Leçon 12 : Gérer les mauvaises décisions

Etude de la semaine : Ne 13.23-25 ; Dt 7.3,4 ; 2 Co 6.14 ; Esdras 9,10 ; 1 Co 7.10-17.
Verset à mémoriser : Et je dis : J'ai honte, mon Dieu, je suis confus de lever la face vers toi, mon Dieu : nos fautes se sont multipliées par-dessus nos rites, et nos fautes se sont levés jusqu'au ciel (Esdras 9.6.).

Esdras et Néhémie étaient devenus des chefs dans des communautés où les mariages mixtes avec des non-Israélites étaient à présent la norme. Cela les préoccupait beaucoup, car ils voulaient conduire la nation dans une relation étroite avec Dieu. Ils étaient conscients de l'influence négative que des non-croyants ou des idolâtres pouvaient avoir sur le peuple d'Israël, car ils en avaient vu les terribles conséquences dans l'histoire. Les religions cananéennes se répandirent dans tout Israël jusqu'à ce qu'on finisse par adorer Baal et Ashera sur toute colline élevée. De plus, l'influence que les épouses païennes avaient sur les familles israélites était négative. Balaam avait conseillé aux Moabites d'envoyer leurs femmes aux Israélites, certain que les Israélites se détourneraient de Dieu en cédant à ces femmes. Malheureusement, il avait raison. Non seulement les conjoints s'influencent mutuellement, mais la foi de leurs enfants est également affectée.

Que vont faire Esdras et Néhémie de cette situation de mariages mixtes en Israël ? Vont-ils laisser faire ou s'y opposer ? Cette semaine, nous verrons comment les deux chefs ont abordé cette question. 

Etudier la leçon de cette semaine pour le sabbat 21 décembre. 

 

Lisez Néhémie 13.23-25. Que se passe-t-il ici, et comment expliquer la réaction de Néhémie face à cette situation ? 

Puisque les enfants ne parlaient ni araméen (la langue parlée durant l'exil) ni hébreu, ils ne pouvaient comprendre les enseignements des Écritures. C'était un vrai problème, car la connaissance de la révélation de Dieu risquait ainsi d'être déformée ou même de disparaitre. Les scribes et les prêtres expliquaient la Torah principalement en araméen afin que la prédication soit claire pour le peuple. Mais puisque les mères venaient d'Ammon, d'Ashdod, et de Moab, et que c'était elles qui généralement s'occupaient le plus des enfants, il n'est pas surprenant que les enfants ne parlaient pas la langue de leur père. La langue que nous parlons influence notre manière de penser les concepts, car nous employons le vocabulaire de cette culture. La perte de la langue biblique était synonyme de la perte de leur identité particulière. Ainsi, pour Néhémie, il était impensable que des familles perdent contact avec la Parole de Dieu ainsi que leur lien avec le Dieu vivant, le Seigneur des Hébreux.

Les spécialistes de la Bible soulignent que Néhémie a vraisemblablement humilié publiquement les personnes, comme on pouvait le faire à l'époque pour châtier les personnes. Quand il est dit que Néhémie leur a fait des reproches et les a maudits, ne pensons pas que Néhémie ait employé un langage ordurier et des jurons. Il a plutôt prononcé sur eux les malédictions de l'alliance. Deutéronome 28 expose les malédictions qu'encouraient ceux qui brisaient l'alliance. Il est très possible que Néhémie ait choisi des mots de la Bible pour leur faire prendre conscience de leurs mauvaises actions et des conséquences de leurs mauvais choix.

En outre, quand le texte dit que Néhémie enfrapp[a] quelques-uns [et] leur arrach [al les cheveux (Ne 13.25), au lieu d'imaginer Néhémie en pleine crise de rage et réagissant avec fureur, il nous faut noter que se faire rouer de coups constituait une forme prescrite de châtiment public. Ce type de comportement ne fut appliqué qu'à « quelques-uns » d'entre eux, c'est-à-dire aux chefs qui avaient causé ou encouragé ce comportement coupable. Ces actes devaient servir de méthodes d'humiliation publique. Néhémie voulait s'assurer que le peuple comprenait la gravité des choix qui avaient été faits et les conséquences qui s'ensuivraient. 

Comment réagir quand nous voyons ce que nous croyons être des infractions à l'église ? 

