Leçon 12 : Du nord et du sud au beau pays

Etude de la semaine: Dn 11; Dn 8.3-8, 20-22; Es 46.9; Dn 8.9,23; Mt 27.33-50.
Verset a memoriser: Quelques-uns parmi ceux qui auront du discernement trébucheront, afin qu'ils soient épurés , purifiés et blanchis, jusqu'au temps de la fin, car celle-ci est pour le temps fixé.(Dn 11.35.). 

SABBAT APRES-MIDI  

Tandis que nous entamons ce chapitre difficile, nous devons faire quelques remarques préalables. D'abord, Daniel 11 est un parallèle global avec les précédents aperçus prophétiques dans Daniel. Comme dans les chapitres 2, 7, 8, et 9, le message prophétique s'étend de l'époque du prophète jusqu'à la fin des temps. Deuxièmement, une succession de puissances mondiales émerge, puissances qui oppriment souvent le peuple de Dieu. Troisièmement, chaque aperçu prophétique aboutit à une fin heureuse. Dans Daniel 2, la pierre pulvérise la statue. Dans Daniel 7, le Fils de l'homme reçoit le royaume, et dans Daniel 8 et 9, le sanctuaire céleste est purifié grâce à l'oeuvre du Messie. Le chapitre 11 suit trois points fondamentaux. D'abord, il commence avec les rois perses et discute de leurs destins et du temps de la fin, quand le roi du nord attaque la montagne sacrée de Dieu.

Deuxièmement, nous avons une description de la succession de batailles entre le roi du nord et celui du sud et de la manière dont elles affectent le peuple de Dieu. Troisièmement, le dénouement est heureux, alors que le roi du nord connais sa perte avec la glorieuse et sainte montagne (Dn 11.45, Segond 21). Une conclusion aussi positive indique la fin du mal et l'établissement du royaume éternel de Dieu. 

 *Etudiez la lecon de cette semaine pour le sabbat 21 mars. 

 

14-20 MARS 

DU NORD ET DU SUD AU BEAU PAYS 

Etude de la semaine: Dn 11; Dn 8.3-8, 20-22; Es 46.9; Dn 8.9,23; Mt 27.33-50. Verset a memoriser: 

Quelques-uns parmi ceux qui auront du discernement tribucheront, afin qu'ils soient epures, purifies et blanchis, jusqu'au temps de la fin, car celle-ci est pour le temps fire (Dn 11.35.). 

 

Lisez Daniel 11.1-4. Que voyons-nous ici qui nous rappelle certaines prophéties que nous avons vues précédemment dans Daniel? Bonsoir 

Gabriel dit à Daniel que trois rois sortiront de Perse. Ils seront suivis du quatrième roi, qui sera le plus riche de tous et provoquera les Grecs. Après Cyrus, trois rois exercent successivement le pouvoir sur la Perse: Cambyse (530-522 avant J.-C.), Smerdis (522 avant Jésus-Christ), et Darius 1" (522-486 avant Jésus-Christ). Le quatrième roi est Xerxès, mentionné dans le livre d'Esther sous le nom d'Assuérus. Il est très riche (Est 1.1-7) et mobilise une vaste armée pour envahir la Grèce, comme l'avait prédit la prophétie. Mais malgré sa puissance, il est repoussé par de vaillants soldats grecs en petit nombre. Il n'est pas difficile de reconnaitre Alexandre le Grand dans le roi puissant qui se dresse dans Daniel 11.3, et qui devient le chef absolu du monde antique. À l'âge de 32 ans, il meurt sans laisser de descendant pour régner sur l'empire. Alors le royaume est divisé entre ses quatre généraux: Séleucos pour la Syrie et la Mésopotamie, Ptolémée pour l'Égypte, Lysimaque pour Thrace et des régions de l'Asie mineure, et Cassandre pour la Macédoine et la Grèce.

Comparez Daniel 11.2-4 et Daniel 8.3-8, 20-22. En quoi ces textes pris ensemble contribuent-ils à identifier Alexandre comme étant la puissance décrite ici? 

