Leçon 6: Lecture de la Parole

Etude de la semaine : Ne 8.1-8, Dt 31.9-13, Mt 17.5, Ac 8.26-38, Ne 8.9-12, Lv 23.39-43.
Verset a memoriser : Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu'ils avaient lu (Nehemie 8.8.).

La muraille de Jérusalem était terminée. Avec le placement des portes, les Israélites, sous le leadership de Néhémie, avaient ainsi achevé la tâche principale. Quand la muraille fut terminée, les nations environnantes étaient dans la crainte et reconnurent que cet ouvrage avait été accompli grâce à [Dieu] (Ne 6.16). Les ennemis prirent conscience que le Dieu d'Israël était réel car, malgré l'incroyable opposition et la haine que les Israélites connurent, ils avaient tout de même terminé l'oeuvre qu'ils avaient entreprise.

Suite à l'achèvement de la muraille, Néhémie nomma un gouverneur de Jérusalem (son frère Hanani) et un chef de la citadelle (Hanania). Les deux hommes furent choisis car ils étaient intègres, clignes de confiance, et qu'ils révéraient Dieu (Ne 7.2) plutôt que sur la base de leur généalogie. La muraille fut achevée au cours du mois d'Eloul (6e mois ; Ne 6.15).

Quel devait être l'ordre du jour suivant ? Les chapitres suivants de Néhémie (Néhémie 8-10) décrivent une importante série d'événements lors du mois de Tishri, le 7e mois (Ne 8.2). Dans ces textes, nous avons des exemples de la manière dont les enfants d'Israël étaient déterminés à obéir à la Parole de Dieu et combien ils se réjouissaient dans cette Parole. 

*Étudiez la leçon de cette semaine pour le  sabbat 9 novembre. 

 

 

Lisez Néhémie 8.1,2. Qu'est-ce que ce passage devrait nous indiquer sur l'importance que revêtait la Parole de Dieu pour le peuple ? 

Quand les Juifs eurent enfin terminé la construction de la muraille et s'installèrent dans Jérusalem, ils se rassemblèrent tous sur la place publique de Jérusalem, au septième mois. Le septième mois, le mois de Tishri, était peut-être le mois le plus important pour les Israélites, car il était consacré à la Fête des Trompettes (préparation pour le jugement de Dieu, ler jour du mois), au Jour des Expiations (Jour du Jugement, 10e jour du mois), et à la Fête des Huttes (en mémoire de la délivrance d'Égypte et de ce que Dieu avait prévu tout au long du voyage au désert, 15e jour du mois). La réunion eut lieu le premier jour du mois, pendant lequel on célébrait la Fête des Trompettes. Les chefs convoquèrent les hommes et les femmes de la nation pour cette assemblée spéciale afin de leur donner, à travers la lecture de la Loi, l'occasion d'en apprendre davantage sur leur Dieu et leur histoire.

Le peuple invita Esdras à apporter le livre de la Loi de Moïse devant eux et à la lire. Ils construisirent même une estrade, pour l'occasion. Ce n'étaient pas les chefs qui avaient imposé cela à la congrégation. Au contraire, ce sont eux, les gens du peuple, qui dirent à Esdras d'apporter le Livre. Vraisemblablement, Esdras fit la lecture au peuple dans les livres de Moïse, qui comprenait la loi donnée à Moïse au Mont Sinaï. 

Lisez Deutéronome 31.9-13Que leur dit le Seigneur ici, et quelles leçons peut-on en retirer pour nous ? 

Dans Deutéronome 31.9-13, Moïse dit aux Israélites que lors de la Fête des Huttes, ils devaient se réunir et lire ensemble la Loi de Dieu, et il est fait mention des différents groupes qui devaient se rassembler : hommes, femmes, enfants, et étrangers vivant dans leurs villes. 

Une lecture littérale de Néhémie 8.1 dit qu'ils se réunirent ensemble « comme un seul homme. » Qu'est-ce que cela nous indique sur l'importance de l'unité dans le corps des croyants ? 

 Esdras apporta le livre de la loi devant l'assemblée pour le lire. Que leur lut-il ? Juste les Dix Commandements en boucle pendant une demi-journée ? La référence au livre de la Loi doit être comprise comme les cinq livres de Moïse, de Genèse à Deutéronome, partie que l'on tonnait sous le nom de la Torah hébreu. Le terme « loi », par conséquent, ne couvre qu'une partie de ce qui était inclus dans la lecture. Il serait préférable de le traduire par « instructions. » Ce sont les instructions de Dieu nous permettant de connaitre le sentier que nous devons emprunter afin de ne pas manquer le but. Quand Esdras fit la lecture, le peuple entendit son histoire >en tant que peuple de Dieu, en commençant par la Création jusqu'à l'époque de Josué. Les récits, les chants, les poèmes, les bénédictions, et les lois leur rappelaient leurs difficultés à suivre Dieu ainsi que la fidélité de Dieu envers eux. La Torah inclut « la loi », mais c'est bien plus que cela. Elle intègre l'histoire du peuple de Dieu et révèle notamment la direction de Dieu. Par conséquent, elle donna à la communauté ses racines et son identité. 