Lisez Néhémie 13.26,27. Que nous montre ce passage sur combien l'histoire biblique est importante pour nous informer des dangers que l'on court quand on se détourne du droit chemin ? 

Salomon s'enfonça de plus en plus dans le péché à cause des choix qu'il fit. Il serait exact de dire que Salomon causa sa propre perte en désobéissant à l'ordre que Dieu avait donné pour les rois d'Israël : Qu'il [le roi] n'ait pas un grand nombre de femmes, afin que son coeur ne s'écarte pas (Dt 17.17). La vie de Salomon sert d'exemple à ne pas suivre : non seulement il épousa plus d'une femme, mais de façon significative, comme Néhémie le relève, il choisit des femmes qui n'adoraient pas Dieu. 

Pourquoi Néhémie avait-il raison de faire des reproches à la nation à cause de ces mariages mixtes avec des païens ? Gn 6.1-4 ; Gn 24.3,4 ; Gn 28.1,2 ; Dt 7.3,4, et 2 Co 6.14. 

Le commandement qui interdisait les mariages mixtes n'avait rien à voir avec le nationalisme mais avec l'idolâtrie. Dans la Bible, des personnes ont épousé des non-Israélites. Moïse épousa Séphora, une femme madianite ; Booz épousa Ruth, une moabite. Mais le problème avec les mariages mixtes dans ces ordres concerne le fait d'épouser quelqu'un qui est d'une foi différente, ou qui n'a pas de foi. Le problème, c'est qu'à l'époque d'Esdras et Néhémie, le peuple ne choisit pas d'épouser des personnes qui croyaient en Dieu. Richard M. Davidson, dans Flame of Yahweh (Peabody, Mass. : Hendrickson Publishers, 2007, p. 316), déclare : « Le plan édénique pour le mariage [...] exigeait une intégrité complémentaire des deux partenaires dans la foi spirituelle ainsi que dans d'autres valeurs importantes. » Les épouses païennes dans cette histoire ne choisirent pas de renoncer à leur culte idolâtre. Par conséquent, Néhémie était peut-être plus attristé que scandalisé par les choix du peuple, puisque pour lûi, cela démontrait un manque d'engagement réel envers Dieu. La Bible nous donne des formules pour nous garder enracinés en Dieu et sont destinées à optimiser notre bonheur. De la même manière, l'ordre de ne pas former d'attelage disparate dans le mariage était censé nous aider à mener une vie meilleure et à encourager une dévotion mutuelle envers Dieu. 

Quels principes peut-on retirer de ces récits aujourd'hui qui peuvent contribuer à protéger notre foi et celle de notre famille ? 

Lisez Esdras 9.1Comment Esdras réagit-il quand il entend parler des mariages mixtes chez les Israélites ? Esdras 9.1 et 2 déclarent que les gens du peuple ne se sont pas séparés. Le terme « séparés » est employé également dans les versets suivants : Lv 10.10 ; 11.47 ; Ex 26.33 ; Gn 1.4,6,7,14,18. Qu'implique l'usage de ce terme concernant la question d'un croyant qui épouse un incroyant ?

Le peuple lui-même aborda Esdras avec la question des mariages mixtes. La terminologie qu'ils emploient en faisant la liste des nations impliquées dans des abominations démontre leur connaissance de la Torah, car la liste provient directement de récits bibliques. Chose intéressante, ce sont les chefs du peuple qui apprirent la nouvelle à Esdras, car même les chefs spirituels de la nation, les prêtres et les lévites, étaient coupables de cette transgression.

« En étudiant les causes de la captivité babylonienne, Esdras avait appris que l'apostasie des Israélites était due en grande partie à ses alliances avec les païens. Il avait vu que s'ils avaient obéi aux commandements de Dieu leur interdisant de s'unir aux nations idolâtres, bien des tristesses et des humiliations leur auraient été épargnées. Lorsqu'il sut qu'en dépit des leçons du passé, des hommes en vue avaient osé violer les lois données comme une sauvegarde contre l'apostasie, son coeur fut profondément bouleversé. Il pensa à la bonté de Dieu qui avait permis à ses enfants de prendre pied à nouveau dans leur terre natale, et il fut comme accablé par une indignation et une douleur légitimes. » Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 470,471.

