Leçon 4: Les yeux du Seigneur: La vision biblique du monde

Étude de la semaine: Pr 15.3; Jb 12.7-10; Ep 6.12; Ap 20.5, 6; Jn 1.1-14; Mc 12.29-31.

Verset à mémoriser: Les yeux de l'Éternel sont partout, observant les méchants autant que les bons (Proverbes 15.3, Segond 21.).

Le poète polonais Czeslaw Milosz a écrit un poème, qui commence par évoquer des animaux imaginaires : des lapins qui parlent, des écureuils doués de parole, etc. ils ont «autant en commun avec animaux réels,» écrit-il, «que nos notions du monde ont en commun avec le monde réel. » Puis, pour conclure le poème, il écrit : « Pensez-y, et tremblez.»

«Tremblez» est peut-être un mot trop fort, mais il est vrai que ce que beaucoup d'humains pensent du monde ont peut-être totalement tort. Par exemple, pendant près de 2000 ans, une bonne partie des personnes les plus intelligentes et les plus instruites du monde pensaient que la terre se tenait immobile au centre de l'univers. Aujourd'hui, une bonne partie des personnes les plus intelligentes et les plus instruites du monde pensent que les humains ont évolué à partir de ce qui était à l'origine une forme de vie primitive.

En tant qu'êtres humains, nous ne voyons jamais de façon neutre le monde qui nous entoure. Nous le voyons, toujours et uniquement, à travers des filtres qui affectent la manière dont nous l'interprétons et le comprenons. Ce filtre s'appelle une vision du monde, et il est tellement crucial d'enseigner à nos jeunes, et même à nos membres d'église plus âgés, ce qu'est la vision biblique du monde.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 24 octobre.

Un professeur de l'université d'Oxford a élaboré la théorie selon laquelle rien n'est réel, le monde, nous-mêmes, et tout ce qui nous entoure. Nous serions selon lui les créations digitales d'un peuple d'extraterrestres à l'aide d'ordinateurs superpuissants.

C'est une théorie intéressante, mais elle soulève une question cruciale: quelle est la nature de la réalité ?

Il y a globalement deux réponses possibles, même si une seule est rationnelle. La première, c'est que l'univers, et tout ce qu'il contient, y compris nous, existe simplement. Rien ne l'a créé, rien ne l'a formé. Il est juste là. C'est une simple donnée brute. Il n'y a pas de dieu, il n'y a pas de dieux, il n'y a rien de divin. La réalité est purement matérielle, purement naturelle. Comme quelqu'un l'a dit il y a 2500 ans (cette idée n'a rien de nouveau), «des atomes et du vide.»

L'autre conception veut qu'un (ou des) être divin ait créé l'univers. Cela semble en effet plus logique, plus rationnel, plus sensé, que l'idée qui voudrait que l'univers existe simplement, sans aucune explication quant à son existence. Cette position englobe la nature, le monde des «atomes et du vide,» mais elle ne s'y limite pas. Elle renvoie à une réalité qui est bien plus vaste, plus profonde, et plus riche que la vision athéiste-matérialiste qui est tellement mise en avant aujourd'hui.

Qu'est-ce que les textes suivants ont à dire sur les idées soulevées dans la leçon d'aujourd'hui? Ps 53.1; Pr 15.3; Jn 3.16; Es 45.21; Lc 1.26-35.

Au coeur de toute éducation chrétienne, il y a non seulement la réalité de Dieu, mais celle du genre de Dieu qu'il est, un Dieu personnel qui nous aime et qui interagit avec nous. C'est un Dieu de miracles qui, bien que s'appuyant sur les lois naturelles, n'est pas limité par ces lois et peut les transcender quand il le décide (comme dans le cas de la conception virginale de Jésus). Enseigner cette vision est particulièrement pertinent à notre époque, car une bonne partie du monde intellectuel, tout en affirmant (à tort) que la science la soutient, enseigne ouvertement et sans vergogne la vision athée et naturaliste du monde.

Réfléchissez à combien la vision athée du monde est étriquée et limitée, comparée à la vision biblique du monde, qui (comme nous l'avons déjà dit) englobe le monde naturel mais qui ne s'y limite pas. Pourquoi, en fin de compte, la vision biblique, théiste du monde, est-elle simplement plus logique et rationnelle que sa concurrente athéiste ?

