Leçon 7: Langues, textes et contexte

Lecture de la semaine :
Verset à mémoriser : 

Sabbat après-midi

Plus de 6 000 langues sont parlées par des milliards d'habitants dans le monde entier. La Bible entière a été traduite dans plus de 600 langues, avec le Nouveau Testament et quelques livres traduits dans plus de 2500 autres langues. C'est beaucoup de langues, bien sûr. Mais en même temps, c'est encore moins de la moitié des langues connues du monde.

On estime que 1,5 milliard de personnes n'ont aucune partie de l'Écriture traduite dans leur langue maternelle. Bien qu'il reste encore beaucoup de travail à faire, les efforts des sociétés bibliques ont permis de faire en sorte que 6 milliards de personnes puissent lire les Écritures.

Et quelle bénédiction d'être parmi ceux qui ont la Bible dans leur propre langue! Nous le prenons souvent pour acquis, oubliant que non seulement beaucoup n'ont pas la Bible, mais aussi, pendant des siècles en Europe, la Bible a été volontairement tenue à l'écart des masses. Grâce à l'imprimerie et à la réforme, ce n'est plus le cas. Ceux qui ont effectivement la Bible continuent de voir comment, par l'Esprit Saint, ils peuvent apprendre à étudier la Parole et apprendre à connaitre le Seigneur révélé dans ses pages.

* Étudiez cette leçon pour le sabbat 16 mai.

Lisez 2 Timothée 3:16,17. Dans quel but la Bible nous a-t-elle été donnée?

La Bible a été écrite comme un témoignage de l'œuvre de Dieu dans l'histoire, Son plan pour racheter la race humaine déchue, et pour nous instruire par tous les moyens sur la justice. Le Seigneur a choisi de le faire dans le langage humain, rendant Ses pensées et Ses idées visibles à travers les mots humains. En rachetant Israël de l'Égypte, Dieu a choisi une nation spécifique pour transmettre Son message à tous les peuples. Il a permis à cette nation de communiquer Sa Parole par leur langue, l'hébreu (et quelques portions en araméen, une langue liée à l'hébreu).

La montée de la culture grecque a apporté une nouvelle opportunité, per-mettant au Nouveau Testament d'être communiqué en grec, langue universelle d'alors, largement parlée dans cette partie du monde à cette époque. (En fait, il y avait même une traduction grecque de l'Ancien Testament aussi). Cette langue « universelle » a permis aux apôtres et à l'église primitive de diffuser le message partout avec un nouveau zèle missionnaire après la mort de Christ. Plus tard, l'apôtre Jean « a attesté la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ » (Apo. 1:2 LSG). De cette façon, la Bible indique la continuité de ce « témoignage » inspiré et du « témoignage » du premier auteur de l'Écriture jusqu'au dernier.

Lisez Deutéronome 32:46, 47. Pourquoi était-il si important pour les enfants d'Israël d'obéir à « toutes les paroles de cette loi » (Deut. 32:46), la Torah, ou l'« instruction »? Comment la Parole de Dieu prolonge-t-elle nos jours? Qu'est-ce que cela pourrait signifier dans notre contexte d'aujourd'hui?

Certains ont non seulement la Bible traduite dans leur langue maternelle, mais ils ont même différentes versions de celle-ci. D'autres pourraient n'avoir qu'une seule version, et d'autre, pas du tout. Mais peu importe ce que vous avez, le point clé est de la chérir comme la Parole de Dieu, et, plus important encore, d'obéir à ce qu'elle enseigne.

Pourquoi n'est-il jamais « une chose sans importance » (Deut. 32:47, LSG) d'obéir à la Parole de Dieu et de l'enseigner également à vos enfants?

Dans chaque langue, il y a des mots riches en signification et profonds qui sont difficiles à traduire correctement avec un seul mot dans une autre langue. De tels mots exigent une étude de leurs différents usages dans la Bible pour comprendre l'étendue du sens.

Lisez 1 Rois 3:6, Psaume 57:3, Psaume 66:20, Psaume 143:8, et Michée 7:20. Comment la miséricorde et la bonté de Dieu s'étendent-elles à Ses créatures?

