Leçon 1: L’éducation dans le jardin d’Eden

Étude de la semaine: Gn 2.7-23; Gn 3.1-6; 2 P 1.3-11; 2 P 2.1-17; He 13.7, 17, 24.

Verset à mémoriser: Dieu se montre sublime par sa force; qui saurait enseigner comme lui? (Job 36.22.).

La plupart des étudiants de la Bible connaissent l'histoire de Genèse 1 à 3 et sa distribution: Dieu, Adam, Ève, les anges, le serpent. l'action se situe dans un jardin luxuriant dans un paradis nommé « Éden. » L'intrigue semble suivre une série d'événements logiques. Dieu créé. Dieu enseigne Adam et Ève. Adam et Ève pèchent. Adam et Ève sont bannis de l'Éden. Cependant, à y regarder de plus près, on constate que les premiers chapitres de Genèse, notamment par le prisme de l'éducation, nous éclairent sur la distribution, le cadre, et l'histoire.

«La méthode d'éducation établie au commencement du monde devait servir de modèle à l'homme à travers la suite des temps. Pour en illustrer les principes, une école-pilote fut ouverte en Éden, demeure de nos premiers parents. Le jardin d'Éden était la salle de classe, la nature était le manuel d'études, le Créateur lui-même le maitre, et les parents de la race humaine les élèves. » Ellen G. White, Éducation, p. 23.

Le Seigneur fut le fondateur, le proviseur, et le professeur de cette première école. Mais comme nous le savons, Adam et Ève choisirent finalement un autre professeur et n'apprirent pas correctement leurs leçons. Qu'est-il arrivé, pourquoi, et que peut-on apprendre de ce premier récit d'éducation qui pourrait nous être utile aujourd'hui?

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 3 octobre. 

Bien que l'on ne pense pas à un jardin comme à une salle de classe, c'est pourtant parfaitement logique, surtout dans un jardin comme celui de l'Éden, regorgeant des richesses préservées de la création de Dieu. Difficile, de notre point de vue aujourd'hui, d'imaginer combien ces êtres non déchus, dans un monde non déchu, enseignés directement par leur Créateur, ont pu apprendre dans cette « salle de classe.»

Lisez Genèse 2.7-23. Que remarquez-vous sur la détermination de Dieu dans sa manière de créer, de placer, et d'employer Adam ? 

Dieu fit l'homme et la femme à son image et leur donna un foyer et un travail important à faire. Quand on pense à la dynamique maitre-élève, nous avons là une relation idéale. Dieu connaissait les capacités d'Adam parce qu'il l'avait créé. Il pouvait l'instruire, sachant qu'Adam pouvait accomplir son plein potentiel.

Dieu donna à l'homme des responsabilités, mais il voulait également le bonheur pour lui. Et l'un des moyens de lui donner le bonheur était de lui donner des responsabilités. Après tout, qui n'éprouve pas de satisfaction, de bonheur même, à se voir confier des responsabilités et à s'en acquitter fidèlement par la suite? Dieu connaissait le coeur d'Adam et il savait ce dont il avait besoin pour prospérer, alors il confia à Adam la tâche de s'occuper du jardin. Le Seigneur Dieu prit l'homme et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder (Gn 2.15). Il nous est difficile d'imaginer, nous qui ne connaissons qu'un monde de péché et de mort, ce que ce travail pouvait bien impliquer, ainsi que les leçons qu'Adam apprit certainement tandis qu'il travaillait et gardait ce jardin qui était sa maison.

Dans Genèse 2.19-23, Dieu créé des compagnons animaux pour Adam, et il créé également Ève, en tant qu'épouse d'Adam.Dieu savait qu'Adam avait besoin de la camaraderie et de l'aide d'un vis-à-vis, alors il créa la femme.