Il y a de nombreuses années, Gottfried Wilhelm Leibniz, penseur et auteur allemand, posa ce qui est probablement la question la plus essentielle et fondamentale qui soit: «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

En quoi les textes suivants répondent-ils à la question de Leibniz? Gn 1.1 ; Jn 1.1-4; Ex 20.8-11 ; Ap 14.6, 7; Jb 12.7-10. 

C'est fascinant comme la Bible considère que l'existence de Dieu est une évidence. Genèse 1.1 ne commence pas par une ribambelle d'arguments logiques (bien qu'il en existe beaucoup) en faveur de l'existence de Dieu, non. Le texte part simplement du principe que Dieu existe (voir également Ex 3.13, 14), et c'est à partir de ce point de départ que Dieu en tant que Créateur, la Bible, et toute la vérité contenue dans ses pages se révèlent.

La doctrine de la création est également fondatrice dans toute éducation chrétienne. Tout ce que nous croyons en tant que chrétiens, absolument tout, repose sur la doctrine de la création en six jours. La Bible ne commence pas par une déclaration sur l'expiation, ou la loi, ou la croix, ou la résurrection, ou sur le retour de Jésus, non.

Elle commence par une déclaration sur Dieu comme Créateur, car aucun de ces autres enseignements n'a de sens en-dehors de la réalité de Dieu en tant que notre Créateur.

D'où, à nouveau, la fait qu'une vision biblique du monde doit insister sur l'importance de la doctrine de la création. C'est d'autant plus important que l'enseignement a dû subir des assauts répétés et frontaux au nom de la science. révolution, des milliards d'années de vie qui évolue lentement par intermittence, et tout cela par hasard, a quasiment détruit la foi en la Bible pour des millions de gens. Il est difficile d'imaginer un enseignement plus antithétique à la Bible, et à la foi chrétienne en général, que l'évolution. C'est pourquoi l'idée que l'évolution pourrait s'accorder d'une manière ou d'une autre avec la doctrine biblique de la création est encore pire que l'évolution athée. C'est impossible à faire sans se moquer de la Bible et de la foi chrétienne dans son ensemble. 

Dieu nous demande de passer un septième de nos vies, chaque semaine, à nous souvenir de la création en six jours, quelque chose qu'il ne demande pour aucun autre enseignement. Qu'est-ce que cela devrait nous indiquer sur combien cette doctrine est fondatrice et importante pour une vision chrétienne du monde ? 

 

Comme nous l'avons dit en introduction, personne n'a de vision neutre du monde. Par exemple, un athée qui voit un arc-en-ciel ne voit rien d'autre qu'un phénomène naturel. Il n'a d'autre signification que celle que les humains décident de lui donner. A contrario, quelqu'un qui le voit de la perspective biblique ne voit pas qu'un simple phénomène naturel impliquant une réaction entre l'eau et la lumière, mais également une réaffirmation de la promesse de Dieu de ne pas détruire le monde par l'eau une nouvelle fois (Gn 9.13-16). «Ainsi, lorsque nous voyons dans les nuages ce magnifique mémorial de son alliance avec les hommes, nous pouvons admirer la condescendance et les compassions de Dieu envers ses faibles créatures. [...] Son dessein était de donner aux parents des générations futures l'occasion d'instruire leurs enfants sur le sens de l'arc-en-ciel, de leur rappeler l'histoire du déluge, et de rallumer leur foi en l'amour de Dieu envers les hommes. » Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 83.

Pour les adventistes du septième jour, la Bible demeure le texte fondateur de notre foi. Elle enseigne la vision du monde, le « filtre, » par lequel nous voyons et comprenons le monde, qui peut être un endroit très intimidant et compliqué. LÉcriture créé le modèle qui nous aide à mieux comprendre la réalité dans laquelle nous nous trouvons, dont nous faisons partie, et qui nous plonge souvent dans la confusion.

Quelles vérités trouve-t-on dans les textes suivants qui peuvent nous aider à comprendre la réalité dans laquelle nous sommes? Ep 6.12; Mc 13.7; Rm 5.8; Ec 9.5; Ap 20.5, 6.

