Leçon 6 : De l'arrogance à la destruction

Lecture de la semaine: Daniel 5, Apo. 17:4–6, Ps. 96:5, Col.1:15–17, Rom. 1:16–32, Eccl. 8:11, Apo. 14:8.

Verset à mémoriser: « Et c’est Lui qui change  les temps et  les saisons, qui dépose les rois et établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la connaissance à ceux qui connaissent l’intelligence » (Dan 2:21 DRB).

Dans Daniel 5, la Parole de Dieu nous donne un exemple fort d'un orgueil démesuré qui se termine de manière dramatique. On pourrait dire qu'il a fallu du temps à Nabuchodonosor pour retenir la leçon, mais au moins, il l'a retenue. En revanche, ce ne fut pas le cas de son petit-fils, Belshatsar. En se servant des vases du temple lors d'une orgie dans son palais, Belshatsar les profane. Une telle profanation équivaut non seulement à un défi lancé à Dieu mais à une attaque envers Dieu lui-même. Ainsi, Belshatsar remplit la coupe de ses iniquités, agissant de manière similaire à la petite corne (voir Daniel 8), qui attaquait les fondations du sanctuaire de Dieu. En retirant la domination à Belshatsar, Dieu préfigure ce qu'il accomplira avec les ennemis de son peuple dans les tout derniers jours. Les événements racontés dans Daniel 5 se sont produits en 539 avant J.-C., la nuit où Babylone est tombée face à l'armée médo-persane. C'est là qu'intervient la transition entre l'or et l'argent, prédite dans Daniel 2. Une fois de plus, il devient évident que Dieu règne sur les affaires du monde.

Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 8 février.

 

Lisez Daniel 5.1-4 et Daniel 1.1,2. Que fait Belshatsar de si répréhensible? En quoi cela révèle-t-il son véritable caractère? Comparez ses agissements avec Apocalypse 17.4-6. Quels parallèles pouvez-vous trouver? 

Le roi ordonne que les ustensiles sacrés du temple de Jérusalem soient utilisés comme verres à boire. Nabuchodonosor avait saisi les coupes du temple de Jérusalem, mais il les avait placées dans la maison de son dieu, ce qui montre qu'au moins, il respectait leur nature sacrée. Mais Belshatsar en fait de simples verres, de la manière la plus profane qui soit.

Tout en buvant dans ces récipients sacrés, les dignitaires de l'entourage de Belshatsar louèrent les dieux d'or, d'argent, de bronze, de fer, de bois et de pierre (Dn 5.4). Il vaut la peine de faire remarquer qu'il est fait mention de six matériaux. Les Babyloniens utilisaient le système sexagésimal (un système utilisant la base 60) contrairement au système décimal employé aujourd'hui (basé sur le chiffre 10). Ainsi, les six catégories de dieux représentent la totalité des divinités babyloniennes et, par conséquent, la plénitude du système religieux babylonien. Chose intéressante, l'ordre des matériaux suit l'ordre des composants de la statue du rêve de Nabuchodonosor, mis à part le bois qui remplace l'argile. Comme dans le rêve, la pierre apparait en dernier. Bien qu'elle désigne la composition matérielle des idoles, la pierre évoque également le jugement de Dieu sur les empires terrestres (voir Dn 2.44,45), que symbolise Babylone.

Ce festin représente de manière appropriée la Babylone de la fin des temps, telle qu'elle est décrite dans le livre de l'Apocalypse. Comme Belshatsar, la femme de la Babylone eschatologique tient une coupe d'or dans sa main et offre une boisson corrompue aux nations. En d'autres termes, par l'intermédiaire de fausses doctrines et d'un système d'adoration perverti, la Babylone moderne attire le monde dans le mal (Ap 17.4-6), inconscient du jugement qui va bientôt s'abattre sur lui.

De quelles manières notre société et notre culture profanent-elles la vérité de la Parole de Dieu? Comment faire attention à ne pas participer à cette profanation, même de manière subtile? Venez ce sabbat avec votre réponse. 

