Leçon 9: Cultiver un état d’esprit victorieux

Étude de la semaine: Jn 4.27-30, 39-42; Mt 15.21-28; 2 Th 1.1-4; Rm 15.7; Ep 4.32; 1 P 3.15.

Verset à mémoriser:  Mais dans votre cœur , consacrez le Christ comme Seigneur; soyez toujours prêts à présenter votre défense devant quiconque vous demande de rendre compte de l'espérance qui est en vous, mais faites-le avec douceur et respect (1 Pierre 3.15.). 

Plus nous étudions la vie de Jésus, et plus nous nous émerveillons de sa capacité à accepter et à valoriser les gens. Bien qu'il ait fait des reproches cinglants aux chefs religieux de son époque, il recevait avec joie ceux qui luttaient contre le péché, qui étaient accablés par la culpabilité, et se sentaient désespérément condamnés. Sa grâce était pour eux. Sa miséricorde s'étendait même aux plus infâmes pécheurs. La profondeur de son pardon était infiniment plus profonde que les profondeurs de leur péché. Son amour ne connaissait pas de limites.

Jésus n'a jamais manifesté le moindre soupçon d'orgueil ou de supériorité. Il voyait en chaque être humain un être créé à l'image de Dieu, mais déchu à cause du péché, et qu'il était venu sauver. Nul n'était hors de portée de son amour. Nul n'était tombé trop bas pour que sa grâce ne puisse l'atteindre. Il montrait du respect à tous ceux qu'il rencontrait et les traitait avec la dignité qu'ils méritaient. Il influençait les gens pour le royaume car il croyait en eux. Leurs vies étaient changées en sa présence car il avait une profonde affection pour eux. Ils devenaient tels que lui croyait qu'ils pouvaient devenir.

Dans la leçon de cette semaine, nous explorerons plus en profondeur l'attitude qu'avait Jésus envers les gens et nous découvrirons comment mettre en pratique ces principes dans nos vies personnelles.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 29 août.

Lisez Jean 4.27-30, 39-42. En quoi l'interaction de Jésus avec la femme samaritaine démontre-t-elle que toutes sortes de gens sont ouverts à l'évangile, même dans des endroits inattendus ? 

La Samarie était bien le dernier endroit où les disciples s'attendaient à trouver des coeurs réceptifs à l'évangile. Les Samaritains étaient en conflit constant avec les Juifs au sujet de la doctrine et de l'adoration. Cette animosité remontait à des décennies. Les Samaritains avaient voulu participer à la construction du temple de Jérusalem mais se virent refuser cette opportunité à cause de leur mélange avec la culture païenne environnante et leurs idées peu orthodoxes. Alors, ils bâtirent leur propre temple sur le Mont Garizim. Les disciples auraient volontiers évité de passer par la Samarie, terre à leurs yeux inhospitalière pour la proclamation de l'évangile. Jésus vit ce que les disciples ne voyaient pas : des coeurs réceptifs. Le récit que Jean fait de la femme au puits commence par ces paroles : il quitta la Judée et retourna en Galilée. Or il fallait qu'il passe par la Samarie On 4.3, 4). «Il fallait» que Jésus passe par la Samarie, car le Saint-Esprit l'avait convaincu qu'il y aurait des coeurs réceptifs dans cet endroit improbable. Quand nos yeux sont divinement oints par le Saint-Esprit, nous voyons des possibilités là où d'autres ne voient que des difficultés. Nous voyons une riche moisson d'âmes pour le royaume de Dieu là où d'autres ne voient que des champs stériles.

Lisez Actes 8.4, 5, 14. Quel fut le résultat final du ministère de Jésus en Samarie ? 

Les disciples seraient passés à côté de la Samarie sans même donner aux Samaritains l'occasion d'entendre la vérité de la Parole de Dieu. Jésus vit ce qu'ils ne voyaient pas. Il reconnut que le Saint-Esprit avait préparé le coeur d'une femme. Sa conversation radicale avec Jésus affecta des dizaines de gens dans cette ville. Nous ne voyons pas toujours les résultats immédiats de nos activités en matière de témoignage, mais tandis que nous semons dans les coeurs réceptifs, un jour, elles donneront une récolte pour la gloire de Dieu.

