Leçon 9: La création : La Genèse comme fondation, 2è partie

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Verset à mémoriser : 

Tous les grands penseurs ont été inspirés par les Écritures pour explorer le monde créé par Dieu; en conséquence, la science moderne est née. Johannes Kepler, Isaac Newton, John Ray, Robert Boyle, et d'autres grands premiers scientifiques croyaient que leur travail révélait encore plus l'oeuvre de la création de Dieu.

Après la révolution française, cependant, la science du XIXè siècle a commencé à passer d'une vision du monde théiste à une vision basée sur le naturalisme et le matérialisme, souvent sans aucune place du tout pour le surnaturel. Ces idées philosophiques ont été popularisées par "On the Origin of Species" (1859) de Charles Darwin. Depuis lors, la science s'est de plus en plus éloignée de ses fondements bibliques, ce qui a entrainé une réinterprétation radicale de l'histoire de la Genèse.

La Bible enseigne-t-elle une vision désuète et non scientifique de la cosmologie? Le récit biblique a-t-il simplement été emprunté aux nations païennes environnantes? La Bible a-t-elle été culturellement conditionnée par son lieu et son temps, ou sa nature inspirée nous élève-t-elle à une vision des origines qui est complète dans son cadre divin? Voilà quelques-unes des questions que nous aborderons dans la leçon de cette semaine. 

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Il est communément admis que beaucoup dans le monde antique pensaient que la terre était plate. La plupart des gens, cependant, pour une variété de bonnes raisons, ont compris que la terre était ronde. Même à ce jour, cependant, certains prétendent que la Bible elle-même enseigne que la terre est plate. 

Lisez Apocalypse 7:1 et 20:7, 8. Quel est le contexte de ces versets? Plus important encore, enseignent-ils une terre plate? 

Jean, l'auteur de ces textes, écrit une prophétie de la fin des temps décrivant les quatre anges du ciel « debout aux quatre coins de la terre, ils retenaient les quatre vents » (Apo. 7:1, LSG). Il a répété le mot « quatre » trois fois pour dire que les anges se rapportent aux quatre points cardinaux.

Bref, il utilise simplement un langage figuré, comme nous le faisons aujourd'hui quand on dit, par exemple, que « le soleil se couche » ou que le vent « s'est levé à l'est ». Insister sur une interprétation littérale de ces textes prophétiques lorsque le contexte indique l'idée du nord, du sud, de l'est et de l'ouest, c'est sortir ces passages de leur contexte et leur faire enseigner quelque chose qu'ils n'enseignent pas. Après tout, quand Jésus a dit, « Car c'est du cœur  que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies » (Matt. 15:19, LSG), Il ne parlait pas de la physiologie humaine, ou le cœur  humain au sens propre. Il se servait d'une figure de rhétorique pour faire valoir un point moral.

Lisez Job 26:7-10; et Ésaïe 40:21, 22. Qu'est-ce qu'ils nous enseignent sur la nature de la terre? 

Dans Job 26:7, la terre est représentée comme étant suspendue dans l'espace: « Il étend le septentrion sur le vide, Il suspend la terre sur le néant » (LSG). La terre est un « cercle » ou une sphère (Job 26:10). Ésaïe 40:22 déclare: « C'est Lui qui est assis au-dessus du cercle de la terre, et ceux qui l'habitent sont comme des sauterelles, Il étend les cieux comme une étoffe légère » (LSG). 

Mettez-vous dans la position de quelqu'un qui a vécu il y a des milliers d'années. Quelles preuves auriez-vous que la terre bouge? Ou trouveriez-vous une preuve plus convaincante qu'elle est immobile? Ou quelles preuves trouveriez-vous qu'elle est plate ou ronde? 

 Les archéologues ont découvert des textes de l'Égypte ancienne et du Proche-Orient qui contiennent des histoires primitives de la création et du déluge. Cela a amené certains à se demander si le récit de la Genèse a été emprunté à ces cultures ou était dépendant d'elles d'une certaine manière. Mais est-ce vraiment le cas?

