Leçon 4 : De la fournaise au palais

Etude de la semaine : Daniel 3, Apo. 13:11-18, Exo. 20:3- 6, Deut. 6:4, 1 Cor. 15:12-26, Hébreux 11.  

Verset a mémoriser: « Voici, notre Dieu  que  nous  servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi » (Dan. 3:17 NEG). 

«Voilà comment ces jeunes, remplis du Saint-Esprit, déclarent devant la nation entière leur foi, que celui qu'ils adorent est le seul Dieu véritable et vivant. Cette démonstration de leur foi fut la présentation la plus éloquente de leurs principes. Pour impressionner les idolâtres avec la puissance et la grandeur du Dieu vivant, ses serviteurs doivent révéler leur propre révérence pour Dieu. Ils doivent montrer qu'il est le seul objet de leur honneur et de leur adoration, et qu'aucune considération, pas même l'enjeu de leur vie, ne peut les pousser à faire la moindre concession à l'idolâtrie. Ces leçons ont une portée directe et vitale pour notre expérience en ces derniers jours. » Ellen G. White, In Heavenly Places, p.149.
Tandis que les menaces de mort à cause de la question de l'adoration peuvent sembler une chose révolue à une époque préscientifique et de superstition, les Écritures révèlent qu'à la fin des temps, quand le monde aura grandement « avancé, » quelque chose de similaire se déroulera, mais à un niveau mondial. Ainsi, à partir de l'étude de cette histoire, nous avons des informations sur les questions qui, d'après la Bible, concerneront les fidèles de Dieu. 

* Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 25 janvier. 

Lisez Daniel 3.1-7. Qu'est-ce qui, vraisemblablement, pousse le roi à faire cette statue? 

Il s'est passé quelque temps entre le rêve et la construction de la statue. Néanmoins, il semble que le roi ne peut plus oublier le rêve et le fait que Babylone soit vouée à être remplacée par d'autres puissances. Insatisfait d'être seulement la tête d'or, le roi veut être représenté par une statue d'or afin de montrer à ses sujets que son royaume durera tout au long de l'histoire.

Cette attitude d'orgueil rappelle les bâtisseurs de la Tour de Babel qui, dans leur arrogance, tentèrent de défier Dieu en personne. Nabuchodonosor n'est pas moins arrogant ici. Il a accompli beaucoup comme chef de Babylone, et il ne peut supporter l'idée que son royaume finira par être détruit. Ainsi, dans un effort d'auto-exaltation, il fait ériger une statue pour rappeler sa puissance et ainsi évaluer la loyauté de ses sujets. Nous ignorons si l'image était censée représenter le roi ou bien une divinité, mais nous ne devons pas oublier que dans l'Antiquité, les frontières entre politique et religion étaient souvent floues, voire inexistantes.

Nous ne devons pas oublier non plus que Nabuchodonosor avait eu deux occasions de connaitre le vrai Dieu. D'abord, il met les jeunes Hébreux à l'épreuve et les trouve dix fois plus sages que les autres sages de Babylone. Puis, après l'échec de tous les autres experts à lui rappeler son rêve, Daniel lui rapporte ses pensées, le rêve, et son interprétation. Finalement, le roi reconnait la supériorité du Dieu de Daniel. Mais étonnamment, ces leçons de théologie passées n'empêchent pas Nabuchodonosor de revenir à l'idolâtrie. Pourquoi? Eorgueil, vraisemblablement. Les humains, êtres pécheurs, refusent d'admettre que leurs réussites matérielles et intellectuelles ne sont que vanité et vouées à disparaitre. Nous agissons parfois comme des «petits Nabuchodonosor» en faisant trop attention à nos réussites et en oubliant combien elles peuvent être insignifiantes au regard de l'éternité. .

Comment apprendre à ne pas tomber dans le même piège que Nabuchodonosor, même de manière subtile? 

Lisez Daniel 3.8-15 et Apocalypse 13.11-18. Quels parallèles y a-t-il entre ce qui arrive à l'époque de Daniel et ce qui arrivera plus tard? 

La statue d'or debout sur la plaine de Doura, dont le nom signifie en akkadien «place entourée de murs» donne l'impression d'un vaste sanctuaire. Comme si cela ne suffisait pas, la fournaise toute proche peut faire penser à un autel. La musique babylonienne doit faire partie de la liturgie. Sept types d'instruments de musique sont énumérés, comme pour communiquer l'exhaustivité et l'efficacité du protocole d'adoration.

Aujourd'hui, nous sommes assaillis de toutes parts d'appels à adopter de nouveaux modes de vie, de nouvelles idéologies, et à abandonner notre engagement envers l'autorité de Dieu telle qu'elle est exprimée dans sa Parole, et à prêter allégeance aux successeurs contemporains de l'empire babylonien. L'attrait du monde semble parfois écrasant, mais nous devons nous souvenir que notre loyauté suprême appartient au Dieu Créateur.

D'après le calendrier prophétique, nous vivons dans les derniers jours de l'histoire de la terre. Apocalypse 13 annonce que les habitants de la terre seront appelés à adorer l'image de la bête. Cette entité fera que qu'on impose à tous, petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, une marque sur la main droite ou sur le front (Ap 13.16).

