Leçon 3: La loi comme enseignant

Étude de la semaine: Dt 6.5; Dt 31.9-27; Rm 3.19-23; Ap 12.17; 14.12; Mc 6.25-27; He 5.8.

Verset à mémoriser: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force (Deutéronome 6.5.). 

 

Dans sa mise en garde contre le légalisme, Paul écrit aux Galates : Si une loi avait été donnée qui puisse faire vivre, la justice viendrait réellement de la loi (Ga 3.21). Bien sûr, s'il existait une loi qui aurait pu «faire vivre,» ce serait bien la loi de Dieu. Et pourtant, ce que Paul veut dire, c'est que, pour nous qui sommes pécheurs, même la loi de Dieu ne peut faire vivre. Pourquoi ? Mais l'Écriture a tout enfermé sous le péché, pour que la promesse soit donnée, en vertu de la foi de Jésus-Christ, à ceux qui croient (Ga 3.22).

Cependant, si la loi ne peut pas faire vivre les pécheurs, quel est son objectif, à part nous montrer que nous avons besoin de la grâce? La loi est-elle donc uniquement négative dans sa fonction, uniquement là pour nous montrer nos péchés ?

Non. La loi est également là pour nous montrer le chemin de la vie, qui ne se trouve qu'en Jésus. C'est également ce en quoi devrait consister la véritable éducation : nous indiquer le chemin d'une vie de grâce, de foi, et d'obéissance à Christ. C'est pourquoi cette semaine nous étudierons le rôle de la loi de Dieu dans toute la question de l'éducation chrétienne. Ce faisant, voyons ce que la loi, qui ne peut certes pas nous sauver, peut tout de même nous apprendre sur la foi, sur la grâce, et sur l'amour de notre Dieu pour l'humanité déchue. 

Étudier la leçon de cette semaine pour le sabbat 17 octobre. 

 

Le livre du Deutéronome contient les dernières paroles que Moïse a adressées à Israël devant une nouvelle génération, celle qui aller entrer en Terre Promise. Mais avant cela, il a des paroles et des instructions très claires à leur intention.

Lisez Deutéronome 31.9-13. Que signifie craindre le Seigneur? 

Dieu a agi de manière délibérée dans la manière dont il a communiqué ses lois à Israël. Il avait tout prévu pour que ses lois ne soient pas oubliées. Ainsi, Dieu est un éducateur patient. Il enseigne, répète, envoie des prophètes et emploie ses serviteurs pour communiquer son message. Et il le fait encore et encore. En effet, une bonne partie de l'Ancien Testament ne montre-t-elle pas Dieu qui cherche à enseigner à son peuple à suivre le chemin de la vie ?

Remarquez dans ces versets comment Moïse met l'accent sur l'importance que les générations futures apprennent la loi. Moïse le décrit comme un processus en deux étapes. D'abord les enfants entendront la loi, puis ils apprendront à craindre le Seigneur, votre Dieu (Dt 31.13).

D'abord, ils entendent, et ensuite ils apprennent à craindre Dieu. Autrement dit, apprendre la loi présuppose que la crainte ne sera pas une conséquence naturelle du fait de connaitre la loi. La crainte de Dieu est un processus qui s'apprend. Moïse laisse entendre que la connaissance et la crainte sont un processus, et non un lien immédiat de cause à effet. 

En outre, que signifie « craindre Dieu» quand le peuple entend que tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force (Dt 6.5) ? On peut peut-être comparer cela à la manière dont un enfant aime et craint un bon père, un père qui révèle son amour et sa bienveillance en disant ce qu'il pense et en pensant ce qu'il dit. Avec un tel père, si vous fautez, vous devrez en effet supporter les conséquences de cette faute. Oui, nous pouvons, et nous devons, aimer et craindre Dieu en même temps. Ce ne sont pas des idées contradictoires. Plus nous en apprenons sur Dieu, et plus nous l'aimons à cause de sa bonté. Et pourtant, en même temps, plus nous connaissons Dieu et plus nous pouvons le craindre, également, car nous voyons combien il est saint et juste, combien nous sommes, à l'inverse, pécheurs et injustes, et combien ce n'est que par une grâce imméritée que nous ne sommes pas détruits.