Nous ne saurons jamais de manière certaine l'impact, positif ou négatif, de nos paroles et de nos actes sur les autres. Ainsi, pourquoi devons-nous toujours faire attention à ce que nous disons et faisons en présence d'autres personnes ?



Notre attitude détermine souvent notre capacité à influencer autrui. Une attitude dure, critique, et hostile va repousser les gens qui s'approchent de vous, et même si vous êtes capables de témoigner, vos paroles, aussi sincères soient-elles, ont beaucoup moins de chances d'être accueillies. 

A contrario, si l'on a une attitude positive et que l'on croit en elles, les personnes sont attirées par nous. Un lien d'amitié peut se créer. Jésus a affirmé ce principe magnifiquement en disant : Je ne vous appelle plus esclaves, parce que l'esclave ne sait pas ce que fait son maitre. Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaitre tout ce que jai entendu de mon Père Jn 15.15). Des amis s'acceptent réciproquement, malgré leurs faiblesses et leurs erreurs, et ils partagent librement leurs joies et leurs peines.

Lisez Matthieu 15.21-28 et Marc 14.6-9. Ces textes décrivent deux femmes avec des situations très différentes. Jésus semble dur avec l'une, et aimable avec l'autre. Quelles indications avez-vous dans ces passages que Jésus essayait d'atteindre chacune d'elles par sa grâce salvatrice et établissait une relation de confiance? 

La femme dans Matthieu 15 est une cananéenne. Jésus refuse délibérément sa demande au départ, afin que, tandis qu'elle persiste, sa foi grandisse. Il finit par lui accorder ce qu'elle demande, puis fait une déclaration étonnante qu'aucun chef religieux en Judée à cette époque n'aurait faite à une pauvre femme cananéenne. Il dit en public: o femme, grande est ta foi! (Mt 15.28). Il lui fait l'un des plus grands compliments qu'un chef religieux puisse faire. Vous imaginez combien son coeur s'est réjoui et sa vie a été changée?

La femme qui oint les pieds de Jésus avec un parfum de grand prix est une Juive, une femme de mauvaise réputation, une femme qui a échoué et péché souvent, mais une femme qui a été pardonnée, transformée, et qui est devenue une nouvelle création. Quand les autres le critiquent, Jésus la complimente et approuve ce qu'elle fait. Il déclare : partout où la bonne nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire de cette femme, ce qu'elle a fait (Mc 14.9).

Au vu des deux histoires que nous avons lues ci-dessus, quel est l'essentiel d'une attitude victorieuse et positive? Quel genre d'ajustements devez-vous faire dans votre attitude, non seulement concernant le témoignage, mais la vie en général? 

 L'amitié seule ne gagne pas les gens à Christ. Nous pouvons avoir de nombreux amis, des personnes avec lesquelles nous aimons passer du temps et qui aiment passer du temps avec nous, mais si nous ne leur disons jamais ce que Jésus signifie pour nous et la manière dont it a changé notre vie, notre amitié fera peu de difference pour l'éternite. Bien sur, nous serons peut-être de bonne compagnie, mais Dieu nous appelle a être davantage que de bonne compagnie. L'amitié seule n'amene pas les gens à Christ, en revanche des attitudes inamicales peuvent éloigner les gens de Christ.

L'apôtre Paul nous rappelle de dire La verite dans l'amour (Ep 4.15). Les liens d'amitiés se créent quand nous sommes d'accord avec des gens, que nous les acceptons, et que nous les complimentons au moment propice. Comme il est important de prendre l'habitude de chercher le positif chez l'autre, et non le négatif.

Lisez 2 Thessaloniciens 1.1-4. Faites la liste de certains éléments précis pour lesquels Paul complimente les Thessaloniciens. 

 Il y a des gens qui font semblant prendre plaisir à chercher ce qui ne va pas chez les autres, comme si cela les rassurait sur eux mêmes.

Pour l'apôtre Paul, c'etait tout le contraire. II cherchait le positif dans les églises  qu'il servait. Assurément, it reprimandait l'erreur et ne cautionnait pas le péché, mais sa priorité était de bâtir les églises qu'il établissait. Et it le faisait entre autres en mettant l'accent sur ce que les gens faisaient de bien.

