pas mériter une telle grâce, mais nous pouvons apprendre à la connaitre, et qu'est-ce que l'éducation chrétienne sinon, fondamentalement, une éducation qui nous instruit sur cette grâce?

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 21 novembre.

Lisez Genèse 1.26, 27 et Genèse 5.1,3. Qu'enseignent ces textes sur la manière dont Dieu a créé l'humanité à l'origine et sur ce qui est arrivé ensuite à l'humanité après le péché?

L'expression «l'image de Dieu» captive les interprètes de la Bible depuis des siècles. Quelle est cette image suivant laquelle les premiers humains ont été créés ? Par exemple, cela veut-il dire que Dieu s'est regardé clans un miroir et a formé sa nouvelle création pour qu'elle lui ressemble ? Ou bien cela veut-il dire que les humains ressemblent à Dieu plus que toutes les autres formes de vie? Ou encore est-ce que cela fait référence à une similitude spirituelle et intellectuelle et une compatibilité entre le Créateur et sa création humaine? Les Écritures ne donnent pas d'explication précise à cette expression, bien que des spécialistes aient tiré de l'Écriture de nombreuses interprétations. Cependant, nous voyons qu'après le péché, cette image a été changée, et c'est pourquoi Ellen G. White a écrit que l'objectif de l'éducation est de restaurer en l'homme l'image de son Créateur (Éducation, pp. 16-18).

De quelle manière l'éducation peut-elle atteindre un objectif aussi remarquable?

D'abord, nous devons nous souvenir que Dieu nous a faits afin que nous ayons une relation avec lui, un peu comme des parents avec leurs enfants. Il nous a faits à son image, de la même manière que les parents humains ont des enfants à leur image (Gn 5.1), de sorte qu'il peut faire de nous ses enfants, qui appartiennent à sa famille. Il peut communiquer avec nous et former une relation durable avec nous. L'image de Dieu est par conséquent davantage une «image mentale» qui permet à deux êtres, l'un divin et l'autre humain, d'être sur la même longueur d'onde. C'est précisément ce qui arrive en matière d'éducation, d'abord à la maison entre parents et enfants, puis plus tard à l'école, quand les enseignants prennent le relais dans l'oeuvre d'éducation. Manifestement, Dieu voulait ce processus d'éducation que nous connaissons si bien quand, en nous distinguant de tant d'autres formes de vie, il nous a faits à sa propre image. Il l'a fait pour pouvoir nous enseigner, et nous pouvons apprendre de lui, jusqu'à ce que son image (ses pensées) soit reflétée dans la nôtre.

L'histoire de la rédemption est une histoire d'éducation, depuis la création jusqu'à l'incarnation, et depuis l'incarnation jusqu'à la re-création. Dieu est un enseignant, et le ciel est une école pour tous les temps (voir Ellen G. White, Éducation, p. 333). Quelles sont les implications de cette idée pour notre engagement envers l'éducation chrétienne au foyer, à l'église, à l'école, à l'université, et tout au long de la vie ?

La Bible emploie de nombreux termes pour décrire Jésus. Il est le Fils de Dieu, le Messie, le Fils de l'homme, le Sauveur, le Rédempteur, le Seigneur, l'Agneau de Dieu, pour n'en citer que quelques-uns. Mais pour les personnes qui étaient les plus proches de lui au cours de ses trois années de ministère public en Judée et en Galilée, c'était un enseignant. Ils l'appelaient « maitre, » ou « Rabbi. » Les deux mots veulent dire la même chose, à savoir, « enseignant. »

Par conséquent, la déclaration et l'oeuvre d'enseignement ont dû être une manière particulièrement appropriée pour Jésus de mener à bien son ministère public. D'une manière ou d'une autre, son oeuvre de rédemption est comparable à l'oeuvre d'enseignement. En outre, elle fut prédite par le prophète de l'évangile.

Lisez Ésaïe 11.1-9. Que révèle ce passage sur le rôle pédagogique de jésus ? 