En tant qu'adventistes du septième jour, nous devons adhérer fermement aux enseignements de la Bible, car il s'agit de la vérité révélée aux humains, qui nous explique beaucoup de choses sur le monde, choses que nous ne connaitrions et ne comprendrions pas autrement. Ainsi, toute éducation chrétienne doit être enracinée et fondée dans la Parole de Dieu, et tout enseignement qui y est contraire doit être rejeté.

Quels enseignements de la Bible contredisent d'autres croyances qu'ont les gens? Que devrait nous enseigner cette différence sur combien il est important d'adhérer fidèlement à la Parole de Dieu?

Aussi cruciale que soit la doctrine de la création pour notre foi, elle n'apparait pas seule, notamment dans le Nouveau Testament. Elle est souvent associée, et de manière inextricable, à la doctrine de la rédemption. Et la raison en est simple : franchement, dans un monde déchu, un monde de péché et de mort, la création seule ne suffit pas. Nous vivons, nous luttons, nous souffrons (c'est notre lot à tous), et ensuite, quoi donc? Nous mourrons, et nous nous retrouvons en fin de compte comme des carcasses d'animaux sur le bord de la route.
Génial, non ?

Nous avons donc également, aussi cruciale que notre vision du monde, la doctrine de la rédemption, et cela signifie que nous avons Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié et ressuscité au coeur de tout ce que nous croyons.

Lisez Jean 1.1-14. De quoi nous parlent ces textes concernant qui était Jésus et ce qu'il a fait?

Voyez également le message du premier ange : "Je vis ensuite un autre ange voler haut dans le ciel. Il avait un Évangile éternel pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple. Il disait d'une voix forte: Craignez Dieu et rendez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue. Adorez celui qui a fait le ciel la terre, la mer et les sources d'eau (Ap 14.6,7, Segond 21)". Remarquez que « l'évangile éternel» est directement associé à Dieu en tant que Créateur. Et quand nous prenons conscience que le Dieu qui nous a créés est le même Dieu qui, incarné, a pris sur lui le châtiment de notre péch9é, il n'est pas étonnant que nous soyons appelés à l'adorer. Quelle autre réaction pourrions-nous avoir quand nous comprenons comment est vraiment notre Dieu? C'est pour cette raison que Christ, et Christ crucifié, doit rester au centre de tout ce que nous enseignons, un enseignement qui, en fait, doit également inclure le retour de Jésus, car la première venue de Christ ne nous fera pas beaucoup de bien sans la deuxième. On pourrait même dire, à partir de la Bible, que la première et la seconde venue de Christ sont deux facettes d'un seul et même événement: le plan du salut.

Attardez-vous plus longuement sur l'idée exprimée clans Jean 1, que celui qui a fait tout [...] ce qui a été fait (Jn 1.3, Segond 21) est celui qui est mort sur la croix pour nous. Pourquoi l'adoration devrait-elle être la réaction naturelle évidente ?

Il y a des années, en France, la nation débattait de la question de la peine de mort: fallait-il l'abolir? Les partisans de son abolition contactèrent un auteur et philosophe célèbre, nommé Michel Foucault, et lui demandèrent de signer un éditorial pour eux. Cependant, il ne se contenta pas de défendre l'abolition de la peine de mort, mais l'abolition de tout le système carcéral et la libération de tous les détenus.

Pourquoi? Parce que pour Michel Foucault, tous les systèmes de moralité ne sont que des constructions humaines, des idées humaines mises en place par ceux qui ont le pouvoir, afin de contrôler les foules. D'où le fait que ces codes moraux n'avaient aucune légitimité réelle.

Aussi extrême que soit cette position, ce que l'on voit ici est la conséquence logique d'un problème qui n'est pas tellement nouveau. Moïse l'aborda en Israël, il y a des milliers d'années. Vous n'agirez donc pas comme nous faisons maintenant ici: chacun y fait ce qui lui semble bon (Dt 12.8, Segond 21; voir également Jg 17.6; Pr 12.15).