Lisez Genèse 1-2:4, puis lisez ces extraits de l'Épopée d'Atrahasis: « Lorsque les dieux comme l'homme, s'acharnaient au travail et supportaient l'effort, imposante était leur besogne. Le travail était lourd et pesante la peine ... Puisque Bêlet-ilî la matrice est présente, puisse-t-elle créer un prototype-d'homme (afin qu'il) porte le joug [à la place des dieux!... Enki ordonna que l'on préparât un bain purifiant (et ce fut le dieu) Wê-ila parce qu'il avait de l'esprit qu'ils immolèrent au sein de leur assemblée. De sa chair et de son sang, Nintu pétrit l'argile [et en fit l'homme]... » — (Remo Mugnaioni, Le Conte d'Atra-Hasis et le mythe de la création des hommes en Mésopotamie, Université de Provence et IREMAM). 

Quelles différences voyez-vous? 

Bien qu'il existe des similitudes entre les histoires (par exemple, les premiers humains sont faits d'argile), les différences sont beaucoup plus définies.

(1) Dans Atrahasis, l'homme travaille pour les dieux afin que les dieux puissent se reposer. Dans Genèse, Dieu crée la terre et tout ce qui s'y trouve pour les humains comme sommet de la création, puis il se repose avec eux. Dans Genèse, les humains sont également placés dans un jardin et invités à communier avec Dieu et à prendre soin de Sa création, un concept que l'on ne trouve pas dans Atrahasis.

(2) Dans Atrahasis, un dieu mineur est tué et son sang est mélangé avec de l'argile pour former sept mâles et femelles. Dans Genèse, Adam est d'abord « formé » intimement par Dieu, qui lui insuffle la vie, et la femme est « formée » plus tard pour être son « aide » (LSG). Dieu n'a pas créé Adam et Ève à partir du sang d'un dieu tué.

(3) Il n'y a aucun signe de conflit ou de violence dans le récit de la Genèse, comme on le trouve dans l'histoire d'Atrahasis. Le récit biblique est sublime en dépeignant un Dieu omnipotent qui fournit à l'humanité un  dessein digne dans un monde parfait. Cette différence radicale a amené les chercheurs à conclure qu'en fin de compte, ce sont des récits de création très différents. 

Certains ont soutenu qu'à travers les âges, la création et les histoires du déluge ont été transmises, vaguement basées sur ce qui s'était réellement passé (d'où certaines des similitudes), mais déformées avec le temps. Toutefois, Moïse, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, a révélé ce qui s'était réellement passé. Pourquoi cette explication est-elle plus plausible pour comprendre les quelques similitudes, plutôt que l'idée selon laquelle Moïse a emprunté les idées de ces histoires païennes? 

 

 Loin de dépendre des anciens mythes païens de la création, la Genèse semble avoir été écrite d'une manière qui réfute ces mythes et met Dieu à part en tant que Créateur. 

Lisez Genèse 1:14-19. Comment les entités qui apparaissent le quatrième jour sont-elles décrites et quelles sont leurs fonctions? 

Les termes « soleil » et « lune » ont surement été évités parce que leurs noms en hébreu étaient les noms (ou étroitement liés aux noms) des dieux du soleil et de la lune de l'ancien Proche-Orient et de l'Égypte. L'utilisation des termes « le plus grand luminaire » et « le plus petit luminaire » montrait qu'ils ont été créés pour des fonctions spécifiques, « des signes pour marquer les époques, les jours et les années » et « qu'ils servent de luminaires pour éclairer la terre » (Genèse 1:14, 15, LSG). Autrement dit, le texte montre très clairement que le soleil et la lune n'étaient pas des dieux, mais des objets créés avec des fonctions naturelles spécifiques, tout comme nous les comprenons aujourd'hui. 

Lisez Genèse 2:7,18-24. Comment Dieu est-il intimement impliqué dans la création d'Adam et Ève? 

