Leçon 13 : De la poussière aux étoiles

Etude de la semaine: Daniel 12; Rm 8.34; Lc 10.20; Rm 8.18; He 2.14,15; Jn 14.29; Ap 11.3.

Verset à memoriser: Ceux qui auront eu du discernement brilleront comme brille la voûte céleste — ceux qui auront amené la multitude à la justice, comme des étoiles, pour toujours, à jamais (Daniel 12.3). 

Le livre de Daniel s'ouvre sur Nabuchodonosor qui envahit la Judée et emmène des captifs à Babylone. Mais le livre de Daniel se termine avec Michel qui se dresse pour délivrer le peuple de Dieu de la Babylone eschatologique. Ainsi, comme on le voit tout au long de Daniel, à la fin, tout à la fin, Dieu arrange tout en faveur de son peuple.

De même, comme nous l'avons vu, Daniel et ses compagnons demeurent fidèles à Dieu et manifestent une sagesse sans égal au sein des épreuves et des difficultés de l'exil. De la même manière, face aux tribulations, le peuple de Dieu demeurera fidèle aussi, notamment lors d'un temps de détresse tel qu'il n'y en a pas eu depuis qu'il existe une nation jusqu'à ce temps-là (Dn 12.1). Comme Daniel et ses amis à Babylone, ils manifesteront sagesse et compréhension. Non seulement ils connaîtront la sagesse comme qualité personnelle, mais ils seront engagés, en conséquence de cette sagesse, à en amener d'autres à la justice. Certains mourront ou seront mis à mort, et ainsi, retourneront à la poussière, mais ils seront ramenés à la vie pour l'éternité. Comme le dit le texte biblique : une multitude qui dort au pays de la poussière se réveillera — les uns pour la vie éternelle (Dn 12.2).

*Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 28 mars. 

Lisez Daniel 12.1. Qui change le cours de l'histoire à la fin des temps? En quoi Romains 8.34 et Hébreux 7.25 nous aident-ils à comprendre ce que signifie ce texte? 

Jusqu'ici, chaque chapitre de Daniel a commencé par la mention du chef d'une nation païenne. Daniel 12 commence également avec un chef, mais contrairement à tous les autres chapitres, ce chef-là est un prince divin qui se lève pour délivrer le peuple de Dieu des griffes de ses ennemis.

Comme nous l'avons aperçu dans notre étude de Daniel 10, Michel est le même être céleste puissant qui apparait à Daniel près du Tigre. Là il se pose comme le représentant céleste du peuple de Dieu. Il apparait également ailleurs dans Daniel en tant que Fils de l'homme (Daniel 7), Prince de l'armée (Daniel 8), et Messie, le prince (Daniel 9, Darby). Ainsi, Michel, dont le nom signifie : « Qui est semblable à Dieu ? » n'est autre que Jésus en personne.

Il est important de noter le timing de l'intervention de Michel. D'après Daniel 12.1, elle se situe en ce temps-là. Cette expression renvoie à l'époque mentionnée dans Daniel 11.40-45. C'est la période qui s'étend depuis la chute de la papauté en 1798 jusqu'à la résurrection à la fin des temps (Dn 12.2).

On peut déduire deux aspects importants de l'oeuvre de Michel d'après le verbe «se dresse» utilisé dans Daniel 12.1 pour décrire ce qu'il fait. D'abord, ce verbe évoque l'avènement de rois qui conquièrent et règnent. Le verbe a également principalement une connotation militaire. Il montre que Michel agit en tant que chef militaire qui protège son peuple et le conduit de manière spéciale au cours des dernières étapes du grand conflit.

Deuxièmement, le verbe «se dresser» renvoie également à un cadre de jugement. Michel .« se dresse» pour agir comme avocat dans le tribunal céleste. En tant que Fils de l'homme, il se présente devant l'Ancien des Jours pour représenter le peuple de Dieu pendant le jugement investigateur (Dn 7.9-14). Ainsi, le fait que Michel se lève ou se dresse évoque les aspects militaires et judiciaires de son oeuvre. En d'autres termes, il est investi du pouvoir de vaincre les ennemis de Dieu et de l'autorité nécessaire pour représenter le peuple de Dieu dans le tribunal céleste.