Pourtant, si nous ne devons pas faire seulement ce qui nous semble bon, c'est-à-dire que nous ne sommes ni justes, ni saints, ni suffisamment objectifs pour savoir ce qui est moralement correct, alors comment savoir quoi faire ? La réponse, bien entendu, c'est que le Seigneur qui nous a créés nous a également donné un code moral selon lequel vivre. Nos yeux ne peuvent peut-être pas y arriver, mais ceux du Seigneur y arrivent toujours.

Qu'enseignent ces textes sur la conduite morale? Dt 6.5; Mc 12.29-31; Ap 14.12.

Si nous devons donner à la rédemption la place centrale dans notre vision chrétienne du monde, alors (comme nous l'avons vu la semaine dernière), la loi de Dieu, les Dix Commandements, doivent également avoir une place centrale. Après tout, de quoi sommes-nous rachetés sinon du péché, qui est la transgression de la loi (Rm 3.20) ? L'évangile n'a pas vraiment de sens en-dehors de la loi de Dieu, et c'est l'une des raisons pour lesquelles nous savons que la loi est toujours valable, malgré son incapacité à nous sauver. (C'est pourquoi nous avons besoin de l'évangile.) Par conséquent, toute éducation adventiste doit mettre l'accent sur ce qu'Ellen White a appelé «l'immuabilité de la loi» (Legrand espoir, p. 317), ce qui inclut le sabbat. Si l'éducation doit contribuer à restaurer dans cette vie l'image de Dieu en nous, autant que possible, alors même à son niveau le plus fondamental, la loi de Dieu doit être élevée, à la lumière de l'exemple de Christ, comme le code moral qui nous montre ce qui est véritablement juste aux yeux de Dieu.

«Restaurer cette image [de Dieu en l'homme], [...] tel est l'objet [...] et le vrai but de l'éducation. » Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 585.

Avec cette idée à l'esprit, nous voyons pourquoi une vision chrétienne assurée du monde est essentielle à l'éducation adventiste. Après tout, comme nous l'avons relevé plus tôt, l'éducation en soi n'est pas nécessairement bonne. Les gens peuvent être instruits, et même érudits, au sujet d'idées et d'attitudes qui sont contradictoires aux principes qui se trouvent dans la Bible. C'est pourquoi, en tant qu'adventistes du septième jour, notre système scolaire doit être fondé sur la vision chrétienne du monde. Cela veut donc dire que tous les domaines généraux de l'éducation, de la science, de l'histoire, de la moralité, de la culture, etc., seront enseignés à partir de cette optique, à la différence d'une éducation qui la contredirait ou qui simplement n'en tiendrait pas compte. En outre, nous l'avons déjà dit auparavant, mais nous allons le répéter: une perspective neutre, cela n'existe pas. Toute la vie, toute la réalité, est vue à travers les filtres d'une certaine vision du monde, que cette vision du monde soit ou non pensée de manière convaincante et systématique. Ainsi, il est essentiel que la vision biblique du monde forme la base de toute éducation adventiste du septième jour.

À MÉDITER, 

1- Pensez à des exemples historiques dans lesquels des systèmes entiers d'éducation étaient (ou même sont) très destructeurs ? Quels pays ou quelles régions étaient concernés, qu'enseignait-on aux élèves, et que peut-on en apprendre? Comment protéger nos propres systèmes scolaires de ces influences destructrices?

2- La leçon de cette semaine examinait plusieurs points clé d'une vision chrétienne du monde : l'existence de Dieu, la création, la Bible, le plan de la rédemption, et la loi de Dieu. Quels autres éléments importants devraient être inclus dans toute formulation complète d'une vision chrétienne du monde ?

3- Un penseur du dix-huitième siècle a écrit un jour: «Conscience! Conscience! Instinct divin, immortelle et céleste voix; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre; juge infaillible du bien et du mal, qui rend l'homme semblable à Dieu.» Qu'y a-t-il de juste, ou d'erroné, dans ce point de vue?

4- Voyez à nouveau cette déclaration d'Ellen G. White: «Restaurer cette image [de Dieu en l'homme], [...] tel est l'objet [...] et le vrai but de l'éducation.»

5- Qu'est ce que cela signifie? En quoi cela nous montre-t-il pourquoi l'éducation adventiste doit-elle être différente de la manière dont le monde lui-même considère en grande partie l'éducation ?