 

Lisez Daniel 5.5-8. Que se passe-t-il ici, et pourquoi le roi réagit-il de cette manière? Quel est le parallèle entre ce passage et le récit de Daniel 2, et pourquoi ce parallèle est-il important? (Voir Ps 96.5, Col 1.15-17.

Tout comme Nabuchodonosor l'avait fait lors de précédentes crises (Dn 2.2, Dn 4.7), Belshatsar fait venir les astrologues, les chaldéens, et les devins pour déchiffrer la mystérieuse inscription. Et pour s'assurer qu'ils fassent de leur mieux, le roi leur promet des honneurs extravagants : (1) un vêtement de pourpre rouge, couleur portée par les rois de l'époque (Est 8.15) ; (2) un collier d'or, qui était le signe d'un statut social élevé (Gn 41.42), et (3) la troisième place dans le gouvernement du royaume. Cette dernière récompense reflète de manière précise la situation historique de Babylone à cette époque. Belshatsar était à la deuxième place dans le royaume, en tant que corégent avec son père, Nabonide, alors il offre la troisième place. Mais malgré les récompenses alléchantes, les sages, à nouveau, ne parviennent pas à donner d'explication.

En plus de tous ses péchés, le roi tente alors de trouver de la sagesse au mauvais endroit. Les experts babyloniens ne peuvent découvrir le sens du message. Il est écrit dans leur langue, l'araméen, comme nous le verrons demain, mais ils ne peuvent trouver la signification de ces mots. Cela peut nous rappeler ce que le Seigneur a dit par l'intermédiaire d'Ésaïe : la sagesse des sages s'y perdra, et l'intelligence des intelligents ira se cacher (Es 29.14). Après avoir cité ce verset, l'apôtre Paul déclare: Où est le sage? Où est le scribe? Où est le débatteur de ce monde? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n'a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie de la proclamation qu'il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient (1 Co 1.20,21).

Certaines vérités sont trop importantes pour que les humains soient livrés à eux-mêmes afin de les comprendre. Voilà pourquoi c'est Dieu, qui, à la place, nous révèle ces vérités. 

Réfléchissez à ces récompenses, et étant donné ce qui allait survenir, à leur absence totale de valeur. Qu'est-ce que cela nous indique sur la fugacité des choses du monde, et pourquoi nous devons toujours garder la perspective de l'éternité à l'esprit dans tout ce que nous faisons ? 

 

Lisez Daniel 5.29-31 et Apocalypse 14.8, Apocalypse 16.19, et Apocalypse 18.2. Que peut-on apprendre de la chute de la Babylone de Belshatsar qui renvoie à la chute de la Babylone eschatologique ?

Quelles que soient ses fautes, Belshatsar est un homme de parole. Alors, malgré la mauvaise nouvelle, il est satisfait de l'interprétation donnée par Daniel, et c'est pourquoi il accorde au prophète les cadeaux promis. Il semble qu'en admettant la vérité du message de Daniel, le roi reconnait implicitement la réalité du Dieu de Daniel. Chose intéressante, Daniel accepte alors les cadeaux qu'il avait initialement refusés, probablement parce qu'ils ne peuvent plus influencer son interprétation. De plus, à ce stade, ces cadeaux sont sans valeur puisque l'empire est sur le point de s'effondrer. Ainsi, probablement par politesse, le prophète accepte les récompenses, sachant qu'il n'occupera la troisième place dans le royaume que pour quelques heures.

Babylone tombe, exactement comme l'a annoncé le prophète. Et rapidement, encore. Tandis que le roi et ses courtisans sont en train de s'enivrer, la ville tombe sans même une bataille. D'après l'historien Hérodote, les Perses creusèrent un canal pour détourner le cours de l'Euphrate et marchèrent sur la ville par le lit de la rivière. Cette même nuit, Belshatsar est tué. Son père, le roi Nabonide, a déjà quitté la ville, et se soumettra plus tard aux nouveaux chefs. Ainsi, le plus grand empire que l'humanité avait jamais connu jusque là arrive à son terme. Babylone, la tête d'or, n'est plus.