La déclaration d'Ellen G. White sur l'importance des relations positives est remarquable. « Si nous voulions nous humilier devant Dieu, devenir aimables, courtois et compatissants, il se produirait cent conversions à la verite la où il ne s'en produit qu'une aujourd'hui. » Testimonies for the Church, vol. 9, p. 189.

Réfléchissez à cette déclaration un instant. Qu'est-ce que cela signifierait pour votre eglise si l'amabilite, la courtoisie, et la compassion debordaient du coeur de chaque membre. A quoi ressemblerait une telle eglise Sondez votre coeur et demandez-vous comment vous pourriez faire mieux dans ce domaine. 

Lisez Romains 15.7 et Éphésiens 4.32. Comment décririez-vous le fondement de toute acceptation? Quelle est l'essence d'une attitude d'acceptation? 

Dans ces deux passages, l'apôtre Paul présente les principes qui sous-tendent notre acceptation mutuelle. Puisque Christ a pardonné et accepté chacun de nous, peut-on refuser de se pardonner et de s'accepter les uns les autres ? En fait, c'est précisément parce que Jésus nous a reçus que nous pouvons nous recevoir les uns les autres, et ce, même malgré leurs défauts.

Réfléchissez vraiment à ce que cela signifie. Pensez à vous, et à certaines choses que vous avez faites. Peut-être vous posent-elles encore problème. Peut-être êtes-vous le seul à savoir. Vous êtes terrifié à l'idée que d'autres personnes soient au courant. Et pourtant, quoi donc? Par la foi, vous êtes accepté en Christ, qui sait tout des choses que les autres ignorent peut-être totalement. Oui, il sait tout ça, et pourtant, il vous accepte quand même, non pas parce que vous êtes bon, mais parce que lui est bon.

Quelle devrait être votre attitude envers les autres, dans ce cas? 

C'est une notion difficile à comprendre pour certains. Une acceptation authentique signifie que nous acceptons les autres tels qu'ils sont, avec toutes leurs habitudes pécheresses, car ce sont des êtres humains créés à l'image de Dieu. Puisque Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs et que nous avons été réconciliés avec Dieu quand nous étions ses ennemis, nous pouvons pardonner et accepter les autres. Son amour pour nous devient le fondement même de notre acceptation et de notre pardon envers les autres (Rm 5.6-10).

Mais une fois qu'une relation d'acceptation, bienveillante, a été établie, il est souvent nécessaire de confronter l'autre avec amour aux vérités de l'Écriture. Si l'on ne le fait pas, on néglige d'aimer. Nous tenons suffisamment à nos amis pour partager avec eux des vérités éternelles, qui changent la vie.

L'attitude  de Jésus n'était pas : «Fais comme il te plaira. C'est très bien. Je t'accepte quand même.» Son attitude était plutôt: «Quoi que tu aies fait, je suis disposé à te pardonner et à te donner la puissance nécessaire pour changer. » La vérité biblique présentée humblement dans l'esprit de Christ avec une attitude d'amour gagne les coeurs et change des vies.

Comment est-il possible d'accepter une personne sans pour autant accepter son comportement pécheur ? Comment être compréhensif sans pour autant cautionner le péché ni le tolérer? 

Jésus n'a pas négligé la présentation de la vérité «à cause de l'amour,» car cela n'aurait pas été de l'amour. L'amour recherche ce qu'il y a de mieux pour l'autre. Il n'y a pas de conflit entre l'amour et la vérité. La vérité présentée humblement et avec bonté est une déclaration d'amour. Jésus a dit : C'est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie (Jn 14.6). Jésus est le seul chemin vers le salut (Ac 4.12). Sa grâce nous sauve de sorte que nous pouvons connaître sa vérité et vivre sa vie. La vérité sans l'amour conduit à un légalisme étouffant, qui asphyxie la vie spirituelle. Un soi-disant « amour » sans vérité mène à un sentimentalisme accommodant sans substance, laissant la personne à la dérive sur une mer d'incertitude. La vérité présentée dans l'amour mène à une expérience chrétienne authentique qui donne une direction claire, une raison de vivre, et de la certitude.