Que peut-on apprendre de cet assortiment de noms, de dates, de lieux, et d'événements historiques ? D'abord, nous apprenons que la prophétie s'accomplit telle qu'elle était prédite par le messager divin. La Parole de Dieu ne se trompe jamais. Deuxièmement, Dieu est le Seigneur de l'histoire. Nous pouvons parfois avoir le sentiment que la succession de puissances politiques, de chefs, et de royaumes est propulsée par l'ambition des empereurs, des dictateurs, et des politiciens de tous bords. Mais la Bible révèle que Dieu est au contrôle et qu'il tournera le gouvernail de l'histoire selon son dessein divin, qui conduira en fin de compte à l'éradication du mal et à l'instauration du royaume éternel de Dieu. 

Lisez Daniel 11.4-13. Qu'est-ce qui se déroule ici? 

À la mort d'Alexandre le Grand, le vaste empire grec fut divisé entre ses quatre généraux. Deux d'entre eux, Séleucos en Syrie (nord) et Ptolémée en Égypte (sud), parvinrent à établir des dynasties qui se combattraient pour contrôler la terre.

La plupart de ceux qui étudient la Bible comprennent les guerres entre le roi du nord et le roi du sud prophétisées dans Daniel 11.5-14 comme une référence aux nombreuses batailles impliquant ces deux dynasties. Selon la prophétie, une tentative serait faite pour unir ces deux dynasties par mariage, mais cette alliance serait de courte durée (Dn 11.6). Les sources historiques nous informent qu'Antiochos II "Méos (261-246 avant Jésus-Christ), petit-fils de Séleucos 1", épousa Bérénice, une fille du roi égyptien, Ptolémée II Philadelphe. Mais l'accord ne dura pas, et le conflit qui impliquait directement le peuple de Dieu reprit bientôt. Ainsi, Daniel 11 traite d'événements importants qui affecteront la vie du peuple de Dieu pendant les siècles suivant la disparition du prophète Daniel.

À nouveau, nous pouvons nous demander pourquoi le Seigneur révèle à l'avance tous ces détails sur des guerres impliquant des royaumes qui s'affrontent pour remporter la suprématie dans cette partie du monde. La raison en est simple: ces guerres affectent le peuple de Dieu. Ainsi le Seigneur annonce à l'avance les nombreuses difficultés que son peuple devra affronter dans les années à venir. En outre, Dieu est le Seigneur de l'histoire, et alors que nous comparons le récit prophétique aux événements historiques, nous voyons à nouveau que la parole prophétique s'accomplit comme prédit. Le Dieu qui prédit les vicissitudes de ces royaumes hellénistes qui s'affrontent est le Dieu qui connait l'avenir. Il est digne de notre confiance et de notre foi. C'est un grand Dieu, pas une idole conçue par l'imagination humaine. Non seulement il dirige le cours des événements historiques, mais il peut aussi diriger nos vies si nous le laissons faire.

Lisez Ésaïe 46.9,10. Dans ces deux versets, quelle proportion de théologie chrétienne fondamentale trouvons-nous, et quelle grande espérance peut-on en retirer ? Pensez à combien le verset 10 serait effrayant si Dieu n'était pas aimant et bienveillant, mais vindicatif et méchant. 

Lisez Daniel 11.16-28. Bien que le texte soit difficile, quelles images retrouve-t-on ailleurs dans Daniel? 

Il semble qu'une transition de pouvoirs entre les rois hellénistes et la Rome païenne soit décrite dans Daniel 11.16: Et celui qui sera venu contre lui fera ce qu'il voudra, et il n'y aura personne qui lui résiste; et il s'arrêtera dans le pays de gloire, ayant la destruction dans sa main (Osterval 4. Le pays de gloire, c'est Jérusalem, une région où Israël avait autrefois existé, et la nouvelle puissance qui prend le contrôle de la région est la Rome païenne. Le même événement est également représenté dans l'expansion horizontale de la petite corne, qui atteint le pays de gloire (Dn 8.9). Ainsi, il semble clair que la puissance aux commandes du monde à ce stade est la Rome païenne.

Des indications supplémentaires dans le texte biblique renforcent cette perception. Par exemple, «l'exacteur» (Darby) doit renvoyer à César Auguste. C'est au cours de son règne que Jésus est né, quand Marie et Joseph voyagent jusqu'à Bethléem pour le recensement (Dn 11.20). En outre, d'après la prophétie, ce chef sera remplacé par un homme méprisable (Dn 11.21). Comme l'histoire le montre, c'est Tibère, l'un des fils adoptifs d'Auguste, qui lui succéda. Tibère est connu pour avoir été une personne méprisable et excentrique.