Les anciens mythes du Proche-Orient dépeignent à l'unanimité la créa-tion de l'homme comme une pensée après coup, résultant d'une tentative de soulager les dieux des travaux forcés. Cette notion mythique est contre-dite par l'idée biblique que l'homme doit gouverner le monde en tant que vice-régent de Dieu. Rien dans la création de l'homme n'a été une pensée après coup. Au contraire, le texte les désigne comme le point culminant du récit de la création, montrant de façon encore plus frappante à quel point les récits païens et bibliques sont vraiment différents.

La Genèse corrige donc les mythes du monde antique. Moïse a utilisé certains termes et idées incompatibles avec les concepts païens. Et il l'a fait en exprimant simplement la compréhension biblique de la réalité, et le rôle et le dessein de Dieu dans la création. 

Il y a des milliers d'années, l'histoire de la création biblique était en désaccord avec la culture dominante. Aujourd'hui, l'histoire de la création biblique est en désaccord avec la culture domi-nante. Pourquoi ne devrions-nous pas être surpris? 

 Lisez Genèse 5 et 11. Comment la Bible retrace-t-elle l'histoire de l'humanité d'Adam à Noé, et de Noé à Abraham? 

Il y a un élément qui rend ces généalogies uniques dans la Bible: elles contiennent l'élément « temps », ce qui fait que certains érudits les appellent, et à juste titre, des « chronogénéalogies ». Elles contiennent un mécanisme d'inter-verrouillage de l'information de descendance couplée avec des périodes de temps, de sorte que « quand la première personne avait vécu X années, elle a engendré la deuxième personne. Et La première personne après avoir engendré la deuxième personne a vécu y années, et elle a engendré d'autres fils et filles. Genèse 5 ajoute l'expression de formule, «Et tous les jours de la première personne étaient de z années ». Ce système d'inter-verrouillage aurait empêché la suppression de certaines générations ou leur ajout. Genèse 5 et 11 contiennent une lignée de descendance continue, corroborée par 1 Chroniques 1:18-27, dans laquelle il n'y a pas de générations ajoutées ou manquantes. De cette façon, la Bible s'interprète.

Pendant près de 2 000 ans, les orateurs juifs et chrétiens ont interprété ces textes comme représentant l'histoire et un moyen précis de déterminer la date du déluge et l'âge de la terre, au moins à partir des sept jours de la création tels qu'ils sont décrits dans Genèse 1-2.

Au cours des demières décennies, on a tenté de réinterpreter Genèse 5 et 11 pour tenir compte des âges plus longs, comme le suggèrent certaines données archéologiques et historiques interprétées (par des êtres humains faillibles). Cela soulève de sérieuses questions sur la fiabilité du récit biblique. Mais si nous voulons comprendre le concept de Dieu du temps et sa progression à travers l'histoire, nous devons reconnaitre que ces deux chapitres sont «à la fois historiques et théologiques, reliant Adam au reste de l'humanité et Dieu avec l'homme dans le domaine de l'espace et du temps. Genèse 5 et 11:10-26 fournissent le cadre temporel et la chaire humaine qui relient le peuple de Dieu à l'homme que Dieu a créé comme point culminant de l'évènement de la création de six jours de cette planète» (traduit de Gerhard E Hasel, « The Meaning of the Chronogenealogies of Genesis 5 and 11 », Origins 7/2 [1980], p. 69). 

Bien que ces textes de l'Ancien Testament soient là pour de bonnes et importantes raisons, que dit Paul dans 1 Timothée 1:4 et Tite 3:9 dont nous devons tenir compte lorsque nous parlons de tels textes? 

Lisez les passages bibliques suivants et écrivez comment chacun de ces écrivains a fait référence à Genèse 1-11: Matt. 19:4, 5; Marc 10:6-9; Luc 11:50, 51; Jean 1:1-3 ; Actes 14:15; Rom. 1:20; 2 Cor. 4:6; Eph. 3:9 ; 1 Tim. 2:12-15; Jacques 3:9; 1 Pierre 3:20; Jude 11,14; Apo. 2:7; 3:14; 22:2,3 .