« Belshatsar avait eu de nombreuses occasions de connaitre et de faire la volonté de Dieu. Il avait vu son grand-père Nebucadnetsar banni de la compagnie des hommes. Il avait vu l'intelligence dont se glorifiait l'orgueilleux monarque confisquée par celui qui la lui avait donnée. Il avait vu le roi chassé de son royaume, et devenir un compagnon des bêtes des champs. Mais l'amour des plaisirs et l'auto-exaltation de Belshatsar effacèrent les leçons qu'il aurait dû ne jamais oublier. Et il commit des péchés similaires à ceux qui amenèrent des jugements remarquables sur Nebucadnetsar. Il gaspilla les occasions qui lui étaient gracieusement accordées, et négligea de se servir des occasions à portée de sa main pour se familiariser avec la vérité. » Ellen G. White, Bible Echo, 25 avril 1898.

Quelles occasions avons-nous de nous «familiariser avec la vérité»? Qu'est-ce que cela signifie? À quel moment peut-on dire que nous sommes familiers de toute la vérité que nous avons besoin de connaitre?

 

Les grands banquets étaient monnaie courante dans les cours du monde ancien. Les rois adoraient donner des fêtes extravagantes et luxueuses pour faire étalage de leur grandeur et leur assurance. Nous ne connaissons pas tous les détails de ce festin en particulier, mais nous savons en revanche qu'il eut lieu quand l'armée médo-persane était sur le point d'attaquer Babylone. Pourtant, humainement parlant, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Babylone avait des murs fortifiés, des vivres pour de nombreuses années, et de l'eau en abondance, car l'Euphrate coulait au coeur de la ville. Alors le roi Belshatsar ne voit pas où le problème d'organiser une petite fête pendant que l'ennemi encercle la ville. Et il ordonne une célébration historique, qui dégénère bientôt en orgie. Quel témoignage puissant de l'orgueil démesuré de l'humanité, notamment comparé à la puissance du Seigneur. Par l'intermédiaire de Daniel, Dieu dit au roi que malgré les occasions qu'il a eues de connaitre la vérité, il n'a pas glorifié le Dieu qui a dans sa main ton souffle et toutes tes voies (Dn 5.23).

«L'histoire des nations nous sert aujourd'hui d'enseignement. Dans son vaste plan, Dieu a assigné une place à chaque peuple, à chaque individu. De nos jours, hommes et nations seront mis à l'épreuve et jaugés avec la mesure placée dans la main de celui qui ne saurait se tromper. Hommes et nations décident de leur sort d'après leur propre choix, et Dieu dirige tout pour l'accomplissement de ses desseins. » Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 408.

À MÉDITER :

1- En classe, discutez de la réponse à la question de dimanche sur les différentes manières dont la société et la culture profanent la vérité de Dieu. De quelles manières exactement? En tant qu'église et en tant qu'individus, comment réagir à ces profanations ?

2-Que nous enseigne cette histoire sur combien le salut, ce n'est pas tellement ce que nous savons, mais plutôt la manière dont nous réagissons à ce que nous savoxis ? (Voir Dn 5.22).

3-Lisez Daniel 5.23. Quels principes spirituels importants se trouvent dans ce verset? Par exemple, en quoi le texte nous met-il en garde contre toute attitude de défi envers Dieu? Ou bien, que nous enseigne le texte sur Dieu, non seulement en tant que Créateur, mais également comme Soutien de notre existence?

4-Même sans savoir ce que signifiaient les mots, Belshatsar eut peur (Dn 5.6). Qu'est-ce que cela nous indique sur ce que signifie vivre avec une conscience coupable?

Lisez Daniel 5.9-12. Que dit la reine sur Daniel que le roi aurait déjà dû savoir? Que révèle le fait qu'il semble ignorer jusqu'à l'existence de Daniel? 