Le terme « séparé » est employé pour mettre en opposition des éléments. En fait, il dénote des contraires absolus. Par cette déclaration, le peuple démontrait qu'il comprenait et connaissait le commandement de Dieu à se tenir éloignés des fausses religions. Ils comprenaient que nul ne pouvait dire qu'il/elle épouserait un conjoint avec des croyances opposées sans que cela ait un impact sur la relation conjugale ou la manière d'élever des enfants. Ils prenaient conscience de la gravité de la situation. 

Que peut-on faire pour garder la foi vivante dans nos foyers et nos familles, même si nous avons pris de mauvaises décisions par le passé? 

Lisez Esdras 10. Comment Esdras et les chefs ont-ils abordé la question des mariages mixtes ?

De concert, toute l'assemblée décida de renvoyer les épouses étrangères. Chose étonnante, même ceux qui les avaient épousées acceptèrent cette décision, sauf les quatre hommes mentionnés dans Esdras 10.15. Les Juifs promirent de renvoyer leurs épouses, et il fallut trois mois pour mettre en oeuvre ce plan. Au final, 111 hommes renvoyèrent leur épouse (Esd 10.18-43). Et chose intéressante, le dernier verset (Esd 10.44) déclare que certains de ces mariages mixtes avaient déjà engendré des enfants. Renvoyer des femmes avec des enfants ne nous semble ni rationnel ni même juste. Mais nous ne devons pas oublier qu'il s'agissait d'un moment unique dans l'histoire, où Dieu recommençait à zéro avec la nation juive, et, en un sens, où le peuple recommençait aussi à zéro avec Dieu. Suivre pleinement Dieu supposait des mesures radicales.

Les termes spécifiques employés dans Esdras 10.11,19 pour « séparez-vous » (badal) et « renvoyer » (yatta) ne sont employés nulle part ailleurs dans la Bible en référence au divorce. Esdras connaissait forcément la terminologie employée pour le divorce, mais il a choisi de ne pas l'utiliser. Ainsi, il apparait qu'Esdras ne considérait pas les mariages comme valides après que l'on découvrit qu'ils allaient à l'encontre de l'ordre de la Torah. En d'autres termes, les mariages furent annulés car ils étaient contraires à la loi. On procéda à la dissolution de mariages invalides. Cependant, nous n'avons pas d'informations sur ce qui est advenu de ces épouses et des enfants, ni de l'impact que cette action a eu sur la communauté. D'après la coutume de l'époque, les anciens maris ont dû s'occuper du déménagement de leur ancienne épouse et de leurs enfants. Les épouses retournaient normalement dans la maison de leur père.

Pourtant, au fil du temps, des hommes juifs recommencèrent à épouser des incroyantes, et peut-être que certains retournèrent même auprès des épouses qu'ils avaient renvoyées. La brièveté de la solution peut être attribuée à la nature humaine et à l'irrégularité de notre engagement envers Dieu, souvent en dents de scie. Même ceux d'entre nous qui se considèrent comme des croyants affermis doivent admettre que nous passons tous par des périodes où nous sommes moins engagés envers Dieu, quand notre marche avec lui aurait pu être justement décrite comme insuffisante. Malheureusement, l'humanité a du mal à mettre Dieu à la première place. 

Quel est votre vécu de ces périodes « d'engagement plus faible » envers Dieu ? Qu'avez-vous appris de ces expériences ? 

D'après ce que nous avons vu dans Esdras et Néhémie sur cette question des mariages mixtes, il est clair que Dieu prend le mariage très au sérieux, et nous le devrions également. Nous devrions considérer un conjoint potentiel dans la prière, et inclure Dieu dans la prise de décision. Et nous devrions décider d'être fidèles aux principes de Dieu, car ils peuvent nous prémunir de beaucoup de tristesse et de misère. 

Cherchez dans la Bible comment Paul s'est occupé de cette question quand un chrétien avait un conjoint incroyant. Étudiez attentivement 1 Corinthiens 7.10-17. Comment traiter les mariages qui forment un attelage disparate aujourd'hui ?

Nous avons dans la Bible un ordre élaboré sur ce que l'on doit faire des mariages mixtes, alors ce serait manquer gravement de sagesse et aller à l'encontre de l'intention du texte et de ses principes que d'insister que la séparation d'avec le conjoint incroyant constitue la bonne approche, et, sur la base de ce récit d'Esdras, que c'est ce que l'on doit recommander. La situation du temps d'Esdras et Néhémie était un événement isolé, qui se fit selon la volonté de Dieu (Esd 10.11), car l'avenir et le culte de toute la communauté d'Israël était en jeu. Ils perdaient leur identité d'adorateurs du Dieu vivant.

