Leçon 7:L'adoration dans l'éducation

Étude de la semaine: Daniel 3; Ap 14.6-12; Ps 78.1-17; Jn 4.7-26; 1 Ch 16.1-36; Mc 7.1-13.

Verset à mémoriser: Rendez à l'Éternel la gloire de son nom; apportez une offrande et entrez devant lui; adorez l'Éternel en sainte magnificence (1 Chroniques 16.29, Darby.).

L'adoration fait partie de l'humanité, de la nature humaine, même déchue. Cela ne fait aucun doute, nous avons été créés comme des êtres qui, avec la liberté que Dieu nous a donnée, devaient adorer le Seigneur parce que nous l'aimons et que nous savons qu'il est digne d'être adoré. Une telle adoration devait être plutôt facile dans un monde antérieur à la Chute, où les humains avaient un accès direct à Dieu dans une création épargnée par le péché, la mort et la destruction, une création que nous pouvons à peine imaginer, nous qui ne connaissons qu'un monde déchu.

Aujourd'hui, évidemment, bien que le besoin inné d'adorer existe toujours en nous, comme tout ce qui existe dans ce monde, il a été dénaturé et perverti par le péché, ce qui signifie qu'entre autres choses, nous pouvons, en tant qu'adorateurs, nous retrouver à adorer les mauvaises choses, ou même à ne pas adorer le Seigneur de la manière dont il est censé être adoré (voir par exemple Mc 7.1-13, Jr 7.4).

Puisque l'adoration est aussi centrale dans l'expérience chrétienne, l'éducation chrétienne se doit d'aborder la question de l'adoration, qui est le thème de la leçon de cette semaine.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 14 novembre.

Il y a quelque chose en nous, quelque chose, sans aucun doute, qui, à l'origine, a été incorporé dans notre être par Dieu, mais, qui, comme c'est le cas de tout le reste, a été tordu par le péché, et qui aspire à adorer. De toute évidence, au commencement, nous étions censés adorer le seul digne d'adoration, notre Seigneur et Créateur. Mais depuis la Chute, tout cela a changé, et bien changé.

Mais oui, nous adorons tous quelque chose, quelqu'un, n'importe quoi. Cela contribue à expliquer pourquoi tout au long de l'histoire humaine, et encore aujourd'hui, les humains pratiquent des cultes. Dans l'Égypte ancienne, certains adoraient le pharaon. Ailleurs, à d'autres moments, les gens adoraient des statues de poissons, de dieux polycéphales, et d'autres prétendues divinités. Certains peuples adoraient le soleil, la lune, les étoiles.

Aujourd'hui, la plupart des gens sont trop raffinés pour se prosterner devant une statue de grenouille (mais apparemment, pas une statue de Marie), et cependant, cela ne veut pas dire pour autant que les humains, même des humains sécularisés, n'adorent pas quelque chose: l'argent, le pouvoir, le sexe, eux-mêmes, des chanteurs, des acteurs, des politiciens. Ce que nous aimons le plus, ce qui a toute notre attention, ce pour quoi nous vivons, voilà ce que nous adorons. Et, comme nous a avertis l'auteur non croyant David Foster Wallace, si vous adorez la mauvaise chose, elle « vous dévorera tout cru.»

Que nous enseigne l'histoire rapportée dans Daniel 3 sur l'importance de la véritable adoration ?

De toute évidence, les trois garçons juifs prenaient le deuxième commandement (Ex 20.4-6) autant au sérieux que Dieu le voulait. Après tout, il fait partie des Dix Commandements, juste là, à côté des interdictions sur le meurtre et le vol, et ainsi de suite. L'adoration, la véritable adoration, est tellement importante qu'en fait, elle devient centrale dans les enjeux des derniers jours, avant le retour de Christ. Ainsi, l'éducation chrétienne doit inclure toute la question de l'adoration : qu'est-ce que c'est, comment adorer, pourquoi est-ce important, et qui adorons-nous?

Lisez Apocalypse 14.6-12. Que nous enseignent ces textes sur combien la question de l'adoration sera centrale dans la crise finale avant que Christ revienne ?

Les Psaumes dans l'Ancien Testament jouaient un rôle dans la vie religieuse de l'Israël d'autrefois. Ils étaient récités, chantés, souvent avec des instruments de musique, pendant les moments d'adoration, notamment l'adoration publique, ce qui, dans l'Ancien Testament, était révélateur de la manière dont les gens adoraient en général. Israël fonctionnait comme une communauté, et en tant que communauté, tous adoraient ensemble.

Les Psaumes sont globalement des poèmes, des paroles de chants. Le terme hébreu pour les Psaumes, Tehillîm, signifie «chants de louange.» Et quand nous chantons des louanges à Dieu, quoi que nous fassions en même temps, nous adorons le Seigneur.

Lisez Psaumes 78.1-17. Quel est le message essentiel ici, et comment s'accorde-t-il avec toute la question de l'éducation et de l'adoration?