Le mot hébreu chesed (miséricorde) est l'un des mots les plus riches et les plus profonds dans l'Ancien Testament. Il décrit l'amour, la bienveillance, la miséricorde et la nature de l'alliance de Dieu envers Son peuple. Dans ces quelques passages, nous l'avons vu montrer «une grande bienveillance (chesed) à [Son] serviteur David... [Il] lui a conservé cette grande bienveillance (chesed)» (1 Rois 3:6, LSG). Il «enverra Sa bonté (chesed) et Sa fidélité » (Ps 57:3, LSG). En ce qui concerne Israël, II «témoignera de la fidélité à Jacob et de la bonté (chesed) à Abraham » (Mic. 7:20, LSG). Des livres entiers ont été écrits sur le mot chesed, pour essayer de saisir la profondeur de la miséricorde et de l'amour de Dieu envers nous.

Lisez Nombres 6:24-26, Job 3:26, Psaume 29:11, Ésaïe 9:6, et Ésaïe 32:17. Dans ces passages, quelle est la « paix » ou shalom dont il est fait mention?

Le mot hébreu shalom est souvent traduit par «paix ». Mais le sens du mot est beaucoup plus profond et plus large que cela. Il peut être traduit comme « plénitude, intégralité et bienêtre ». La bénédiction et la grâce de Dieu nous maintiennent dans un état de shalom, qui est un don de Dieu (Nom. 6:24-26). En revanche, l'expérience des problèmes de Job produit une situation où il n'avait « ni tranquillité» (LSG) ni «repos», car il lui manquait shalom. Dans ce monde agité, c'est une bénédiction profonde d'accueillir le jour du sabbat avec les mots Shabbat shalom, car notre communion avec Dieu fournit la paix et la plénitude ultimes que nos vies désirent.

Dans toute langue que nous parlons et lisons, même sans connaitre le sens original de ces mots; comment pouvons-nous faire l'expérience de la réalité de ce que ces mots signifient pour le meilleur de notre compréhension?

Dans la pensée hébraïque, il existe un certain nombre de façons d'exprimer des idées qui renforcent le sens et soulignent l'im-portance des concepts. Contrairement aux langues européennes, l'hébreu ne contient pas de signes de ponctuation dans la langue d'origine, de sorte que la structure linguistique a développé d'autres façons de communiquer de telles idées.

Lisez Genèse 1:26, 27; et Ésaïe 6:1-3. Quels mots sont répétés dans ces passages? Comment ces mots répétés sont-ils renforcés par différents concepts qui sont introduits par la répétition?

L'un des moyens par lesquels l'écrivain hébreu pouvait mettre l'accent sur un certain attribut de Dieu était de le répéter trois fois. Alors que le récit de la création arrive au sommet de l'oeuvre créatrice de Dieu, le texte souligne l'importance unique de l'humanité créée. Le terme bara, « créer », n'a toujours que Dieu comme sujet. C'est-à-dire, c'est seulement Dieu qui a le pouvoir de créer sans dépendre de la matière préexistante. Ici, le texte décrit la création de l'homme: « Dieu créa l'homme à Son image, Il le créa à l'image de Dieu, Il créa l'homme et la femme » (Genèse 1:27, LSG). Remarquez la triple répétition du mot « créer ». Moïse a donc souligné que les êtres humains sont créés par Dieu et qu'ils sont aussi créés à Son image. Ces vérités étaient ses points forts.

Dans la vision et l'appel d'Ésaïe, les séraphins répètent les mots « Saint, saint, saint est l'Éternel des armées » (Esa. 6:3). L'accent est mis sur la sainteté d'un Dieu merveilleux dont la présence remplit le temple. Nous voyons aussi cette sainteté à travers les paroles d'Ésaïe, alors qu'il se tient en présence du Tout-Puissant: « Malheur à moi! Je suis perdu » (Esa. 6:5, LSG). Même un prophète comme Ésaïe, devant la sainteté et le caractère de Dieu, se plaignait de son indignité. Ainsi, même ici, bien avant que nous ayons l'exposé de Paul sur le péché humain et le besoin d'un Sauveur (Romains 1-3), nous pouvons voir que la Bible donne l'expression de la nature déchue de l'humanité, même chez une « bonne » personne comme Ésaïe.

Dans Daniel 3, nous avons une répétition (avec des variations) de l'expression « le roi Nebucadnetsar fit une statue d'or » (Dan. 3:1, 2, 3, 5, 7, 12, 14, 15, 18, LSG). Cette expression et ces différentes variations sont répétées 10 fois dans le chapitre pour comparer l'action de Nebucadnetsar au mépris de l'image que Dieu lui a révélée à travers Daniel (Dan. 2:31-45). L'accent est mis ici sur le fait que l'humanité cherche à se transformer en un dieu à adorer, à l'opposé du seul vrai Dieu, le seul digne d'être adoré.