Lisez 1 Pierre 3.15 ; 2 Timothée 4.2; et Tite 3.4, 5. Quelles expressions dans ces versets présentent l'équilibre entre la présentation de la vérité biblique et un esprit humble et tolérant?

Les écrivains du Nouveau Testament ne mettent jamais l'accent sur l'amour au-dessus de la vérité. Ils mêlent à la perfection l'amour et la vérité, la grâce et la loi, la compassion et l'honnêteté. Pierre exhorte ses frères à être toujours prêts à présenter votre défense devant quiconque vous demande de rendre compte de l'espérance qui est en vous, mais avec douceur et respect (1 P 3.15). En d'autres termes, vous avez besoin de savoir ce que vous croyez, pourquoi vous y croyez, et d'être capable d'expliquer ce que vous croyez et pourquoi vous y croyez. Cela ne veut pas dire que vous avez toutes les réponses, ni que vous devez être capable de convaincre les autres de vos croyances. Cela veut simplement dire que c'est uniquement avec douceur et respect, c'est-à-dire avec humilité et la conscience de l'importance des enjeux, que vous pouvez expliquer et défendre votre foi.

Paul donne ces conseils à son jeune protégé Timothée : Proclame la Parole, interviens en toute occasion, favorable ou non, réfute, reprends, encourage, en te montrant toujours patient dans ton enseignement (2 Tm 4.2). Il rappelle à Tite que c'est la bonté et l'amour de Dieu qui a sauvé ceux qui sont nés de nouveau en lui (Tt 3.5).

Nous aussi, nous sommes appelés à présenter la vérité dans l'amour, avec douceur et humilité. Notre Seigneur nous invite à nous joindre à lui en partageant avec amour et une attitude d'acceptation son message des derniers jours pour un monde qui se meurt sans Christ. 

Si quelqu'un devait vous demander: «Pourquoi es-tu chrétien?», que répondriez-vous, et pourquoi? 

«Le Christ possède la tendresse d'un berger, l'affection d'un père, et la grâce immaculée d'un Sauveur compatissant. Il ne se contente pas d'annoncer ses bénédictions ; il les offre de la manière la plus persuasive, afin de faire naitre le désir de les posséder. Ses serviteurs doivent s'efforcer de présenter, de la même manière, les richesses glorieuses de son don ineffable. Lamour magnifique du Christ aura pour effet d'attendrir et de subjuguer les coeurs, alors que la simple répétition des doctrines resterait inefficace. 'Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.' `Monte sur une haute montagne pour annoncer la bonne nouvelle à Sion! Élève la voix avec force pour annoncer la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains point! Dis aux villes de Juda: Voici votre Dieu!... Comme un berger, il paitra son troupeau. Il recueillera les agneaux entre ses bras et les portera dans son sein.' » Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 829.

À MÉDITER  

1- C'est malheureux, mais certaines personnes se rassurent sur elles-mêmes en relevant les fautes d'autrui. Comment être sûr de ne pas tomber dans ce même état d'esprit? 

2- Réfléchissez à ce scénario : Un ami revient d'un enterrement et fait ce commentaire: «Je suis tellement content que ma tante soit au ciel à veiller sur moi. Ça me fait tellement de bien. » Sur la base des principes que nous avons étudiés dans notre leçon de cette semaine, comment réagiriez-vous ? Autrement dit, aussi important que soit l'état des morts, pourquoi n'est-ce peut-être pas le meilleur moment pour faire une étude biblique sur le sujet avec cet ami? 

3- Discutez de la déclaration suivante au vu de notre témoignage envers les autres : «Lorsqu'on recherche le mal chez les autres, on le développe en soi-même. En considérant les fautes d'autrui, nous sommes transformés à leur image, tandis qu'en regardant à Jésus, en parlant de son amour et de la perfection de son caractère, nous sommes transformés à son image. En contemplant l'idéal qu'il a placé devant nous, nous pénétrons dans une atmosphère sainte et pure qui est la présence même de Dieu. Si nous y demeurons, nous réfléchirons une lumière qui rayonnera sur tous ceux avec lesquels nous entrerons en relations. » Ellen G. White, Le ministère évangélique, p. 467.