Six catégories de personnes sont mentionnées comme faisant allégeance à l'image de la bête : petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves. Le chiffre de la bête, qui est 666, met également l'accent sur le 6. Cela montre que la statue dressée par Nabuchodonosor n'est qu'une illustration de ce que fera la Babylone eschatologique dans les derniers jours (voir Dn 3.1 pour les images de six et soixante). Par conséquent, nous ferions bien de faire attention à ce qui apparaît dans ce récit et à la manière dont Dieu dirige les affaires du monde avec souveraineté. L'adoration, ce n'est pas juste se prosterner devant quelque chose ou quelqu'un, et faire allégeance publiquement.

De quelles manières, beaucoup plus subtiles, pouvons-nous nous retrouver à adorer quelque chose d'autre que notre Seigneur ? 

Pour les trois Hébreux, l'adoration de la statue imposée par le roi est une contrefaçon flagrante de l'adoration du temple à Jérusalem, qu'ils ont connue dans leur enfance. Bien qu'ils aient des postes dans l'empire et soient loyaux envers le roi, leur loyauté envers Dieu établit une limite à leur loyauté humaine. Ils sont assurément disposés à servir le roi en tant qu'administrateurs fidèles. Mais ils ne peuvent pas se joindre à la cérémonie. 

Lisez Exode 20.3-6 et Deutéronome 6.4. Que communiquent ces textes qui a certainement influencé la position prise pax ces hommes? 

Suivant les instructions données par le roi, tout le monde, au son des instruments, se prosterne et adore la statue d'or. Seuls les trois, Shadrak, Méshak et Abed-Nego, osent désobéir au roi. Immédiatement, plusieurs Babyloniens attirent l'attention du roi là-dessus. Les accusateurs cherchent à provoquer la colère du roi en disant: (1) que c'est le roi en personne qui a placé ces trois jeunes hommes en charge de la province de Babylone; (2) que les hommes juifs ne servent pas les dieux du roi; et (3) qu'ils n'adorent pas la statue d'or que le roi a érigée (Dn 3.12). Mais malgré cette rage contre eux, le roi leur offre une seconde chance. Le roi est disposé à réitérer le déroulement de la cérémonie pour que ces hommes puissent se rétracter et adorer la statue. S'ils refusent, ils seront jetés dans la fournaise. Et Nabuchodonosor termine son appel par une affirmation des plus arrogantes: Et quel est k dieu qui vous délivrera de ma main? (Dn 3.15).

Dotés d'un courage surnaturel, ils répondent au roi: Si notre Dieu que nous servons peut nous délivrer, il nous délivrera de la fournaise ardente et de ta main, ô roi. Sinon, sache quand même, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux et que nous n'adorerons pas la statue d'or que tu as dressée (Dn 3.17,18).

Ils savent que leur Dieu peut les délivrer, mais ils n'ont aucune garantie qu'il le fera. Néanmoins, ils refusent d'obéir à l'ordre du roi, même en sachant qu'ils peuvent être brûlés vifs. Où obtient-on ce genre de foi? 

 

 

Lisez Daniel 3.19-27. Que se passe-t-il? Qui est l'autre personne dans le feu? 

Après avoir jeté les Hébreux fidèles dans le feu, Nabuchodonosor est perplexe car il perçoit la présence d'une quatrième personne dans la fournaise. Dans sa connaissance limitée, le roi identifie tout de même la quatrième silhouette comme un fils de Dieu (Dn 3.25, Darby).

Le roi ne peut en dire beaucoup plus, mais nous, nous savons qui est cette quatrième personne. Il apparait à Abraham avant la destruction de Sodome et Gomorrhe, lutte avec Jacob près du gué du Yabboq, et se révèle à Moïse dans un buisson en feu. C'est Jésus-Christ dans une forme antérieure à l'incarnation, venant montrer que Dieu se tient aux côtés des siens dans leurs difficultés. 

Ellen White déclare: «Mais Dieu n'abandonna pas ses enfants. Lorsque ces jeunes gens furent jetés dans la fournaise, le Sauveur se révéla à eux en personne, et ensemble ils marchèrent au milieu du feu. En présence du Seigneur, auteur de la chaleur et du froid, les flammes avaient perdu leur pouvoir consumant.» Prophètes et rois, p. 387.

Comme Dieu le dit dans Ésaïe, Si tu traverses les eaux, je serai avec toi; si tu passes les fleuves, ils ne t'emporteront pas ; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et les flammes ne te dévoreront pas (Es 43.2).

Nous aimons les histoires comme celles-ci, mais elles suscitent cependant des questions concernant ceux qui ne sont pas miraculeusement délivrés de la persécution qu'ils subissent à cause de leur foi. Ces hommes ont connu certainement l'expérience d'Ésaïe et de Zacharie, mis à mort par des rois impies. Tout au long de l'histoire sainte, et jusqu'à ce jour, de fidèles chrétiens ont enduré de terribles souffrances qui ont abouti pour eux, en tout cas ici-bas, non pas à une délivrance miraculeuse, mais à une mort pénible. Nous avons ici un cas où les fidèles reçoivent une délivrance miraculeuse, mais, comme nous le savons, ce genre de choses n'arrive pas souvent.