Les mots dans l'Écriture se trouvent toujours dans un contexte. Ils ne se tiennent pas seuls. Un mot a son contexte immédiat dans une phrase, et c'est cette unité qui doit être comprise en plumier. Ensuite, il y a le plus large contexte de l'unité globale dans laquelle la phrase se trouve. Il peut s'agir d'une section, d'un chapitre, ou d'une série de chapitres. Il est essentiel de comprendre autant que possible le contexte des mots et des phrases afin de ne pas arriver à des conclusions erronées.

Comparez Genèse 1:27 avec Genèse 2:7. Ensuite, lisez Genèse 2:15-23. Comment pouvons-nous comprendre à partir de ces différents passages et contextes la définition d'adam, le mot hébreu pour « homme »?

Nous avons déjà vu que la répétition du terme bars' dans Genèse 1:27 indique un accent sur la création de l'homme. Maintenant, nous voyons que l'homme est défini dans le contexte de ce verset comme «homme et femme ». Cela signifie que le terme hébreu pour adam doit être compris dans ce passage comme une référence générique au genre humain ou à l'humanité.

Cependant, dans Genèse 2:7, le même terme adam est utilisé pour dési-gner la formation d'Adam à partir de la poussière de la « terre» (en hébreu adamah, remarquez le jeu des mots). Ici, seul le mâle Adam est mentionné, car Ève n'est créée que plus tard et d'une toute autre manière. Ainsi, dans chaque passage, même dans le contexte de deux chapitres, nous voyons une différenciation entre la définition d'adam comme « humanité » (Genèse 1:27) et l'homme Adam (Genèse 2:7). Qu'Adam soit une personne est plus tard affirmé dans les généalogies (Genèse 5:1-5, 1 Chron. 1:1, Luc 3:38) et en référence à Jésus, qui devient le « deuxième Adam » (Rom. 5:12-14).

Tout comme le mot Adam se trouve dans un texte spécifique, le contexte de la création d'Adam et Ève se trouve dans le plus grand récit de la création tel que vu dans Genèse 1-2. C'est ce qu'on entend par une unité plus grande. L'unité informe l'interprète des thèmes, des idées, et des développements supplémentaires. Genèse 2:4-25 a parfois été appelé le deuxième récit de la création, mais en fait il n'y a qu'une différence sur l'importance (voir la semaine prochaine). Dans les deux récits, on nous montre les origines défi-nitives de l'humanité.

Comme nous pouvons le voir, l'homme et la femme, l'humanité, sont les créations directes de Dieu. Qu'est-ce que cela nous dit sur la folie de la « sagesse de ce monde » (1 Cor 1:20) qui nous enseigne que nous sommes nés d'un simple hasard?

Les plus grandes unités de l'Écriture sont les livres de la Bible. Les livres bibliques ont été écrits à des fins différentes et dans des contextes différents. Certains ont servi de messages prophétiques; d'autres étaient des compilations, tels que les Psaumes. Il y a des livres historiques comme 1 et 2 Rois, et il y a des lettres à diverses églises, comme celles écrites par Paul et d'autres apôtres. Quand nous cherchons à comprendre le sens et le message d'un livre, il est important de commencer par la paternité et le contexte. Beaucoup de livres de la Bible sont attribués à des auteurs. Les cinq premiers livres de l'Ancien Testament sont identifiés comme ayant été rédigés par Moïse (Jos. 8:31, 32;1 Rois 2:3; 2 Rois 14:6; 21:8; Esdras 6:18; Neh. 13:1; Dan. 9:11-13; Mal. 4:4). Ceci est confirmé par Jésus (Marc 12:26; Jean 5:46, 47; Jean 7:19) et les Apôtres (Actes 3:22, Rom. 10:5). Dans d'autres cas, certains auteurs bibliques ne sont pas identifiés (Par exemple, les auteurs des livres d'Esther et Ruth ainsi que les auteurs de nombreux livres histo-riques comme Samuel et Chroniques ne sont pas identifiés). 

Lisez Genèse 15:1-5 et Genèse 22:17,18. Que signifie pour nous le fait que Moïse ait écrit le livre de la Genèse? 