Jésus et tous les écrivains du Nouveau Testament se réfèrent à Genèse 1-11 comme une histoire fiable. Jésus se réfere aux écrits de Moïse et à la création de l'homme et de la femme (Matthieu 19:4). Paul utilise à plusieurs reprises le récit de la création pour etayer les points théologiques qu'il fait valoir dans ses épitres. Il déclara aux savants d'Athènes : « Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans des temples faits de main d'homme » (Actes 17:24, LSG). De cette façon, les écrivains du Nouveau Testament se sont appuyés sur la nature fondamentale de la Genèse pour montrer au lecteur moderne l'importance de cet évènement littéral.

Lisez, par exemple, Romains 5. Plus d'une demi-douzaine de fois, Paul établit un lien direct entre Adam et Jésus (Voir Romains 5:12,14-19). C'est-à-dire qu'il assume l'existence littérale d'un Adam historique, une position qui devient fatalement compromise quand un modèle évolutif des origines remplace une lecture littérale des textes. 

Si les écrivains du Nouveau Testament, inspirés par le Saint-Esprit, et Jésus Lui-même, considéraient le récit de la création comme une histoire fiable, pourquoi serait-il insensé de notre part, sur la base des affirmations d'êtres humains déchus et faillibles, de ne pas faire la même chose? 

Lisez Gerald A. Klingbeil, ed., The Genesis Creation Account and Its Reverberations in the Old  Testament (Berrien Springs, MI: Andrews University Press, 2015).

« La Bible est l'histoire la plus complète et la plus instructive que possèdent les humains. Elle venait tout juste de la fontaine de la vérité éternelle et une main divine a conservé sa pureté à travers tous les âges... Ici seulement nous pouvons trouver une histoire de notre race, non souillée par les préjugés humains ou la fierté humaine » — (traduit d'Ellen G. White, Testimonies for the Church, vol. 5, p. 25).

« Il m'a été montré que sans l'histoire de la Bible, la géologie ne peut rien prouver. Les reliques trouvées dans la terre témoignent d'un état des choses qui diffère à bien des égards du présent. Mais le temps de leur existence, et combien de temps ces choses ont été dans la terre, ne doivent être compris que par l'histoire de la Bible. Il peut être innocent de faire des conjectures au-delà de l'histoire biblique, si nos suppositions ne contredisent pas les faits trouvés dans les Saintes Écritures. Mais quand les hommes laissent la parole de Dieu en ce qui concerne l'histoire de la création, et cherchent à rendre compte des oeuvres créatrices de Dieu par des principes naturels, ils sont sur un océan illimité d'incertitude. Dieu n'a jamais révélé aux mortels comment Il a accompli l'oeuvre de la création en six jours littéraux. Ses oeuvres de création sont tout aussi incompréhensibles que Son existence » — (traduit d'Ellen G. White, Spiritual Gifts, book 3, p. 93). 

Discussion: 

1) Si les explications scientifiques sur la réalité actuelle, ce qui peut être traité, entendu, vu, testé et testé à nouveau, sont remplies de débats et de controverses, pourquoi tant de gens acceptent-ils incontestablement toutes les affirmations des scientifiques sur des évènements qui se sont produits, disent-ils, il y a des millions, voire des milliards d'années? 

2)  La science moderne fonctionne sur l'hypothèse (un peu raisonnable à première vue) que vous ne pouvez pas utiliser des moyens surnaturels pour expliquer des évènements naturels. C'est-à-dire, vous ne pouvez pas essayer d'expliquer, par exemple, une famine en prétendant qu'une sorcière a jeté une malédiction sur la terre. Cependant, quelles sont les limites de cette approche quand il s'agit du récit de la création tel que décrit dans la Genèse? En d'autres termes, le récit de la Genèse était un évènements purement surnaturel. Si, cependant, vous excluez automatiquement le surnaturel comme moyen de création, alors pourquoi tout autre modèle que vous proposez, par nécessité, serait-il erroné?