Lune des prophéties messianiques les plus étonnantes de la Bible se trouve dans Ésaïe 11. Les versets 1 à 3 dépeignent le Messie à venir en termes éducatifs, comme quelqu'un qui apporte connaissance, conseils, sagesse et compréhension. Tout le passage se conclut par cette promesse remarquable : La connaissance du Seigneur remplira la terre comme les eaux-recouvrent la mer (Es 11.9). Ce sont peut-être ces enseignements de l'Écriture qui ont poussé Ellen G. White, dans son livre sur l'éducation, à faire remarquer que l'oeuvre d'éducation et l'œuvre  de rédemption n'en font en réalité qu'une seule (voir Éducation, p. 35).

Lisez Jean 3.1-3. Nicodème s'adresse à Jésus comme à un rabbi, et il identifie les dons d'enseignement de Jésus comme venant de Dieu, à cause des signes que Jésus accomplit, c'est-à-dire ses miracles et ses réflexions sur le sens de la vie. Jésus accepta, sinon le titre qu'on lui donnait, du moins l'origine de ses dons d'enseignement quand il répondit à Nicodème qu'il devait naitre de nouveau afin de voir (comprendre, ainsi qu'entrer dans) le royaume de Dieu. Cela signifie que l'autorité pour enseigner d'autres personnes, même dans le cas de Jésus, vient de Dieu. 

L'enseignement est assurément un don de Dieu. Il est ordonné par Dieu, il a été adopté par Jésus, et il est reconnu par ceux qui sont enseignés comme ayant une autorité divine. 

Quel rôle avons-nous dans l'accomplissement de cette prophétie sur la connaissance du Seigneur remplissant le monde entier? 

Lisez 2 Timothée 3.14-17. Que nous enseigne ce passage sur le rôle de l'Écriture dans l'éducation chrétienne ? 

Le mot utilisé pour décrire la première partie de la Bible, la Torah, est parfois traduit par «la Loi,» en partie parce qu'il y a beaucoup de lois dans ces livres. Mais Torah signifie en réalité «enseignement» ou « instruction. » Cette compréhension est très différente de ce beaucoup croient sur le sens de la « loi » dans la Bible, à savoir, des listes de règles que nous devons suivre afin de rester dans les bonnes grâces de Dieu. Ce n'est pas le cas. La loi est prévue comme un contenu éducatif qui traite de la manière de vivre avec prospérité et sécurité dans la relation d'alliance que Dieu avait en tête quand il nous a créés au départ.

Les deux parties qui suivent dans la Bible, les prophètes, rapportent avec quel succès le peuple de Dieu a maitrisé ce contenu éducatif et l'a suivi (les premiers prophètes ou livres historiques), et ce qu'il aurait dû retenir de ces informations éducatives (les derniers prophètes). La partie restante de l'Ancien Testament (appelé les « écrits » en hébreu) regorge d'exemples de maitres et d'élèves heureux ou malheureux dans leurs expériences éducatives. On a par exemple Esther, Ruth, Daniel, et Job. Parmi les échecs, on aurait les quatre amis de Job. Bien entendu, le livre des Psaumes est un recueil de cantiques, mais même lui comporte au moins trois psaumes pédagogiques : le Psaume 1, le Psaume 37 et le Psaume 73.

Les évangiles regorgent de contenu prévu dans un objectif éducatif, notamment dans les paraboles de Jésus. Un grand nombre des lettres de Paul commencent par une puissante proclamation évangélique, mais se terminent par des informations éducatives, des leçons pratiques sur la vie quotidienne pour les chrétiens. Le livre de l'Apocalypse est plein de contenu éducatif. Par exemple, toute la révélation, ou déroulement de l'avenir de l'église de Christ, apparait dans un livre que seul l'Agneau de Dieu, Jésus, le Maitre par excellence, peut ouvrir (Ap 5.1-5).

Certains disent que le contenu éducatif dans les livres de Moïse ne s'applique pas en intégralité à notre époque, et c'est exact. Deutéronome 17.14-20, concernant les rois, a des instructions très explicites concernant la sélection de celui qui pouvait devenir roi. Aujourd'hui, évidemment, nous ne nommons pas de rois dans notre église. Comment, parmi tout ce contenu éducatif de la Bible, déterminer ce qui s'applique ou non pour notre époque?