Les livres couvrant l'Exode au Deutéronome ont été écrits par Moïse, après l'exode, bien sûr. Mais la Genèse étant fondamentale en tant qu'histoire des actes de Dieu de la création à la période patriarcale, il est logique que ce livre ait été écrit avant l'exode. «Au fur et à mesure que les années passaient, et que Moïse errait avec ses troupeaux dans des lieux solitaires, méditant sur la condition oppri-mée de son peuple, il raconta les relations de Dieu avec ses pères et les promesses qui étaient l'héritage élu, et ses prières pour Israël montèrent de jour comme de nuit. Les anges célestes apportèrent leur lumière autour de lui. Ici, sous l'inspiration du Saint-Esprit, il écrivit le livre de la Genèse » — (traduit d'Ellen G. White, Patriarchs and Prophets, p. 251). Avec le livre de la Genèse, nous découvrons non seulement nos origines, mais aussi, le plan du salut, ou les moyens par lesquels Dieu rachètera l'humanité déchue. Ce plan devient encore plus évident avec l'alliance que Dieu avait faite avec Abraham, qui implique Sa promesse d'établir à travers lui une grande nation composée d'une « postérité comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer » (Genèse 22:17 , LSG). 

Quelles autres grandes vérités nous ont été enseignées par le livre de la Genèse, des vérités que nous ne connaitrions peut-être pas autrement? Qu'est-ce que cela nous apprend sur l'importance de la Parole de Dieu pour notre foi? 

Lisez Ellen G. White, «Jean Wiclef», chap. 5; « Luther à la diète de Worms », chap. 8, dans La tragédie des siècles; Lisez aussi la section 4 du document Methods of Bible Study accessible à www.adventistbiblicalresearch.org/materials/bible-interpretation-hermeneutics/methods-bible-study.

« C'est par sa Parole que Dieu nous communique les connaissances nécessaires au salut. Nous devons donc l'accepter comme une révélation infaillible de sa volonté. Elle est la norme du caractère, le révélateur de la doctrine et la pierre de touche de l'expérience. Mais le fait que la volonté de Dieu ait été révélée à l'homme n'a pas rendu inutile la présence constante du Saint-Esprit. Au contraire, Jésus a promis d'envoyer le Consolateur aux disciples pour leur faire comprendre sa Parole et en graver les enseignements dans leurs coeurs. Et comme le Saint-Esprit est l'inspirateur des Ecritures, il est impossible qu'il y ait conflit entre lui et la Parole écrite » — Ellen G. White, La tragédie des siècles, pp. ix-x.

DISCUSSION:
1- Indépendamment du nombre de traductions de la Bible dans votre langue, que pouvez-vous faire pour tirer le meilleur parti de ce que vous avez? Comment pouvez-vous apprendre à chérir la Bible comme la Parole de Dieu et à chercher, par la foi, à obéir à ce qu'elle enseigne?

2- Pensez à la différence entre ce que la Parole de Dieu enseigne sur les origines humaines (que nous avons été créés par Dieu le sixième jour de la création), et ce que l'humanité elle-même, sous le nom de « science », enseigne, qui est que nous avons été formés du hasard sur des milliards d'années. Que devrait nous dire ce vaste contraste entre les deux sur l'importance de s'en tenir à ce que la Bible enseigne, et sur la distance à laquelle l'humanité peut aller lorsqu'elle s'éloigne de la Parole de Dieu et de ce qu'elle enseigne clairement?

3-Quels outils bibliques, le cas échéant, sont à votre disposition pour vous aider à mieux comprendre la Bible? Et même si vous n'avez pas d'outils supplémentaires, comment pouvez-vous apprendre à appli-quer certaines des leçons apprises cette semaine sur la façon d'inter-préter la Bible?

4-Dieu a dit aux enfants d'Israël d'enseigner à leurs propres enfants les grandes vérités qui leur ont été confiées et de raconter à nouveau les histoires de la conduite de Dieu dans leur vie (Deut. 4:9). Sans compter l'avantage évident de la transmission de la foi, qu'en est-il de l'ensei-gnement et de la narration des histoires sur la conduite de Dieu dans nos vies qui ont tendance à augmenter notre propre foi? C'est-à-dire, pourquoi partager la vérité biblique avec les autres est-il bénéfique pour nous aussi?