Comment comprenez-vous ce que signifie aimer et craindre Dieu en même temps ? 

Quand Moïse apprend qu'il va bientôt mourir, il est bien conscient de la situation qu'il va laisser derrière lui. Il sait qu'après sa mort, les Israélites vont entrer en Terre Promise, en Canaan. Il sait également que le peuple va se rebeller en parvenant enfin à destination après toutes ces années.

Lisez Deutéronome 31.14-27. Quelles préparations Moïse fait-il avant sa mort? Quelles étaient ses principales préoccupations, et comment s'en occupe-t-il ? 

Le ton de Moïse rappelle un peu celui d'un professeur qui prépare l'arrivée d'un remplaçant. Il sait que ses élèves ont eu un mauvais comportement en sa présence dans la classe. Il ne se fait pas d'illusions, et se doute qu'ils se rebelleront en son absence. Il donne l'ordre aux Lévites qui portaient l'arche de l'alliance de placer le Livre de la Loi à côté de l'arche afin qu'elle soit un « témoin. » Moïse ne se contente pas de transmettre un plan de cours à son remplaçant. Il transmet un témoin. Moïse parle du Livre de la Loi comme s'il s'agissait d'un être vivant ayant le pouvoir de réprouver le coeur des hommes.

Réfléchissez à l'idée de loi comme « témoin contre» eux. Comment comprenons-nous cette idée dans le Nouveau Testament, également? Voir Rm 3.19-23. Autrement dit, de quelle manière la loi nous renvoie-t-elle à notre besoin de grâce? 

Dans Deutéronome 31, Dieu donne l'ordre à Moïse de mettre par écrit un chant que le Seigneur lui a enseigné. Moïse doit ensuite enseigner le chant aux Israélites de sorte que, comme le dit le verset 19, il soit un témoin contre les Israélites. À nouveau, nous voyons les directives de Dieu personnifiées. Un chant, une fois interprété, se partage et se propage plus facilement. Et quand un chant est un témoin, il a la capacité de pousser les gens à rentrer en eux-mêmes et à voir ce qu'il dit sur eux.

Même tandis que nous cherchons à obéir à la loi de Dieu avec toute notre force reçue de Dieu, de quelle manière sa loi fonctionne-t-elle comme un «témoin contre» nous ? Que nous enseigne ce témoin sur le besoin de l'évangile dans nos vies ?  

Tout au long de la Bible, nous entendons parler d'autres issues au fait de connaitre et d'obéir à la loi de Dieu. 

Lisez Josué 1.7, 8. Que dit le Seigneur à Josué, et en quoi les principes présents ici s'appliquent-ils à nous aujourd'hui? 

Le Seigneur dit à Josué tandis qu'il entre en Canaan: Seulement fortifie-toi et sois très ferme, pour prendre garde à faire selon toute la loi que Moïse, mon serviteur, t'a commandée; ne t'en écarte ni à droite ni à gauche, afin que tu prospères partout où tu iras (Jos 1.7 , Darby).

Cette idée de réussite comme corollaire de l'obéissance peut sembler contraire à la manière dont on mesure le succès dans notre monde. Aujourd'hui, beaucoup de gens pensent que les marques du succès sont l'innovation, la créativité, et l'indépendance. Réussir dans un domaine particulier suppose des talents et une prise de risque extraordinaires. 

Mais aux yeux de Dieu, la réussite suppose un ensemble de ressources différentes.

Lisez Apocalypse 12.17, Apocalypse 14.12, Romains 1.5, Romains 16.26, Jacques 2.10-12. Que nous disent ces versets, à nous aujourd'hui, au sujet de l'obéissance à la loi de Dieu? Autrement dit, même si nous ne sommes pas sauvés par l'obéissance à la loi, pourquoi est-ce néanmoins si important de la garder ? 