Dieu savait également que l'homme avait besoin d'être en relation étroite avec lui, alors il créa un espace privé en Éden dans les limites du jardin. Tout cela atteste de l'intentionnalité de Dieu lors de la création, et de son amour pour l'humanité. À nouveau, avec la grande distance qui nous sépare de l'Éden, il est difficile d'imaginer comment cela pouvait être, mais c'est intéressant d'essayer, non ?

Nous sommes bien loin de l'Éden, mais nous pouvons néanmoins tirer des leçons de la nature. Lesquelles par exemple, et comment en bénéficier tandis que nous les interprétons à la lumière de l'Écriture? 

Bien des enseignants vous le diront: l'une de leurs grandes joies est de préparer leur salle de classe : suspendre les panneaux d'affichage, organiser le matériel, et arranger la salle de la manière la plus agréable possible. Quand nous regardons la vision de Dieu pour la salle de classe qu'était le Jardin d'Éden, nous voyons le soin qu'il a mis à préparer un environnement d'apprentissage pour Adam et Ève. Il souhaitait que la beauté les entoure. Nous pouvons imaginer que chaque fleur, chaque oiseau, chaque animal et chaque arbre donnaient l'occasion à Adam et Ève d'en apprendre davantage sur leur monde et sur leur Créateur.

Cependant, entre Genèse 2 et Genèse 3, un brusque changement se produit. Nous avons fait l'inventaire de tout le bien que Dieu avait intentionnellement créé. Mais dans Genèse 3.1, nous prenons également conscience de ce que Dieu avait prévu concernant le libre arbitre. La présence du serpent, le plus avisé de tous les animaux de la campagne, constitue une rupture par rapport au langage employé jusqu'ici. Des mots comme «très bon,» « pas honte» et « agréables » sont des adjectifs employés pour décrire la création de Dieu dans les chapitres précédents. Mais à présent, avec le serpent, il y a un changement de ton. Le terme « avisé » est également traduit dans certaines versions par « rusé. » Tout à coup, un élément négatif apparait dans ce qui, jusqu'à présent, n'était que perfection.

A contrario, Genèse présente Dieu comme l'opposé de « rusé. » Dieu est tout à fait clair sur ce qu'il attend du couple dans le jardin. Nous savons d'après l'ordre de Dieu dans Genèse 2.16, 17 qu'il établit une seule règle clé à laquelle ils devaient obéir: ne pas manger de l'arbre défendu. Parmi tout ce que l'on peut retirer de ce récit, un élément ressort: Adam et Ève ont été créés en tant qu'êtres moraux, des êtres qui pouvaient choisir entre l'obéissance et la désobéissance. Ainsi, dès le départ, même dans un monde non déchu, nous voyons la réalité du libre arbitre humain. Dans Genèse 3.1-6, examinez les descriptions du serpent et les paroles d'Ève. Que remarquez-vous à propos des informations que le serpent donne à Ève? Que remarquez-vous sur la manière dont Ève considère ensuite l'arbre de la connaissance du bien et du mal? 

Dans Genèse 2.17, le Seigneur dit à Adam que s'il mange de l'arbre, il mourrafit] certainement (Darby). Quand Ève, dans Genèse 3.3, répète l'ordre que Dieu leur a donné, elle ne l'exprime pas avec autant de force, et laisse de côté le terme « certainement. »

Dans Genèse 3.4, le serpent réutilise le mot, mais pour contredire complètement ce que Dieu a dit. Comme si Ève, bien qu'instruite par Dieu dans le jardin, ne prenait pas ce qu'elle avait appris autant au sérieux qu'elle le devrait, ainsi que le suggèrent les mots même qu'elle emploie. 

Comme nous l'avons vu hier, malgré l'ordre clair de Dieu, Ève, jusque dans sa façon de parler, édulcora ce qui lui avait été enseigné. Elle n'avait pas mal interprété ce que le Seigneur lui avait dit, mais de toute évidence, elle ne l'avait pas pris assez au sérieux. On ne peut exagérer les conséquences de ses actes. Ainsi, quand Ève rencontra le serpent, elle répéta (mais pas de manière exacte) au serpent ce que Dieu avait dit au sujet des arbres présents dans le jardin (Gn 3.2, 3). Bien sûr, ce message n'était pas une nouvelle pour le serpent. Le serpent connaissait cet ordre et il était donc bien préparé à le dénaturer, en s'attaquant à l'innocence d'Ève.