Par-dessus tout, d'après le texte biblique, c'est durant le règne de Tibère que le prince de l'alliance serait brisé (Dn 11.22, Darby). C'est une référence claire à la crucifixion de Christ, également appelé Messie,  prince (Dn 9.25, Darby; voir également Mt 27.33-50), car il est mis à mort pendant le règne de Tibère. La référence à Jésus ici en tant que prince de l'alliance est un marqueur puissant qui contribue à nous montrer le déroulement des événements historiques, en donnant à nouveau aux lecteurs des preuves fortes de l'étonnante prescience de Dieu. Dieu avait raison sur tout ce qui est arrivé dans ces prophéties, alors nous pouvons lui faire confiance sur ce qu'il dit à propos de l'avenir.

Même dans tous les événements politiques et historiques, Jésus de Nazareth, le prince de l'alliance, est révélé dans les textes. En quoi cela contribue-t-il à nous montrer que malgré les bouleversements et les intrigues politiques, Jésus demeure central dans l'Écriture? 

Lisez Daniel 11.29-39. Quelle est cette puissance qui se dresse après la Rome païenne ? 

Daniel 11.29-39 fait référence à une nouvelle puissance. Bien que ce système soit dans la continuité de l'Empire romain païen et ait hérité de certaines des caractéristiques de ses prédécesseurs, il semble en même temps différent sur certains plans. Le texte biblique dit que les choses ne se passeront pas comme la première fois (Dn 11.29). En allant plus loin, nous découvrons qu'il agit comme un pouvoir religieux. Il vise à attaquer principalement Dieu et son peuple. Examinons quelques actions perpétrées par ce roi.

D'abord, furieux, il agira contre l'alliance sainte (Dn 11.30, Colombe). Cela doit renvoyer à l'alliance de salut de Dieu, à laquelle ce roi s'oppose.

Deuxièmement, ce roi produira des forces qui profizneront le sanctuaire et supprimeront le sacrifice constant (Dn 11.31). Nous avons relevé dans Daniel 8 que la petite corne se débarrassera de la fondation du sanctuaire de Dieu et enlèvera le sacrifice constant (Dn 8.11). On doit comprendre ces expressions comme une attaque spirituelle contre le ministère de Christ dans le sanctuaire céleste.

Troisièmement, en conséquence de son attaque contre le sanctuaire, cette puissance place l'horreur dévastatrice dans le temple de Dieu. L'expression parallèle transgression dévastatrice renvoie aux actes d'apostasie et de rébellion perpétrés par la petite corne (Dn 8.13).

Quatrièmement, cette puissance persécute le peuple de Dieu : quelques-uns parmi ceux qui auront du discernement trébucheront, afin qu'ils soient épurés, purés et blanchis, jusqu'au temps de la fin (Dn 11.35). Cela nous rappelle la petite corne, qui a opprimé une partie de l'armée et des étoiles, et les a piétinées (Dn 8.1; comparez avec Dn 7.25). Cinquièmement, ce roi s'exaltera, et s'élèvera contre tout dieu, et proférera des choses impies contre le Dieu des dieux (Dn 11.36, Darby). Sans surprise, la petite corne prononce également des paroles pleines d'orgueil (Dn 7.8, Parole de Vie), même contre Dieu (Dn 7.25).

On pourrait mentionner d'autres similitudes mais, considérant ce que nous lisons dans Daniel 7 et 8, qui est cette puissance? Et pourquoi est-il si important pour nous, malgré les pressions sociales, de rester fermes dans notre interprétation de son identité? 

Lisez Daniel 11.40-45. Que se passe-t-il ici? 

Les expressions suivantes nous aident à comprendre ce texte :

Le temps de la fin: L'expression «temps de la fin» n'apparait que dans Daniel (Dn 8.17; Dn 11.35,40; Dn 12.4,9). Un examen des prophéties de Daniel indique que le temps de la fin s'étend de la chute de la papauté en 1798 jusqu'à la résurrection des morts (Dn 12.2).