Ancien Testament, Nouveau Testament, ancienne alliance, nouvelle alliance, peu importe: en tant que chrétiens qui croyons en la Bible, nous sommes appelés à obéir à la loi de Dieu. La transgression de la loi, également appelée péché, ne mène qu'à la souffrance, au chagrin, et à la mort éternelle. Qui n'a jamais appris à ses dépens, ou vu personnellement, les conséquences du péché, les conséquences de la violation de la loi de Dieu? Tout comme Israël devait prospérer en obéissant à la loi de Dieu (tout en ayant également besoin de la grâce), c'est la même chose pour nous aujourd'hui. Ainsi, une partie de l'éducation chrétienne consiste à garder la loi de Dieu au coeur de ce que signifie vivre par la foi et nous confier en la grâce de Dieu.

Quel est votre expérience des conséquences du péché? Qu'avez-vous appris que vous pourriez partager avec les autres, afin, peut-être, de leur éviter de faire les mêmes erreurs ? 

 

 

Il y a de grands avantages à suivre la loi de Dieu, comme on le voit avec les gens qui prospéraient avec Dieu. Josué suivit de près les préceptes de Dieu et il fut un bon conducteur pour le peuple d'Israël. Encore et encore, le Seigneur répéta aux enfants d'Israël que s'ils obéissaient à la loi, ils prospéreraient.

Lisez 2 Chroniques 31.20, 21. D'après ce passage, quelles furent les raisons clé de la prospérité d'Ezéchias ? 

Quelle que soit la situation d'éducation dans laquelle nous nous trouvons, il nous faut souligner l'importance de l'obéissance. Mais nos élèves ne sont pas stupides. Ils remarquent, tôt ou tard, la dure réalité : certaines personnes, pourtant fidèles, aimantes, et obéissantes, sont elles aussi touchées par la tragédie. Comment l'expliquer ?

Le fait est que l'on ne peut pas. Nous vivons dans un monde de péché, de mal, un monde dans lequel le grand conflit fait rage, et nul d'entre nous n'est à l'abri.

Que nous enseignent ces textes sur cette question délicate? Marc 6.25-27; Job 1, 2; 2 Co 11.23-29. 

Sans aucun doute, des gens bien, des gens fidèles, des gens respectueux de la loi, n'ont pas toujours prospéré, du moins pas au sens où le monde comprend la prospérité. Et nous avons peut-être là une réponse partielle à cette question délicate, une question qui se pose forcément quand on cherche à enseigner l'importance de la loi.Que veut-on dire exactement par " prospérité» ? Que dit le psalmiste ?J'ai choisi de me tenir sur k seuil de la maison de mon Dieu, plutôt que de résider sous les tentes de la méchanceté (Ps 84.11). Il n' y a aucun doute, selon les standards du monde, même ceux qui sont fidèles à Dieu et qui obéissent à sa loi ne «prospèrent» pas toujours, du moins pour le moment. Nous ne rendons pas service à nos élèves et nos étudiants en leur disant le contraire. 

Lisez Hébreux 11.13-16. En quoi ces versets nous aident-ils à comprendre pourquoi ceux qui sont fidèles souffrent tout de même dans cette vie? 

Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est le seul à avoir vécu dans une parfaite obéissance au Père, une parfaite obéissance à la loi de Dieu. Il a fait cela afin de pouvoir devenir non seulement notre substitut, ce qu'il a été, mais aussi notre exemple, ce qu'il est également.

Lisez les passages suivants : Luc 2.51, 52; Ph 2.8; He 5.8; Jn 8.28, 29. En quoi nous rappellent-ils l'obéissance de Christ tout au long de sa vie? 

C'est peut-être Jean qui le dit le mieux quand il écrit : celui qui dit demeurer en lui doit marcher aussi comme lui a marché (1 Jn 2.6). Quand nous fixons nos regards sur la vie de Christ et son ministère sur terre, il est facile de voir combien il a fait plaisir au Père par son obéissance. Christ a bien accompli la prophétie, et il a élevé les lois de Dieu tout au long de sa vie. Tout comme Dieu avait dit à Moïse de mettre sa loi par écrit pour qu'elle soit un témoin pour Israël, Christ était l'incarnation vivante du témoin pour ses apôtres, ses disciples, pour les pécheurs et les saints. Aujourd'hui, au lieu d'avoir une simple série de règles à suivre, nous avons l'exemple de Jésus, un être humain fait de chair et de sang.