Réfléchissez à ce que signifie le fait que Michel se tient debout en notre nom, encore aujourd'hui. Quel espoir cela devrait-il vous donner, à vous, pécheur? 

Daniel 12.1 parle de ceux qui sont trouves inscrits dans le livre. Qu'est-ce que cela signifie ? 

Le moment de l'intervention de Michel est également décrit comme un temps de trouble sans égal. Cela correspond au moment où l'Esprit de Dieu sera retiré à l'humanité rebelle. Puis les sept derniers fléaux, ou plaies, expressions de la colère de Dieu sur les nations, seront déversés sur la Babylone eschatologique (Apocalypse 16 ; Ap 18.20-24) et les forces des ténèbres se lanceront à l'assaut du monde. Ellen G. White écrit à propos de cette période que «Satan plongera alors les habitants de la terre dans une détresse finale et terrible. Lorsque les anges de Dieu cesseront de tenir en laisse les vents violents des passions humaines, tous les éléments du conflit se déchaineront. Le monde entier sera englouti dans une ruine plus terrible que celle qui tomba autrefois sur Jérusalem. » Le grand espoir, p. 452.

Mais le peuple de Dieu sera délivré lors de ce temps terrible, car, dans le jugement investigateur mené dans le tribunal céleste, ils ont été innocentés par Jésus, le Grand Prêtre céleste, et leurs noms ont été écrits dans le livre.

Pour comprendre la signification de ce livre, nous devons garder à l'esprit que la Bible mentionne deux types de livres célestes. L'un contient les noms de ceux qui appartiennent au Seigneur et est parfois appelé le livre de vie (Ex 32.32, Lc 10.20, Ps 69.29, Ph 4.3, Ap 17.8). En plus du livre de vie, les Écritures mentionnent des livres qui contiennent les archives des actions humaines (Ps 56.8, Mal 3.16, Es 65.6). Ce sont les livres utilisés dans le tribunal céleste pour déterminer l'engagement de chacun envers le Seigneur. Ce sont les archives célestes, des «bases de données,» qui contiennent les noms et les actions de chaque être humain. Certaines personnes voient d'un mauvais oeil l'idée que leur nom, et surtout leurs oeuvres, soient écrites dans le ciel. Mais une fois que nous consacrons nos vies à Christ, nos noms sont inscrits dans le livre de vie, et nos mauvaises actions seront effacées au jugement. Ces archives célestes fournissent des preuves judiciaires devant l'univers entier que nous appartenons à Jésus, et par conséquent que nous avons le droit d'être protégés lors du temps de trouble.

Comment se fait-il que seule la justice de Christ, qui nous est imputée, soit notre seul espoir d'être trouvé inscrit dans le livre? Venez avec votre réponse ce sabbat. 

Lisez Daniel 12.2,3. De quel événement parle-t-il ici, et pourquoi, étant donné ce que nous comprenons sur la mort, cet événement est-il aussi, important pour nous ? 

Daniel fait probablement la référence la plus claire de tout l'Ancien Testament à la résurrection à venir. Et tandis que nous réfléchissons à ce passage, nous pouvons apprendre des vérités très importantes. D'abord, comme l'indique la métaphore du «sommeil, » aucune âme immortelle n'habite dans notre corps. Les humains sont une unité indivisible, corps, âme et esprit. Dans la mort, la personne cesse d'exister et demeure inconsciente jusqu'à la résurrection. Deuxième chose, notre texte renvoie à la résurrection comme un renversement de ce qui arrive en conséquence du péché. En effet, l'expression traduite par « poussière de la terre» dans Daniel 12.2 (Darby) signifie dans l'original «terre de poussière.» Cette séquence lexicale inhabituelle envoie à Genèse 3.19, le seul autre passage biblique où le mot « terre » précède le mot « poussière. » Cela implique que la sentence de mort prononcée lors de la chute d'Adam sera inversée et que la mort n'exercera plus son emprise. Comme le dit Paul : la mort a été engloutie dans la victoire (1 Co 15.54).

Lisez Romains 8.18 et Hébreux 2.14,15. Pourquoi n'avons-nous aucune raison de craindre la mort? 