Examinez Genèse 3.4-6. En plus de nier directement ce que Dieu avait dit, que dit le serpent qui, manifestement, eut du succès auprès d'Ève? De quels principes s'est-il servi? 

Quand le serpent lui dit qu'une partie du message n'était pas exact, Ève aurait pu aller s'entretenir avec Dieu. C'est là toute la beauté de l'éducation édénique : l'accès que les étudiants avaient auprès de leur Puissant Maitre dépassait de toute évidence tout ce que nous pouvons imaginer aujourd'hui sur terre. Pourtant, au lieu de s'enfuir, au lieu de courir chercher l'aide divine, Ève accepte le message du serpent. Le fait qu'elle accepte cette révision du message proposée par le serpent suppose qu'Ève a douté de Dieu et de ce qu'il leur avait dit.

Entretemps, Adam se retrouve lui-même dans une situation délicate. «Adam comprend que sa femme a violé le commandement de Dieu et foulé aux pieds la seule défense qui leur ait été imposée pour éprouver leur fidélité et leur amour. Une lutte terrible se livre en lui. Il est consterné de voir Ève devenue victime du tentateur. Mais l'acte fatal est commis, et il va falloir qu'il se sépare de celle dont la société fait sa joie. Comment s'y résigner ?» Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 34. Malheureusement, tout en connaissant le bien du mal, elle prit la mauvaise décision.

Réfléchissez à l'ironie de la situation: le serpent a dit que s'ils mangeaient de l'arbre, ils seraient comme Dieu (Gn 3.5, Segond 21) . Mais Genèse 1.27 ne disait-il pas qu'ils étaient déjà comme Dieu? Qu'est-ce que cela nous enseigne sur combien il est facile d'être trompés? Pourquoi la foi et l'obéissance constituent-elles nos seules protections, même quand nous avons reçu la meilleure des éducations, comme c'était le cas pour Adam et Ève? 

Quand Adam et Ève choisirent de suivre le message du serpent, ils durent, entre autres conséquences, être bannis de la salle de classe de Dieu. Réfléchissez à ce qu'Adam et Ève ont perdu à cause de leur péché. Quand on comprend leur chute, on peut mieux comprendre le but de l'éducation pour nous à notre époque. Malgré leur bannissement, la vie dans un monde imparfait inaugura un nouvel objectif pour l'éducation.

Si, avant la Chute, l'éducation était le moyen qu'avait choisi Dieu pour faire connaitre sa personne à Adam et Ève, ainsi que son caractère, sa bonté, et son amour, alors, après leur bannissement, l'oeuvre de l'éducation doit contribuer à familiariser de nouveau l'humanité avec ces choses-là, et recréer l'image de Dieu en nous. En dépit de leur éloignement physique de la présence de Dieu, les enfants de Dieu peuvent tout de même parvenir à le connaitre, lui, sa bonté, et son amour. À travers la prière, le service, et l'étude de sa Parole, nous pouvons nous rapprocher de notre Dieu comme le faisaient Adam et Ève en Éden.

La bonne nouvelle, c'est que grâce à Jésus et au plan de la rédemption, tout n'est pas perdu. Nous avons l'espérance du salut et de la restauration. Et l'essentiel de l'éducation chrétienne devrait guider les étudiants vers Jésus, leur montrer ce qu'il a fait pour nous ainsi que la restauration qu'il offre.

Lisez 2 Pierre 1.3-11. Au vu de tout ce qui a été perdu quand les humains quittèrent le jardin, ces versets sont un encouragement, car le principal peut être retrouvé. Selon Pierre, que devons-nous faire si nous voulons rechercher la restauration de l'image de Dieu dans nos vies ? 