En tant qu'enseignants, quel meilleur modèle présenter aux élèves que celui de Jésus et de la manière dont il a obéi au Père? 

«La prétendue foi en Jésus-Christ qui délie les hommes de l'obligation d'obéir à Dieu n'est pas de la foi mais de la présomption. C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi.' Mais la foi, 'si elle n'a pas les oeuvres, est morte en elle-même.' (Éphésiens 2.8 ; Jacques 2.17) Avant son incarnation, Jésus disait de lui-même : le veux faire ta volonté, mon Dieu! et ta loi est au fond de mon coeur.' (Psaume 40.9) Et au moment de remonter au ciel, il faisait cette déclaration : l'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour.' (Jean 15.10.) 'Si nous gardons ses commandements, par là nous savons que nous l'avons connu. [...] Celui qui dit qu'il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même.' (1 Jean 2.3, 6).» Ellen G. White, Le meilleur chemin, p. 55.

Que pouvez-vous faire pour mieux suivre l'exemple de Christ dans tous les domaines de votre vie et ainsi être un meilleur pédagogue pour les autres? C'est une idée certes galvaudée, mais pourtant, pourquoi nos actes ont-ils plus de poids que nos paroles?

 «L'amour, qui est à l'origine de l'acte créateur et rédempteur, doit être aussi à l'origine de la véritable éducation. La loi que Dieu nous a donnée pour diriger notre vie le manifeste de façon éclatante. Le premier et le plus grand commandement est: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée.' Luc 10.27. L'aimer, Lui, l'infini, l'omniscient, de toute sa force, de toute sa pensée, de tout son coeur, implique que nous développions à l'extrême chacune de nos facultés. Cela implique qu'en notre être tout entier — le corps et la pensée, aussi bien que l'âme — l'image de Dieu doit être restaurée.

Le second commandement est semblable au premier : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.' (Matthieu 22.39) La loi d'amour nous demande de mettre au service de Dieu et de nos semblables notre corps, notre pensée et notre âme. Et ce service auquel nous nous consacrons, qui fait de nous une bénédiction pour les autres, nous apporte à nous-mêmes la plus grande des bénédictions. Le don de soi sous-tend toute véritable formation de l'être. C'est à travers le service désintéressé qu'il nous est donné de développer au mieux chacune de nos aptitudes. C'est ainsi que nous participerons de plus en plus pleinement à la nature divine. Nous sommes prêts pour le royaume des cieux, car nous le recevons dans notre coeur. » Ellen G. White, Éducation, pp. 18, 19.

À MÉDITER 

Comme Israël autrefois, nous devons en même temps aimer Dieu et le craindre (Mt 22.37, Ap 14.7). En classe, discutez davantage de la manière d'y parvenir. Répondez également à cette question : Pourquoi ces deux commandements ne sont-ils pas en contradiction ? 

Quelle est la différence entre établir un standard et édicter une règle? Dans votre vécu, l'adventisme est-il plus préoccupé par l'établissement de standards élevés au sein de sa communauté de croyants ou par la prescription de règles qui unissent cette communauté? Que dit la Bible sur le fait d'établir des standards élevés pour soi-même ? Pour sa famille ? Pour son église? 

Comment trouver l'équilibre quand l'on veut montrer l'importance de l'obéissance à la loi de Dieu tout en montrant pourquoi cette obéissance n'est pas la source de notre salut ? 

Lisez le Psaume 119 en entier et relevez le nombre de fois où reviennent les notions d'obéissance, de liberté, de lois, de règles, et d'ordres. Qu'est-ce que l'auteur du Psaume 119 veut communiquer sur ces thèmes ?