Leçon 6: Autres leçons du maitre

Étude de la semaine: Gn 3.1-11; Rm 5.11-19; Gn 28.10-17; Jn 1.1-4; Mt 15.21-28; Mc 10.46-52.   

Verset à mémoriser: Jésus lui dit: Va, ta foi t'a sauvé. Aussitôt il retrouva la vue et se mit à le suivre sur le chemin (Marc 10.52.).

Qui n'a jamais eu honte de soi? Qui n'a jamais fait des choses dont le simple souvenir est douloureux? Qui n'a jamais tremblé d'horreur à l'idée que d'autres personnes pourraient être au courant? Il y a de fortes chances pour que nous soyons tous passés par là, non ?

Imaginez, alors, ce que cela a dû être pour Adam et Ève après qu'ils ont mangé du fruit de l'arbre défendu. Ou quand Jacob a piégé son père pour recevoir la bénédiction à la place de son frère aîné, puis qu'il a dû s'enfuir loin de la colère de son frère. Comment arrivait-il à dormir la nuit ? Et imaginez que vous êtes la femme adultère, prise en flagrant délit (Jn 8.4). David était passé par là aussi, et le Psaume 32 est l'expression et la confession poignantes de ce qu'il ressentait.

Bien entendu, c'est l'une des raisons pour lesquelles l'évangile est universel et la mort de Christ est pour toute l'humanité. Quelles que soient nos différences, assurément une chose nous unit: notre condition de péché.

D'où le fait qu'une véritable éducation chrétienne doit consister à nous indiquer la seule solution pour notre état peu reluisant.
Cette semaine, nous verrons quelle est notre seule solution, notre Maitre.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 7 novembre.

Lisez Genèse 3.1-11. Pourquoi Dieu a-t-il demandé à Adam, Où es-tu? 

Généralement, les histoires sur la Chute décrivent le fruit comme étant une pomme. Mais ce n'est pas ce que dit le texte. Il s'agissait simplement du fruit de l'arbre (Gn 3.3). Le type de fruit n'a pas d'importance. Il était interdit de manger de cet arbre car l'arbre représentait quelque chose. Il représentait la tentation d'écarter Dieu et de déclarer: «Je peux être juge de ma propre vie. Je peux être Dieu pour moi-même. J'ai autorité sur la Parole de Dieu. » Et, sans surprise, quand le serpent réussit à pousser Adam et Ève à manger du fruit de l'arbre, leurs vies dérapèrent. Ensuite, quand ils sentirent la présence de Dieu tout près d'eux, ils tentèrent de se cacher parmi les arbres du jardin (Gn 3.8). Comme c'est étrange que Dieu demande à Adam, «Où es-tu ? ». Dieu savait bien où il était. Peut-être que le Seigneur posa la question pour aider Adam et Ève à prendre conscience de ce qu'ils étaient en train de faire (se cacher) à cause de ce qu'ils avaient fait. C'est-à-dire qu'il les aidait à voir les tristes conséquences de leurs actes.

Lisez Romains 5.11-19, où Paul, à de nombreuses reprises, établit un lien direct entre ce qu'Adam fit en Éden et ce que Jésus fit sur la croix. Qu'est-ce que cela devrait nous indiquer sur la manière dont Jésus est venu défaire ce qu'Adam a fait? 

On pourrait dire que le plan du salut est la réponse de Dieu à la réaction d'Adam et Ève. Ils se cachaient loin des regards de Dieu dans la honte et la culpabilité de leur péché, et Dieu vint à leur secours. À notre manière, nous aussi, nous avons fait la même chose, et Jésus est venu à notre secours. Ainsi, la question «Où es-tu?» se pose également à nous. C'est-à-dire, où en es-tu, dans ton péché et ta culpabilité, concernant Jésus et ce qu'il a fait pour te tirer de là?

En plus de tout ce que l'éducation chrétienne implique, pourquoi doit-elle absolument impliquer, et même insister sur le fait que notre condition naturelle est de nous cacher de Dieu, puis nous indiquer Jésus comme étant la solution? 

Lisez Genèse 28.10-17. Quel est le contexte de cette histoire, et que nous enseigne-t-elle sur la grâce de Dieu pour ceux qui, en un sens, sont en fuite pour tenter d'échapper à leurs péchés ? 