À travers Jésus, nous avons reçu tout ce qui contribue à la vie et à la piété. Quelle promesse ! Mais quelles peuvent être ces choses ? Rien de plus simple, Pierre nous en fait la liste: la foi, la force morale, la connaissance, la maitrise de soi, la persévérance, et ainsi de suite. Remarquez également que la connaissance est l'une des choses que Pierre mentionne. Cette idée, bien entendu, nous amène à la notion d'éducation. La véritable éducation mène à la véritable connaissance, la connaissance de Christ, et ainsi non seulement peu à peu, nous lui ressemblerons davantage, mais nous pourrons également être à même de partager notre connaissance de lui avec d'autres personnes.

Réfléchissez un instant au fait que l'arbre défendu était l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Qu'est-ce que cela devrait nous indiquer sur les raisons qui font que toute connaissance n'est pas forcément bonne? Comment faire la différence entre une bonne et une mauvaise connaissance? 

«Adam et Ève n'étaient pas seulement les heureux enfants de leur Père céleste; ils étaient ses élèves, et jouissaient des leçons de sa sagesse infinie. Bien qu'honorés de la visite des anges, ils conversaient avec le Créateur qu'ils contemplaient sans voile. l'arbre de vie leur donnait une santé florissante. Leur intelligence n'était que peu inférieure à celle des anges. Les mystères de l'univers visible, « oeuvre admirable de celui dont la science est parfaite», étaient pour eux une source inépuisable d'instruction et de délices. Les lois et les opérations de la nature qui, depuis six mille ans, sont pour l'homme un objet d'étude, leur étaient dévoilées par l'Architecte et Conservateur de toutes choses. Ils parlaient avec les fleurs, les feuilles et les arbres, et comprenaient les secrets de leur existence. Depuis le puissant léviathan se jouant dans les eaux jusqu'au ciron imperceptible flottant dans un rayon de soleil, toutes les créatures vivantes leur étaient familières. À chacune, Adam avait donné un nom. Il connaissait sa nature et ses habitudes. Les gloires du firmament, les mondes innombrables et leurs révolutions, « le balancement des nuages », les mystères de la lumière et du son, du jour et de la nuit, tels étaient les sujets d'étude de nos premiers parents. Sur chaque feuille de la forêt, sur chaque pierre de la montagne, sur chaque étoile scintillante, partout : sur la terre, dans les airs et dans les cieux, ils voyaient inscrit le nom de Dieu. L'ordre et l'harmonie de la création leur révélaient une puissance et une sagesse infinies. À chaque pas, ils découvraient quelque merveille qui leur inspirait un amour plus profond, et leur arrachait de nouvelles actions de grâce. » Ellen G. White, Patriarches et prophètes, pp. 27, 28. 

À MÉDITER:

1- Si Dieu avait l'intention à l'origine que l'école/le travail soient une occasion pour les humains de le rencontrer, lui et sa création, sommes-nous toujours en adéquation avec l'intention de Dieu dans notre travail aujourd'hui? Comment mieux connaitre Dieu à travers notre travail (rémunéré, de formation, bénévole, dans le ministère, etc.) ?

2- Quand on considère la ruse dont Satan a fait preuve dans le Jardin d'Éden, on ne peut que ressentir de la frustration devant notre faiblesse humaine. Adam et Ève savaient que Dieu était proche, et pourtant ils acceptèrent la demi-vérité du serpent. De quelle manière, nous qui sommes privés d'une telle proximité physique d'avec Dieu, pouvons-nous trouver de la puissance auprès de lui pour nous aider à vaincre la tentation?

3- Échangez sur la question de l'autorité et la raison pour laquelle il est tellement important d'obéir à cette autorité. Qu'arrive-t-il lorsque les niveaux d'autorité deviennent flous ? De quelle manière peut-on abuser de son autorité, et comment réagir quand cela se produit?