La mort gâche et anéantit tout ici-bas. Mais nous avons la promesse que la mort n'a pas le dernier mot pour les croyants fidèles. La mort est un ennemi vaincu. Quand Christ brise les chaines de la mort et sort ressuscité de la tombe, il porte le coup fatal à la mort. Désormais, nous pouvons voir au-delà de la réalité temporaire de la mort, et regarder la réalité ultime de la vie que nous recevons de Dieu en Christ. Du fait que Michel «se dresse» (voir Dn 12.1), ceux qui lui appartiennent se dresseront également. Ils se lèveront de la poussière de la terre pour briller comme les étoiles pour l'éternité.

Au sein des douleurs et des difficultés de la vie, comment tirer de l'espoir et du réconfort de la promesse de la résurrection finale ? Pourquoi, est-ce qu'au sens strict du terme, presque rien d'autre n'a d'importance? 

Lisez Daniel 12.4 et Jean 14.29. Pourquoi le livre de Daniel doit-il être scellé jusqu'au temps de la fin? 

Au terme de la dernière section importante du livre (Dn 10.1-12.4), le prophète reçoit l'ordre de sceller le rouleau jusqu'au temps de la fin. Dans la même veine, l'ange prédit que plusieurs courront çà et là; et la connaissance sera augmentée (Dn 12.4, Darby). Bien que certains étudiants du livre de Daniel aient pris ces mots comme une prédiction des progrès scientifiques (et le verset peut également signifier cela), le contexte semble indiquer que le fait de courir çà et là renvoie à l'étude du livre de Daniel lui-même. En effet, avec notre regard rétrospectif sur l'histoire, nous remarquons que Daniel est demeuré un texte littéraire obscur pendant des siècles. On le connaissait et l'étudiait peut-être dans certains endroits, mais certains de ses enseignements et de ses prophéties clé demeuraient mystérieux. Par exemple, les messages prophétiques liés à la purification du sanctuaire céleste, au jugement, à l'identité et à l'oeuvre de la petite corne, en plus du laps de temps lié à ces prophéties, étaient loin d'être compris.

Mais à partir de la Réforme protestante, les gens furent de plus en plus nombreux à étudier le livre de Daniel. Cependant, ce n'est qu'au temps de la fin que le livre fut finalement ouvert et son contenu pleinement révélé. Comme le relève Ellen G. White : «depuis 1798, le livre de Daniel a été 'descellé', la connaissance des prophéties a augmenté et de nombreuses personnes ont proclamé le message solennel d'un jugement proche. » Le grand espoir, p. 262. «À la fin du XXVIIIè siècle et au début du XIXè siècle, on assista à un intérêt renouvelé dans les prophéties de Daniel et de l'Apocalypse dans différentes régions de la terre. Eétude de ces prophéties aboutit à la croyance très répandue que le retour de Jésus était proche. De nombreux commentateurs en Angleterre, Joseph Wolff au Moyen-Orient, Manuel Lacunza en Amérique du sud, et William Miller aux États-Unis, avec une multitude d'autres étudiants des prophéties, déclarèrent, sur la base de leur étude des prophéties de Daniel, que le retour de Jésus était proche. Aujourd'hui, cette conviction est devenue le moteur d'un mouvement mondial. » The Seventh-day Adventist Bible Commentary, vol. 4, p. 879.

Pensez au grand avantage que nous avons aujourd'hui d'avoir ce regard rétrospectif sur l'histoire qui nous permet de constater que ces prophéties de Daniel se sont accomplies. En quoi cela devrait-il nous aider à croire en toutes les promesses de Dieu? 

Lisez Daniel 12.5-13. Comment se termine le livre? 

Il est intéressant de noter que cette scène finale a lieu aux bords du fleuve, le Tigre, où se situait la dernière vision majeure de Daniel (Dn 10.4). Cependant, le terme utilisé ici n'est pas le mot hébreu courant pour « fleuve, » mais le terme ye'or, qui désigne généralement le Nil. Cela nous rappelle l'Exode et montre que comme le Seigneur racheta Israël de l'Égypte, il rachètera son peuple à la fin des temps.

Trois chronologies prophétiques sont données. La première, un temps, des temps, et la moitié d'un temps répond à la question : Jusques à quand la fin de ces merveilles? (Dn 12.6, Darby). Les merveilles renvoient aux choses décrites dans la vision de Daniel 11, qui sont une explication de Daniel 7 et 8. Plus précisément, cette période a été mentionnée dans Daniel 7.25 et plus tard dans Apocalypse 11.3, Ap12.6, 4 et Ap 13.5. Elle correspond également aux 1260 années de la suprématie papale, qui s'étendit de l'an 533 à l'an 1798. Et Daniel 11.32-35 renvoie à la même persécution sans mentionner sa durée. 