Dans ses interactions avec le reste de la famille, Jacob, avec l'aide de sa mère, était tombé dans de cruelles tromperies, et maintenant il est en train de le payer. Son frère profère de violentes menaces à son encontre, et il devient un indésirable, en fuite vers la maison de son oncle, à Harân. Tout est devenu incertain et effrayant.

Un jour, Jacob avance à tâtons, péniblement, à la nuit tombante, puis dans l'obscurité. Il est au milieu de nulle part, avec le ciel pour seul toit. Il trouve une pierre en guise d'oreiller, et s'endort. Mais bientôt, l'inconscience du sommeil cède la place à ce fameux rêve, avec l'échelle, ou escalier, que Jacob voit posée sur terre et s'étirer jusqu'au ciel. Des anges montent et descendent le long de cette échelle.

Puis il entend une voix déclarer : Je suis le Seigneur, le Dieu d'Abraham. La voix poursuit en réitérant des promesses que Jacob connait déjà pour les avoir entendues dans sa famille. Ta descendance grandira. Elle sera une bénédiction pour toutes les familles de la terre. Je suis avec toi, poursuit la voix, je te garderai partout où tu iras [...] car je ne t'abandonnerai pas, jusqu'à ce que j'ai fait ce que je t'ai dit (Gn 28.13-15).

Ellen G. White a écrit sur la manière dont Paul, bien plus tard, «a devant les yeux l'échelle de la vision de Jacob représentant le Christ qui relie la terre au ciel, l'homme fini au Dieu infini. Sa foi est fortifiée par le souvenir des patriarches et des prophètes mettant leur confiance en celui qui soutient et console, et pour lequel il donne sa vie. » Conquérants pacifiques, p. 457.

Jacob s'éveille, et il se dit : Vraiment, le Seigneur est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas! (Gn 28.16). Ce qui vient de se produire ici est « redoutable. » Il n'oubliera jamais cet endroit, et il lui donne un nom. Puis il fait le voeu de rester loyal à Dieu toute sa vie.

Que peut-on apprendre de cette histoire sur la manière dont Dieu, en Christ, cherche à nous atteindre malgré nos péchés ? À nouveau, pourquoi l'éducation chrétienne doit-elle garder ce principe au premier plan de ce qu'elle enseigne? 

De tous les débuts de chapitres du Nouveau Testament, celui-ci est sans doute le plus connu:" Au commencement était la Parole; et la Parole était auprès de Dieu; la Parole était Dieu" ( Jn 1.1). Et Jean 1 nous emmène bientôt jusqu'à ce verset merveilleux:" La Parole est devenue chair; elle a fait sa demeure parmi nous, et nous avons vu sa gloire, une gloire de Fils unique issu du Père; elle était pleine de grâce et de vérité" (Jn 1.14).

Lisez Jean 1.1-14. Que nous indiquent ces textes sur qui était Jésus et ce qu'il faisait ici? Qu'est-ce que cela devrait nous indiquer sur Jésus en tant qu'exemple de maitre par excellence? 

Ce même Dieu qui parlait à Adam et Ève dans le jardin, et à Jacob au milieu de nulle part, se montre à présent en personne. Dieu, dit le Nouveau Testament, a été personnifié en Jésus. À travers Jésus, nous pouvons en apprendre beaucoup sur la volonté et les voies de Dieu, car Jésus était Dieu.

Le chapitre se poursuit en disant quel puissant prédicateur Jean Baptiste était, pour que même les chefs religieux de Jérusalem se soient doutés qu'il était quelqu'un de spécial. Mais il préparait le chemin à quelqu'un de plus grand que lui. Quelqu'un d'incroyablement spécial allait apparaitre, et lui, Jean Baptiste, était indigne de même délier la lanière de sa sandale (Jn 1.27).

Le lendemain, il voit Jésus et déclare qu'il est le Fils de Dieu. Ce jour-là, et également un jour après, il appelle Jésus l'agneau de Dieu.

En outre, deux des disciples de Jean Baptiste décident de suivre Jésus. Et quand Jésus leur demande ce qu'ils cherchent, ils l'appellent Rabbi (ce qui se traduit par Maitre) (Jn 1.38).