D'un autre côté, quelle est la délivrance miraculeuse que tous les fidèles du peuple de Dieu auront, quel que soit leur sort ici-bas? (voir 1 Co 15.12-26). 

 

 

Alors que nous réfléchissons à l'expérience de Shadrak, Méshak et Abed-Nego, nous pouvons nous poser la question suivante : Quelle est le secret d'une foi si grande? Comment ont-ils pu être disposés à mourir brûlés vifs plutôt que d'adorer la statue ? Pensez à tout ce qu'ils auraient pu trouver comme excuses pour se prosterner en soumission aux ordres du roi. Et pourtant, malgré la conscience qu'ils avaient qu'ils pouvaient mourir, comme tant d'autres, ils sont néanmoins restés fermes.

Lisez Hébreux 11. Que nous enseigne ce passage sur ce qu'est la foi? 

Pour développer une telle foi, nous devons comprendre ce qu'est la foi. Certaines personnes ont une perception quantitative de la foi. Ils évaluent leur foi suivant les réponses qu'ils semblent recevoir de Dieu. Elles vont au centre commercial et prient pour trouver une place de parking. S'il se trouve qu'une place est libre à leur arrivée, elles en concluent qu'elles ont une grande foi. Si tous les emplacements sont occupés, elles peuvent se dire que leur foi n'est pas assez grande pour que Dieu écoute leurs prières. Cette compréhension de la foi devient dangereuse, car cela revient à manipuler Dieu et elle ne tient pas compte de la souveraineté et de la sagesse de Dieu.

En effet, la foi véritable, telle qu'est est manifestée par les amis de Daniel, se mesure par la qualité de notre relation avec Dieu et l'absolue confiance en Dieu qui en résulte. La foi authentique ne cherche pas à faire plier la volonté de Dieu pour qu'elle se conforme à notre volonté. Il s'agit plutôt de soumettre notre volonté à la volonté de Dieu. Comme nous l'avons vu, les trois Hébreux ne savent pas exactement ce que Dieu a en réserve pour eux au moment où ils décident de défier le roi et de rester fidèles à Dieu. Ils décident de faire ce qui est juste malgré les conséquences. Voilà ce qui caractérise véritablement une foi mature. Nous manifestons une foi véritable quand nous prions le Seigneur pour ce que nous voulons, mais que nous lui faisons confiance qu'il sait ce qu'il y a de mieux pour nous, même si sur le moment, nous ne comprenons pas ce qui arrive et pourquoi.

Jour après jour, de quelles manières exerçons-nous notre foi, même dans les «petites choses» qui peuvent aider notre foi à grandir et à être prête pour les plus grands défis qui viendront au fil du temps ? Pourquoi, à bien des égards, ces épreuves sur les «petites choses» sont-elles les plus importantes? 

«Comme elles sont importantes ces leçons enseignées par les trois jeunes Hébreux dans la plaine de Dura! Aujourd'hui, bien qu'innocents, de nombreux serviteurs de Dieu auront encore à souffrir des humiliations et des outrages de.la part des hommes qui, sous l'inspiration de Satan, seront animés par l'envie et le fanatisme religieux. Leur colère se manifestera tout particulièrement contre les observateurs du quatrième commandement. Finalement, un décret universel les dénoncera comme passibles de mort.

Le temps de détresse, par lequel passera le peuple de Dieu, exigera une foi inébranlable. Il devra montrer que seul le Seigneur est l'objet de son adoration, et que nulle considération humaine, pas même sa propre vie, ne saurait l'amener à la moindre concession à un faux culte. Pour un coeur loyal, les ordres donnés par des hommes pécheurs, aux vues limitées, ne seront d'aucune importance en regard de la Parole de Dieu. Il faut suivre la vérité, qu'il en coûte l'emprisonnement, l'exil ou même la mort.» Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 390.

À MÉDITER 

1- Lisez 1 Pierre 1.3-9. Pourquoi Dieu secourt-il certaines personnes et pas d'autres dans la souffrance? Ou bien aurons-nous la réponse à de telles questions plus tard? Dans les cas où une délivrance miraculeuse n'a pas eu lieu, pourquoi devons-nous faire confiance à la bonté de Dieu malgré la déception? 

2- Si cet incident s'était terminé par la mort des Hébreux dans la fournaise, quelles leçons pourrions-nous tout de même en retirer ? 

3- D'après notre compréhension des événements des derniers jours, quel sera l'enjeu, le signe extérieur, qui montrera qui nous adorons? Qu'est-ce que cela devrait nous indiquer sur l'importance du sabbat? 

4- Lisez Luc 16.10. En quoi les paroles du Christ ici nous aident-elles à comprendre ce que signifie véritablement vivre par la foi ? 

5- Lisez à nouveau Daniel 3.15, quand Nabuchodonosor dit: quel est le dieu qui vous délivrera de ma main? Comment répondriez-vous à cette question?