Les deux autres périodes, 1290 et 1335 jours, répondent à une question: quelle sera l'issue de ces choses posée par Daniel en personne à l'homme vêtu de lin. Et les deux commencent avec la suppression du sacrifice constant et la mise en place de l'horreur dévastatrice. Dans la leçon sur Daniel 8, nous avons appris que le sacrifice offert chaque jour (PDV), ou sacrifice constant, renvoie à l'intercession constante de Christ, qui a été remplacée par un système d'adoration contrefait. Ainsi, cette période prophétique doit commencer en 508 de notre ère, quand Clovis, roi de France, s'est converti à la foi catholique. Cet événement important a préparé la voie à l'union entre église et état, qui a influencé tout le Moyen Âge. Les 1290 jours ont donc pris fin en 1798, quand le pape fut arrêté sous l'autorité de l'empereur Napoléon. Et les 1335 jours, la dernière période prophétique mentionnée dans Daniel, ont pris fin en 1843. C'était l'époque du mouvement millérite et d'une étude renouvelée des prophéties bibliques. C'était une époque d'attente et d'espérance en la venue imminente de Jésus.

Tout au long de Daniel, nous voyons deux choses: le peuple de Dieu persécuté, et le peuple de Dieu finalement réhabilité et sauvé. De quelle manière cette réalité peut-elle nous aider dans notre quête pour rester fidèle, quelles que soient nos difficultés immédiates ? 

«Les prophéties nous présentent une succession d'événements qui aboutissent à l'ouverture du jugement. C'est particulièrement le cas du livre de Daniel. Mais ce prophète reçut l'ordre de tenir 'secrètes, scellées, jusqu'au temps de la fin' les parties de sa prophétie relatives aux derniers jours. Ce n'est qu'à partir de cette époque qu'un message concernant le jugement pourra être proclamé, reposant sur l'accomplissement de ces prophéties. En effet, au temps de la fin, nous dit le prophète, 'une multitude alors cherchera, et la connaissance augmentera.' I'apôtre Paul avait averti l'Église de ne pas espérer l'avènement du Christ à son époque : `Il faut d'abord que vienne l'apostasie et que se révèle la personnification du mal.' Ce n'est qu'après cette grande apostasie et la longue période de domination du 'Sans-Loi' qu'on doit être attentif à cet avènement. Ce Sans-Loi' appelé aussi le mystère du mal,' `celui qui est voué à la perdition,' 'l'adversaire,' représente la papauté, qui, selon la prophétie, devait exercer sa suprématie pendant 1260 années. Cette période prit fin en 1798. Le retour du Christ ne pouvait pas avoir lieu avant cette date. Paul embrasse, par cet avertissement, la totalité de la dispensation chrétienne jusqu'à l'année 1798. C'est seulement après cette date que le message du second avènement du Christ devait être proclamé.» Ellen G. White, Le grand espoir, pp. 261, 262.

À MÉDITER : 

1- Quels dangers court-on à fixer des dates pour des événements encore à venir? Qu'arrive-t-il à la foi de beaucoup quand ces événements prédits n'arrivent finalement pas ? Quel principe prophétique crucial trouve-t-on dans les paroles de Christ dans Jean 14.29 qui devrait nous aider à comprendre comment employer la prophétie à notre avantage spirituel et éviter le piège qui consiste à faire ou à croire de fausses prédictions ? 

2- Quels sont les aspects du temps dans lequel nous vivons aujourd'hui, avec la communication instantanée, ainsi que de nombreuses avancées scientifiques incroyables, qui ne sont pas toujours pour notre bien, qui rendent l'idée d'un temps de détresse tel qu'il n'y en a [jamais] eu pas si difficile à imaginer ? 

3- Discutez de votre réponse aux dernières questions de lundi sur pourquoi l'évangile, la grande vérité de la justice de Christ, est notre seul espoir d'être trouvé inscrit dans le livre. Sans cela, quel espoir aurions-nous ?