Il y a une certaine détermination dans le message du Psaume 78. Au verset 2, Asaph mentionne la manière dont nous allons partager «les énigmes des temps anciens» (Colombe). Le terme « énigme » ne signifie pas «difficile à comprendre,» mais plutôt lointain, ou qui s'estompe, comme cela peut arriver quand les événements cruciaux de l'histoire remontent très loin dans le passé. Dans d'autres traductions, le terme est traduit par « secrets » (Semeur) ou «choses notables du temps d'autrefois» (Martin). Eidée, c'est que dans toute l'éducation d'Israël, il devait y avoir l'enseignement aux enfants des récits sur les interactions entre le Seigneur et la nation élue.

Lisez Psaumes 78.6-17. Quelles leçons spécifiques devaient-ils enseigner à leurs enfants? Quel était l'objectif ultime de cette éducation?

Parmi les objectifs de l'éducation vus dans les textes, les enfants devaient apprendre à faire confiance à Dieu et à garder ses commandements. En quoi un texte comme Apocalypse 14.12 reflète-t-il cette même idée pour nous aujourd'hui ?

L'un des récits les plus merveilleux du Nouveau Testament sur la manière dont Jésus s'occupait des âmes brisées se trouve dans le récit de Jésus avec la femme au puits.

Lisez Jean 4.7-26. Que lui dit Jésus à propos de l'adoration? En fait, comment en sont-ils arrivés à parler d'adoration au départ?

Bien que la femme tente de changer de sujet en parlant d'adoration, Jésus utilise sa tactique pour nous donner de profondes vérités sur l'adoration et ce qu'elle implique. Ce qu'il dit dans Jean 4.24 est peut-être le plus important pour notre situation immédiate : Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité.

La véritable adoration du Seigneur doit se faire «en esprit, » c'est-à-dire qu'elle doit découler de l'amour que l'on a pour Dieu, de l'expérience de le connaitre personnellement. «Seule la religion procédant de Dieu peut conduire à lui. On ne peut le servir convenablement que si l'on est né de l'Esprit divin. C'est ainsi seulement que le coeur peut être purifié, l'esprit renouvela, et que l'on devient apte à connaitre et à aimer Dieu. Alors seulement on obéit volontairement à tours ses exigences, ce qui est le vrai culte. Tel est le fruit de l'opération du Saint-Esprit. » Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 170.

En même temps, l'adoration doit se faire «en vérité.» Nous devons avoir une juste connaissance de Dieu, de qui il est et de ce qu'il nous demande. En d'autres termes, il est également question de doctrine. (Combien il est important, par exemple, de savoir que nous adorons un Dieu qui ne rôtit pas les gens en enfer pour l'éternité.)

Ainsi, nous voyons là deux éléments dans l'adoration : l'expérience qui provient d'une connaissance et d'une obéissance à Dieu, et les vérités objectives qui nous sont révélées sur Dieu. L'esprit sans la vérité peut conduire à un sentimentalisme superficiel qui repose davantage sur des émotions inconstantes que sur autre chose. A contrario, la vérité sans l'esprit peut conduire à un formalisme sans vie. Nous avons donc besoin des deux.

Comment chercheriez-vous à apprendre à quelqu'un à adorer en esprit et en vérité? Dans quels cas peut-on avoir besoin de mettre davantage l'accent sur l'un plutôt que sur l'autre?

Lisez 1 Chroniques 16.1-36. Essayez d'imaginer la scène. L'imaginez-vous solennelle, terrible, ou bien festive et joyeuse? En quoi peut-elle être un mélange des deux? Que peut-on apprendre de cette scène sur l'adoration et sur la manière dont nous devrions enseigner, et même vivre, l'adoration?

Le lieu de l'adoration était le tabernacle, où Dieu avait habité avec l'Israël d'autrefois et où le plan du salut leur avait été révélé. Ainsi, au centre de l'adoration et de l'éducation à l'adoration, il doit y avoir Jésus et le plan du salut, qui ont été annoncés dans le service du tabernacle. Quoi que Dieu ait fait pour nous qui soit digne de louange et d'adoration, cela n'a pas de sens sans l'espérance de la vie éternelle qui nous est offerte par sa mort sacrificielle substitutive sur la croix.

Remarquez également l'idée « évangéliste » du passage: le monde entier devait apprendre à connaitre le Dieu d'Israël.

Voyez 1 Chroniques 16.29: Célébrez l'Éternel et son nom glorieux! Apportez vos offrandes en venant devant lui et là, prosternez-vous ! Adorez l'Éternel dans l'éclat de sa sainteté (Semeur). L'éclat de sa sainteté? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire?

Pour commencer, pensez à combien le péché est sombre, laid, dégradant et destructeur. De plus, il nous est difficile d'imaginer combien les pratiques cultuelles des nations voisines d'Israël pouvaient être diaboliques, terribles et dégradantes, des pratiques qui incluaient, entre autres choses, des sacrifices d'enfants. Et, bien évidemment, ces choses reflétaient l'état d'esprit des gens qui les pratiquaient.