Les mots pour désigner les écoles, l'étude, et l'éducation sont clairs pour tout le monde à notre époque, mais ils ne sont pas courants dans la Bible. Il y a un mot, sagesse/sage, qui est bien plus courant. Par exemple, l'Ancien Testament fait mention d'hommes et de femmes sages (2 S 14.2, Pr 16.23).

Lisez 1 Rois 4.29-34. Que nous enseigne ce passage sur l'importance de la sagesse ? 

Le roi Salomon est décrit comme un homme très sage qui parlait de la vie animale et végétale et qui prononça des proverbes d'une grande sagesse, c'est-à-dire comme un homme instruit (1 R 4.29-34). Les livres des Proverbes et d'Ecclésiaste contiennent de nombreux enseignements sages sur beaucoup de sujets, attribués à Salomon ainsi qu'à d'autres maitres d'autrefois, eux aussi pleins de sagesse (Pr 1.1, Pr 25.1, Pr 30.1, Pr 31.1). Selon la Bible, la sagesse est très similaire à notre éducation aujourd'hui. C'est quelque chose que l'on apprend de ses parents et de ses enseignants, notamment quand on est jeune (Ec 12.1), mais en réalité, une personne accumule de la sagesse tout au long de sa vie. Deuxièmement, la sagesse a généralement un aspect pratique. Comme par exemple, le fait d'apprendre des fourmis qui mettent de côté pendant l'été afin d'avoir suffisamment pour l'hiver (Pr 6.6-8).

Pourtant, la sagesse n'est pas seulement pratique. Elle a aussi un aspect théorique, car elle commence par la foi en Dieu et suit certains principes fondateurs (Pr 1.7). La sagesse nous aide à vivre de manière responsable et pour le bénéfice des autres, et elle contribue également à nous protéger de tout malheur. Enfin, tout comme l'éducation aujourd'hui, la sagesse ne répond pas à toutes les questions que nous pouvons nous poser, mais elle nous permet d'être satisfaits de ce que nous savons, tout en continuant à chercher ce qui est encore inconnu, et c'est une bonne posture à partir de laquelle nous pouvons apprendre à connaître Dieu et à nous confier en sa grâce. D'après Jérémie 18.18, le rôle d'un enseignant plein de sagesse est considéré comme l'égal de celui du prêtre et du prophète. Tous les trois communiquent des messages de la part de Dieu à son peuple, sous la forme d'instruction dans la loi, de conseils éducatifs, et de messages particuliers de la part de Dieu.

Comment apprendre la sagesse pour la transmettre ensuite à ceux qui nous succèdent? Pourquoi est-ce si important pour nous, en tant que peuple?

L'un des principes remarquables de l'éducation dans la Bible émerge tandis que Jésus, l'enseignant divin, se prépare à quitter ses élèves, ses disciples. Ils ont été avec lui pendant trois ans et demi, environ le temps que nous consacrons au lycée, ou à l'université. À la fin de ces périodes, suivant la personne, les élèves ou étudiants sont souvent considérés comme capables de se débrouiller tous seuls.

Mais Jésus faisait preuve de discernement, et il dispensa ainsi à ses disciples une formation constante ou continue sous la tutelle du Saint-Esprit. Ailleurs, ce maitre, ou guide, est identifié comme le Consolateur ou Défenseur (en grec, paracletos), qui sera donné aux disciples de Jésus de manière permanente (Jn 14 16,17). Il est identifié comme l'Esprit de Vérité. Tandis que le Saint-Esprit n'est pas identifié comme un éducateur, l'oeuvre de l'Esprit est assurément pédagogique, notamment car elle concerne la recherche et la découverte de la vérité. 

Lisez 1 Corinthiens 2.1-16. Que dit Paul qui est si important dans le contexte de l'éducation ? 