Jésus est donc un rabbi, un enseignant, mais jamais il n'y eut d'enseignant humain comme lui, car, à nouveau, il est Dieu. En d'autres termes, Dieu est descendu vers l'humanité sous la forme d'un être humain, et sous cette forme, il a opéré comme un rabbi, un enseignant. Il n'est pas surprenant qu'Ellen White ait appelé Jésus «le plus grand Maitre que le monde ait jamais connu.» Signs of the Times, 10 juin 1886. Après tout, ce Maitre était Dieu.

Vu qui était Jésus, pourquoi est-ce logique d'apprendre auprès de lui quelles sont les meilleures manières d'enseigner les vérités spirituelles ? Que peut-on apprendre de Jésus sur l'importance non seulement de nos paroles, mais aussi de nos actes en matière d'enseignement? 

Jésus est le maitre par excellence. Le véritable caractère de Dieu transparait dans son enseignement, et également dans sa vie. Ainsi, il y a une histoire dans l'évangile qui est d'autant plus remarquable dans sa manière de montrer que quand quelqu'un réplique à Jésus, ce dernier écoute toujours.

Lisez le récit de la rencontre entre Jésus et une femme non juive (ou «cananéenne ») de la région de Tyr et Sidon (Mt 15.21-28, Mc 7.24-30). Remarquez que les hommes dans le cercle de Jésus font preuve d'impatience envers elle, et que même Jésus semble ne pas la prendre en considération. Que pensez-vous de l'audace de la femme? Que nous enseigne cette histoire sur la manière dont Jésus lui-même enseignait aux autres?

Jésus approchait de Tyr et Sidon. Il était passé par une région où les étrangers étaient nombreux et les tensions ethniques exacerbées. Les habitants hellénistes de la ville méprisaient les fermiers juifs de la campagne, et les fermiers juifs les méprisaient en retour. Peu de temps auparavant, Hérode, le gouverneur fantoche de Galilée, territoire natal de Jésus, avait exécuté Jean Baptiste. Mais Jésus était un homme qui partageait largement la vision de Jean, et l'exécution semblait de mauvais augure. Jésus se retrouva confronté au danger de sa mission.

Sentant la pression, Jésus entra dans une maison, espérant, comme le dit Marc dans son récit, que personne ne saurait qu'il était là (Mc 7.24). Mais la femme en question le trouva.

Dans la culture de l'époque, une femme n'avait pas le droit d'insister de la sorte. De surcroit, cette femme appartenait à une culture et un groupe ethnique auxquels les Juifs avaient peu de temps à consacrer, et cela constituait pour elle un désavantage supplémentaire.

Mais la fille de cette femme était malade. Elle voulait de l'aide, et elle insista pour la demander.

"Jésus la congédia. Ce n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens, dit-il" (Mt 15.26). La remarque la blessa peut-être.

C'est alors que quelque chose de remarquable se produit. Elle répondit. Elle connaissait bien les chiens, contrairement aux Juifs, qui n'en voulaient pas comme animaux domestiques, et elle dit : "C'est vrai, Seigneur, d'ailleurs les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maitres" (Mt 15.27).

Sa remarque fait une différence. Elle semble imparable. Et Jésus guérit son enfant.

Qu'il t'advienne ce que tu veux (Mt 15.28). Comment comprenons-nous ces paroles ? Comment réagissons-nous, cependant, quand les choses n'adviennent pas comme nous le voulons ? 

Jésus et ses disciples s'en retournaient vers Jérusalem. Jean Baptiste avait inquiété Hérode, mais désormais, c'est Jésus qui inquiétait les autorités, y compris Hérode. Parmi ses disciples se trouvaient des pauvres et d'autres gens vulnérables qui attendaient désespérément un changement.

Jésus voulait par-dessus tout apporter de l'espoir au monde. Mais il était certain, maintenant, que ceux qui détenaient le plus de pouvoirs et de privilèges allaient faire ce qu'ils pouvaient pour anéantir cette mission. Ils ne voulaient pas qu'il réussisse.