Par opposition, Israël devait être une nation sainte, séparée des coutumes abjectes des nations environnantes. Ils devaient être saints dans leur cœur et leur esprit. C'est ce qui donnait sens et beauté à leur adoration devant Dieu. Les prophètes de l'Ancien Testament n'eurent de cesse de pester contre ceux qui adoraient le Seigneur tout en étant corrompus et en ayant des coeurs éloignés de lui.

L'Israël d'autrefois avait été entouré de peuples très religieux, des peuples tellement dévoués à adorer et à apaiser leurs dieux qu'ils leur sacrifiaient jusqu'à leurs enfants. Ça, c'est du dévouement, n'est-ce pas ?

Ainsi, l'adoration, la véritable adoration du vrai Dieu, jouait un rôle important pour protéger les Hébreux de l'idolâtrie et des faux cultes qui régnaient autour d'eux. Et pourtant, malgré tous les avertissements, ils tombèrent quand même dans des pratiques idolâtres contre lesquelles ils avaient été précisément mis en garde.

Qu'en est-il de nous aujourd'hui? Pourquoi l'adoration du vrai Dieu, le souvenir de tout ce qu'il a fait pour nous est-il également si important, notamment face aux dangers de l'idolâtrie moderne ?

Lisez Marc 7.1-13. Quel principe trouvons-nous aux versets 7-9 qui peuvent s'appliquer aujourd'hui dans le contexte de l'éducation chrétienne et du danger des faux enseignements, venus du monde, qui peuvent affecter de manière négative la pratique de notre foi?

Un grand nombre des grandes idées intellectuelles dans le monde aujourd'hui sont fondées sur une vision naturaliste de la réalité. De nombreuses disciplines à l'école aujourd'hui sont étudiées à partir de cette perspective, ce qui veut souvent dire que ce qui est enseigné sera contraire à l'Écriture. Nous pouvons être tentés d'adorer des idées que quelqu'un a posées comme principe, théorisées puis mises en pratique. Nous pouvons également déifier l'esprit brillant de philosophes, de scientifiques, et de mathématiciens qui sont à l'origine de ces idées. Le problème, c'est que souvent, ces idées peuvent être incompatibles avec l'Écriture, mais comme elles sont actuellement enseignées et considérées comme vraies, les gens essaient de les intégrer dans l'éducation chrétienne. Pourtant, on ne peut faire cela qu'en compromettant la foi, ce qui signifie souvent tordre et déformer les Écritures pour les faire correspondre aux idées du moment.

Quelles croyances populaires actuelles sont incompatibles avec l'Écriture, et comment en tant qu'église prendre garde à ne pas les intégrer dans notre propre système scolaire?

«Le coeur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant. Ceux qui font profession de religion ne sont pas disposés à s'examiner pour voir s'ils sont dans la foi, et c'est un fait terrible que beaucoup se reposent sur un faux espoir. Certains s'appuient sur une expérience ancienne qu'ils ont vécue il y a des années. Mais quand ils doivent passer par ce temps d'introspection, quand tous devraient avoir une expérience quotidienne, ils n'ont rien à raconter. Ils semblent penser qu'une simple profession à la vérité les sauvera. Quand vous maitriserez les péchés que Dieu hait, Jésus interviendra et soupera avec vous et vous avec lui. Vous tirerez ensuite une force divine de Jésus, et vous grandirez avec lui, et serez à même de dire avec un saint triomphe : Béni soit le Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ. Cela plairait davantage au Seigneur si les tièdes qui font simplement profession de religion n'avaient jamais mentionné son nom. Ils sont un fardeau constant pour ceux qui veulent être de fidèles disciples de Jésus. Ils représentent des pierres d'achoppement pour les incroyants, et les mauvais anges jubilent à leur sujet, et se moquent des anges de Dieu avec leurs voies malhonnêtes. De telles personnes sont une malédiction pour la cause, chez nous ou à l'étranger. Elles s'approchent de Dieu en paroles, tandis que leur coeur est éloigné de lui. » Ellen G. White, Spiritual Ces, vol. 2, p. 227.

À MÉDITER 

1- D'après Marc 7.1-13, nous avons appris que la condition sous-jacente de la fausse adoration est un problème qui se situe dans le coeur. Dieu ne regarde pas l'adoration que nous rendons avec notre bouche si cette adoration ne découle pas de notre coeur. Pourquoi l'évangile et l'histoire de la mort de Jésus en notre faveur constituent-ils la manière la plus puissante d'ouvrir les coeurs afin qu'ils puissent aimer vraiment Dieu?

2- Attardez-vous plus longuement sur l'idée d'adorer Dieu en esprit et en vérité. Est-il possible de faire l'un sans l'autre, ou bien est-ce que la véritable adoration exige les deux ? Pourquoi ?

3- Oui, nos coeurs ont besoin d'être en règle si nous voulons adorer Dieu véritablement, mais qu'est-ce que cela veut dire ? Doit-on attendre d'être totalement connecté au Seigneur, avec une vie bien en ordre, avant de pouvoir adorer ? D'un autre côté, en quoi l'adoration, la véritable adoration, contribue-t-elle à vous donner de bonnes intentions avec Dieu?