Le roi du nord: Ce nom désigne d'abord géographiquement la dynastie séleucide, mais renvoie ensuite à la Rome païenne et finalement papale. De ce fait, il ne désigne pas un lieu géographique, mais l'ennemi spirituel du peuple de Dieu. De plus, nous devons également relever que le roi du nord représente une contrefaçon du vrai Dieu, qui dans la Bible est symboliquement associé au nord (Es 14.13).

Le roi du sud: Ce nom désigne d'abord la dynastie ptolémaïque en Égypte, au sud de la Terre Sainte. Mais à mesure que la prophétie se déroule, il acquiert une dimension théologique, et est associé par certains spécialistes à l'athéisme. Comme le dit Ellen G. White, dans un commentaire sur la référence à l'Égypte dans Apocalypse 11.8: «C'est de l'athéisme.» Le grand espoir, p. 197.

La glorieuse et sainte montagne (Segond 21): À l'époque de l'Ancien Testament, cette expression renvoyait à Sion, la capitale et le coeur d'Israël, située géographiquement en Terre Promise. Après la Croix, le peuple de Dieu n'est plus défini en des termes ethniques et géographiques. Par conséquent, la montagne sacrée doit être une appellation symbolique du peuple de Dieu éparpillé dans le monde entier. Ainsi donc, nous pouvons peut-être interpréter les événements comme suit :

1. Le roi du sud attaque le roi du nord :La Révolution française a tenté d'éradiquer la religion et de vaincre la papauté mais a échoué.

2. Le roi du nord attaque et bat le roi du sud: les forces religieuses conduites par la papauté et ses alliés finissent pas vaincre les forces de l'athéisme et forment une coalition avec l'ennemi vaincu.

3. Edom, Moab et les gens importants d'Ammon s'échappent : certains de ceux qui ne font pas partie du peuple fidèle de Dieu se joindront à l'église à la dernière minute.

4. Le roi du nord se prépare à attaquer la montagne sacrée mais les forces du mal sont détruites, et le royaume de Dieu est établi. "Comment tirer du réconfort du fait de savoir qu'à la fin, Dieu et son peuple seront victorieux? 

Il est intéressant qu'en tous cas en référence à Daniel 11.29-39, Martin Luther ait identifié l'horreur dévastatrice dans Daniel 11.31 à la papauté et à ses doctrines et pratiques. Ainsi, la corrélation entre Daniel 11 et Daniel 7 et 8 renforce la vision de Luther et bien d'autres commentateurs protestants selon laquelle l'institution de la papauté et ses enseignements constituent l'accomplissement de ces prophéties dans l'histoire. Ellen G. White déclare là-dessus : «Aucune Église située à l'intérieur des limites de la juridiction de Rome ne put continuer longtemps à jouir de la liberté de conscience. Dès que la papauté eut obtenu le pouvoir, elle s'empressa d'écraser tous ceux qui refusaient de reconnaitre sa domination; et, l'une après l'autre, les Églises se soumirent à elle. » Le grand espoir, p. 55.

À MÉDITER  

1- Comment avoir de la considération pour les convictions d'autrui sans pour autant compromettre ce que la Bible enseigne concernant le rôle de Rome dans les derniers jours? 

2- On lit dans Daniel 11.33: Ceux qui, parmi le peuple, auront du discernement communiqueront l'intelligence à la multitude. Il en est qui trébucheront pour un temps à cause de l'épée, des flammes, de la captivité et du pillage. Que dit ce texte sur le sort de certaines personnes parmi le peuple fidèle de Dieu? Que dit également ce passage sur ce que font certains de ces fidèles avant d'être martyrs ? Quel message y a-t-il pour nous aujourd'hui? 

3- On lit dans Daniel 11.36: Le roi fera ce qu'il voudra; il s'élèvera, il se glorifiera au-dessus de tous les dieux et il dira des choses inouïes contre le Dieu des dieux; il réussira jusqu'à ce que la fureur arrive à son terme, car ce qui est décidé se fera. Qu'est-ce que cela vous rappelle? (Voir Es 14.12-17; voir également 2Th 2.1-4). 

4- Daniel 11.27,29, et 35 emploient l'expression au lammo'ed, "au temps fixé". À nouveau, qu'est-ce que cela nous indique sur le contrôle qu'a Dieu sur l'histoire?