Nous savons que dans la communauté juive d'Éléphantine en Égypte (contemporain d'Esdras et Néhémie), les chefs permirent les mariages mixtes et développèrent bientôt une religion syncrétique mêlant Yahweh et son équivalent païen, la déesse Anat. En outre, la lignée messianique était en danger. Par conséquent, cet événement unique ne doit pas être considéré comme une prescription pour briser des mariages et des familles quand un croyant épouse un incroyant. Le récit démontre plutôt la grande valeur que Dieu accorde à un partenariat assorti dans le mariage. Satan est heureux quand nous finissons par nous marier avec quelqu'un qui n'encourage pas la dévotion envers Dieu, car il sait que si les deux conjoints ont la même conviction, alors ils seront plus forts dans leur travail missionnaire pour Dieu, que dans le cas où un seul est fidèle.

Tandis que la Bible conseille clairement de ne pas former d'attelage disparate dans le mariage (2 Co 6.14), nous trouvons également des passages qui montrent que la grâce est aussi pour ceux qui ont fait un choix différent. Dieu donne de la force à ceux qui ont épousé des incroyants, afin qu'ils soient fidèles à Dieu et à leur conjoint. Dieu ne nous abandonne pas, même quand nous faisons des choix contraires à sa volonté, et si nous lui demandons de l'aide, il l'accordera. Cela ne veut pas dire que nous pouvons faire comme bon nous semble, en attendant de Dieu qu'il nous bénisse malgré tout, mais plutôt que lorsque nous venons à lui d'un coeur humble et démuni, il entend toujours. Sans la grâce de Dieu, il n'y aurait d'espoir pour aucun d'entre nous, car nous sommes tous pécheurs. 

Lisez Ellen G. White, « Oeuvre de réforme », pp. 509-516 dans Prophètes et rois.

« La promptitude dans le service de Dieu est une partie importante de la vraie religion. On devrait saisir les circonstances favorables pour accomplir la volonté du Seigneur. Laction rapide et décisive au moment opportun assure d'éclatantes victoires, alors que le retard et la négligence aboutissent à l'insuccès qui déshonore Dieu. Si ceux qui sont à la tête de la cause de la vérité ne manifestent aucun zèle, s'ils se montrent indifférents et indécis, l'Eglise sera froide, endormie et portée au plaisir. Mais si les chefs sont remplis du saint désir de servir le Seigneur et lui seul, alors les fidèles seront unis, débordants d'espoir et d'ardeur.

La Parole de Dieu abonde en contrastes saisissants. Le péché et la sainteté sont placés côte à côte, afin qu'en les considérant nous puissions éviter l'un et rechercher l'autre. Les pages qui décrivent la haine, la fausseté, la trahison de Sanballat et de Tobija décrivent aussi la noblesse, la sainteté et l'esprit de sacrifice d'Esdras et de Néhémie. Libre à nous d'imiter celui que nous préférons. Les terribles conséquences de la transgression des commandements de Dieu sont placées en regard des bénédictions qui résultent de l'obéissance. Il faut décider nous-mêmes si nous voulons souffrir ou être bénis. » Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 514. 

À MÉDITER  :

1. Quand nous lisons ces récits, il semble clair que bien des gens parmi le peuple n'étaient pas consacrés à Dieu au départ, ce qui explique leur choix d'épouses païennes. Ainsi, Esdras ne se contente pas de les laisser livrés à eux-mêmes, mais il tente de les réprimander et de les corriger dans l'espoir qu'ils changent. Mais le changement a-t-il vraiment eu lieu ? En changeant leur comportement, ont-ils changé intérieurement ? Leur dévotion envers Dieu a-t-elle vraiment grandi ? Quelles preuves avons-nous qu'un grand nombre d'entre eux n'aient pas vraiment changé ? Que peut-on apprendre de leurs erreurs sur l'importance d'un véritable changement de coeur ?

2. Comment aider ceux dans notre église qui sont peut-être aux prises avec les problèmes qui accompagnent les mariages hasardeux ? Bien que les principes de Dieu soient éternels et absolus, les cultures different considérablement. Pourquoi devons-nous garder ces différences à l'esprit tandis que nous cherchons à mettre en pratique les principes de Dieu dans nos vies et dans nos situations personnelles ?