Quant au cercle intime des élèves de Jésus, les douze disciples, ils semblaient passionnés d'être du côté de Jésus. Mais en même temps, ils semblaient perplexes, ou bien aveugles. Par exemple, dans Marc 8.31-33, le Maitre divin met au défi ses élèves de voir des choses qu'ils ont du mal à voir. C'est-à-dire qu'à bien des égards, ils étaient encore aveugles spirituellement à ce qui était vraiment important (voir Mc 8.37).

Voilà pour le contexte de la rencontre entre Jésus et une personne qui, elle, voit.

Lisez le récit de Jésus et la guérison de Bartimée, le mendiant aveugle. (Voir Mc 10.46-52.) Notez la grande miséricorde dont Jésus fait preuve. Ensuite, voyez combien le fait que l'aveugle désire voir motive sa décision de suivre Jésus vers Jérusalem. Pensez-vous que Marc est en train d'établir un contraste entre Bartimée et les autres disciples ? En quoi cette histoire apporte-t-elle un éclairage sur ce que signifie pour vous répondre rapidement au Maitre? 

Bartimée voulait voir les bouclettes dans les cheveux d'un bébé et la couleur du blé lors de la moisson. Mais voir implique bien plus que ce qui est simplement physique. Ce récit, en d'autres termes, parle de voir spirituellement. Il parle de comprendre, de capter ce qu'il en est vraiment du Maitre. La vue physique est une chose. C'est une chose importante, et Jésus le sait. Mais Jésus sait aussi qu'au fond, toute personne souhaite une nouvelle vie, une vie meilleure. 

Lisez Hébreux 5.12-14. Que nous enseigne ce passage sur la véritable éducation ? 

Lisez Ellen G. White, «La pierre de touche,» pp. 51-58, dans Le meilleur chemin. 

Ellen White nous dit (entre autres) que quand nous répondons vraiment au Maitre divin, « nous désirons vivement reproduire son image, nous imprégner de son esprit, faire sa volonté et lui être agréable en toutes choses» (Le meilleur chemin, p. 52). Quand nous sommes en compagnie de Jésus-Christ, dit-elle, notre devoir «devient un délice» (Le meilleur chemin, p. 53). À présent, à partir de la Bible, consultez Matthieu 5-7. Il s'agit du Sermon sur la montagne, l'un des plus grands résumés de ce que le Maitre divin voulait que ses élèves connaissent, et discours d'inauguration du royaume qu'il venait établir.

À MÉDITER  

1- De la même manière que Dieu s'adressa à Adam et Ève, ainsi qu'à Jacob, Jésus s'adresse à nous. Il se rapproche de nos aspirations profondes, et il nous étonne (comme avec Bartimée) en nous invitant à reconsidérer qui nous sommes et où nous allons. Vu sous cet angle, pensez à la manière dont nous enseignons la Bible à nos enfants et les uns aux autres. Quelle est la différence entre un enseignement médiocre de la Bible et un enseignement percutant qui fait vraiment une différence dans la vie des gens ?

2- La question de votre situation actuelle sur le chemin de la vie est-elle purement personnelle, ou bien est-ce qu'il pourrait être utile d'en discuter avec des personnes de confiance? En quoi l'idée de l'église comme «corps du Christ» (1 Co 12.27) laisse-t-elle entendre que la conversation que l'on a avec d'autres est un moyen d'entrer en contact avec ce que Christ veut nous faire savoir?
3- Nous avons appris jeudi que dès que Bartimée recouvrit la vue, dès qu'il fut sauvé de sa cécité physique (et spirituelle), il suivitiésus sur la route de Jérusalem. Sur cette route, il entendit, chaque jour, la sagesse du Maitre. Maintenant, nous pouvons imaginer qu'il voulait reproduire l'image de Jésus, s'imprégner de son esprit, faire sa volonté. Pourquoi une personne considérerait-elle comme un délice, comme le dit le meilleur chemin, le fait de suivre un standard aussi élevé que celui que Jésus exprime dans le Sermon sur la montagne ?

4- Attardez-vous plus longuement sur la question posée à la fin de l'étude de jeudi. Comment apprendre à discerner le bien du mal ? Comment définir ce qui est bien et ce qui est mal? Et pourquoi ce que nous faisons de cette connaissance est-il peut-être plus important encore que d'avoir cette connaissance en soi?