Alors que la salle du banquet est plongée dans la confusion à cause de ce mystérieux message sur le mur, la reine fait son entrée et donne la marche à suivre au roi. Elle lui rappelle l'existence de Daniel, dont la capacité à interpréter les rêves et à résoudre des mystères a été démontrée du temps de Nabuchodonosor. Si Belshatsar était aussi malin que son prédécesseur, il aurait su vers qui se tourner pour trouver la signification de cette inscription mystérieuse. rintervention de la reine se révèle nécessaire pour le roi, qui à ce stade, semble totalement dépassé par les événements. Ses paroles sonnent comme un reproche à Belshatsar qui a négligé la seule personne dans le royaume capable d'interpréter l'inscription mystérieuse. Et elle fait également un rappel oral du CV de Daniel à Belshatsar : le prophète a l'esprit des dieux saints, des lumières, de l'intelligence, et une sagesse divine. Il est capable de comprendre, d'interpréter les rêves, et de résoudre des énigmes. Il était chef des magiciens, des astrologues, des chaldéens, des devins à l'époque de Nabuchodonosor (Dn 5.11,12).

À ce stade, on se demande à nouveau pourquoi Belshatsar n'avait pas tenu compte de Daniel. Le texte ne donne pas de réponse directe à cette question, mais nous supposons qu'à cette époque, Daniel, après avoir servi le roi au moins jusqu'à la troisième année de son règne (Dn 8.1,27), n'est plus en fonction. Uâge de Daniel est peut-être un facteur. Il a probablement autour de 80 ans, et le roi voulait peut-être remplacer les dirigeants vieillissants par une génération plus jeune. Le roi a également pu décider de ne pas tenir compte de Daniel car il ne voulait pas s'engager envers le Dieu de Daniel. Mais quelle que soit la ou les raisons, il n'en demeure pas moins frappant que quelqu'un avec des références comme celles de Daniel ait pu être oublié aussi vite.

Lisez Romains 1.16-32. De quelles manières le principe exprimé dans ces textes se manifeste-t-il, non seulement dans cette histoire, mais dans le monde aujourd'hui? 

Lisez Daniel 5.13-28. Quelle raison Daniel donne-t-il à la chute imminente de ce roi? 

Contraint par les circonstances, le roi se résout à consulter Daniel, mais il semble le faire avec réticence. Cela en dit peut-être plus sur l'attitude du roi envers le Dieu de Daniel qu'envers Daniel lui-même.

En retour, la réponse de Daniel à l'offre de récompense du roi en dit long sur les priorités et le caractère de Daniel. Il y a également de fortes chances que Daniel, connaissant la signification des mots mystérieux, se rend compte que cette récompense est en réalité sans valeur.

Daniel mentionne alors trois chefs d'inculpation contre le roi. D'abord, Belshatsar n'a absolument pas tenu compte de l'expérience de Nabuchodonosor. Autrement, il se serait repenti et se serait humilié comme son prédécesseur.

Deuxièmement, Belshatsar s'est servi des coupes du temple pour boire du vin et louer ses idoles. Ici, Daniel mentionne les six types de matériaux employés pour fabriquer des idoles dans le même ordre que noté précédemment.

Troisièmement, le roi a négligé de glorifier Dieu, celui qui a dans sa main [s'on souffle et toutes [ses voies (Dn 5.23

Après avoir relevé les manquements du roi, Daniel passe à l'interprétation. Nous apprenons à présent que le graffiti divin est composé de trois verbes araméens (avec une répétition du premier). Leur sens fondamental aurait dû être connu du roi et de ses sages: MENÉ: « compté » ; TEQEL : « pesé »; et PERÈS : « divisé. »

Avec l'armée des Mèdes et des Perses aux portes de Babylone, le roi et les sages doivent suspecter un sens funeste à cette inscription, mais les sages n'osent pas dire quelque chose de désagréable au roi. Seul Daniel se révèle capable de décoder le message pour en faire une déclaration sensée afin de communiquer sa signification à Belshatsar : Mené: Dieu a fait le compte de ton règne et il y a mis fin. Teqel: tu as été pesé dans la balance et tu as été trouvé insuffisant. Perès: ton royaume sera divisé et donné aux Mèdes et aux Perses ).

Pas exactement ce que l'on pourrait appeler des paroles réconfortantes et joyeuses.

Le jugement ne tarde pas à s'abattre sur le roi. Comment apprendre à faire confiance à Dieu dans les cas où la justice et le jugement ne sont pas encore rendus? (Voir Ecc 3.17, Ecc 8.11, Mt 12.36, Rm 14.12).