Paul commence par rappeler à l'église de Corinthe que lors de sa première visite, il ne leur a parlé de rien d'autre que de Jésus-Christ et de sa crucifixion (1 Co 2.2), pas d'excellence de sagesse, juste la proclamation de l'évangile. Mais ce n'était pas la fin (1 Co 2.6), car une fois que ces nouveaux chrétiens seraient matures, l'apôtre reviendrait leur enseigner la sagesse, les choses que Dieu a cachées avant le commencement du monde (1 Co 2.10). Toutes ces choses seront étudiées sous la direction de l'Esprit de Dieu tandis qu'il se joint à l'esprit de l'élève.

Quelle serait la profondeur de cette étude, et quelles connaissances seraient disponibles pour ceux qui sont guidés par l'Esprit? Le chapitre se termine par une citation du prophète Ésaïe: Qui a fixé une mesure au souffle du Seigneur, qui lui donne des conseils? (Es 40.13). Le prophète, qui s'adressait aux gens ordinaires de son époque, disait que personne ne peut faire cela. Mais Paul corrigea cette perception en concluant : Nous avons la pensée de Christ. Autrement dit, les chrétiens remplis par l'Esprit ont accès à la pensée même de Dieu, et ainsi à autant de connaissance et de compréhension (1 Co 2.10-13) qu'il serait nécessaire pour connaitre le chemin de la justice. 

Le grand mandat évangélique (Mt 28.18-20) enclencha un mouvement religieux remarquable dans le monde entier. Un petit nombre d'apôtres ou de missionnaires (les deux termes signifient la même chose : « ceux qui sont envoyés ») s'en allèrent dans le monde entier et rassemblèrent des élèves, en firent des disciples, les appelèrent à croire en Jésus, les baptisèrent, et se mirent à leur enseigner toutes les choses que Jésus leur avait commandées. Le tableau est celui de convertis chrétiens venus du monde entier, représentant différentes cultures et parlant différentes langues, sortant des eaux du baptême pour entrer dans une école et commencer leur formation. Ce n'est pas surprenant, car ils avaient encore beaucoup à apprendre.

La raison qui fait que les chrétiens apprennent constamment ne tient pas simplement à la curiosité intellectuelle ou à la volonté de maitriser des connaissances, mais plutôt au fait que la vie et la foi chrétiennes imprègnent chaque recoin de la vie quotidienne. Il y a tant à apprendre. À cause de cela, les épitres du Nouveau Testament contiennent à la fois la proclamation sur Jésus (désigné parfois par le terme néotestamentaire kelygma) et l'éducation dans toutes les choses que les chrétiens ont à apprendre (désignées parfois par le terme néotestamentaire didache). On trouve un bon exemple de proclamation dans 1 Corinthiens 2.2, tandis que l'éducation commence dans 1 Corinthiens 4 et se poursuit par intermittence dans le reste de l'épitre. Qu'est-ce que les chrétiens ont donc à apprendre ?

Le travail, le repos, les questions sociales, les relations de voisinage, l'église et l'adoration, le budget, la philanthropie, les relations avec les autorités, l'aide psychologique, les systèmes familiaux, les relations de mariage et d'éducation des enfants, l'alimentation et sa préparation, le vêtement, et même la vieillesse et la préparation à la fin de vie, aussi bien sa vie personnelle que la vie dans ce monde. Être un chrétien, c'est s'instruire à propos de ces choses et davantage encore. Les comprendre ne vient pas naturellement. C'est quelque chose qui s'apprend. 

À MÉDITER  

1- Quelle est l'importance de l'œuvre éducative pour la mission de l'église? 

2- Que voulait dire Ellen G. White en écrivant: «Le ciel est une école» (Éducation, p. 333) ? 

3-  Relisez 1 Corinthiens 2.1-16. Que dit Paul sur ce que Dieu nous révèle à travers l'inspiration? Réfléchissez à cette affirmation que les chefs et la sagesse de son temps se solderont par un échec. S'il pouvait dire cela à l'époque, qu'en est-il d'une bonne partie de la « sagesse » de notre époque?