Lisez Néhémie 8.3 ; Deutéronome 4.1 ; 6.3,4 ; Josué 1.9 ; Psaumes 1.2 ; Proverbes 19.20 ; Ezéchiel 37.4 et Matthieu 17.5. Que nous enseignent ces versets sur la manière dont nous devons interagir avec la Parole de Dieu ? 

Le fait que le peuple désirait entendre la Parole de Dieu était vraisemblablement le résultat de la lecture et de l'enseignement de la Parole mis en avant par Esdras depuis son arrivée à Jérusalem 13 ans auparavant. Il était consacré à l'oeuvre de Dieu et déterminé à faire une différence. La Parole de Dieu devint réelle pour le peuple à mesure qu'il l'entendait de la bouche d'Esdras. Ainsi, le peuple prit la décision volontaire d'entendre et d'écouter car ils étaient intéressés par ce que Dieu leur disait. En cette occasion, ils abordèrent ainsi la Torah avec révérence et un désir d'apprendre.

Le fait de nous imprègne de la Parole crée un désir plus profond de la présence de Dieu dans nos vies. 

Quelle est votre relation à la Parole de Dieu ? C'est-à-dire, bien que vous prétendiez y croire, en quoi cette affirmation se manifeste-t-elle dans votre vie, au sens où vous cherchez à obéir à ses enseignements ? Votre vie serait-elle si différente si vous n'obéissiez pas à la Bible ? 

Lisez Néhémie 8.4-8. Comment se fit la lecture de la Loi ? 

Il y avait deux groupes de 13 hommes qui se tenaient aux côtés d'Esdras pendant la lecture. Le premier groupe de 13 (Ne 8.4) aida à lire la Parole de Dieu, et le deuxième groupe de 13 (Ne 8.7) aida à la compréhension des passages. Nous n'avons pas d'informations quant au fonctionnement de cet arrangement sur la place publique. Mais les hommes qui aidèrent avec la lecture tenaient peut-être la Torah (les rouleaux hébreux étaient lourds et devaient être déroulés par des tiers) et la lisaient aussi peut-être successivement, en alternant les lecteurs. Du fait qu'ils lisaient du matin au midi, ils avaient trouvé un moyen d'atteindre tout le monde sur la place.

Les expressions « ils en donnaient le sens » et « le faisaient comprendre lorsqu'on lisait » (Ne 8.8, Darby) peut renvoyer soit à l'interprétation soit à la traduction des passages. Les deux possibilités sont vraisemblables dans ce cas. Le peuple revenait de Babylone, où il avait vécu durant de nombreuses années, et la langue principale était l'araméen. Par conséquent, entendre de l'hébreu ne fut peut-être pas facile à comprendre pour beaucoup, notamment les jeunes générations. En même temps, tous les lecteurs de la Bible peuvent bénéficier d'explications ou de commentaires. La prédication et l'explication donnent vie au texte et poussent les auditeurs à mettre personnellement en pratique les informations concernées. 

Lisez Actes 8.26-38. Qu'arrive-t-il ici qui fait écho à ce qui avait lieu à Jérusalem dans les textes ci-dessus ? Quelles leçons y a-t-il pour nous ici ? 

En tant que Protestants, nous comprenons que les croyants doivent connaitre la Parole de Dieu individuellement, pour eux-mêmes, et que nous ne devons pas accepter aveuglément la parole de quiconque en matière de vérité biblique, quelle que soit son autorité. En même temps, qui n'a jamais été béni par quelqu'un qui l'avait aidé à comprendre le sens d'un ou plusieurs textes ? Nous avons besoin, chacun de nous, de savoir ce que nous croyons pour nous-mêmes, mais cela ne veut pas dire que parfois nous ne pouvons pas être éclairés par les enseignements d'autres personnes. 

 

 Quand Esdras ouvre la Parole de Dieu, la Torah hébreu, le peuple se lève. Avant qu'Esdras ne lise, il bénit Dieu. Après sa lecture, le peuple répond par des « Qu'il en soit ainsi ! Qu'il en soit ainsi ! » (Ne 8.5,6) à l'unisson, et tous lèvent les mains au ciel. Puis ils inclinent la tête et adorent, visage contre terre. 

Lisez Néhémie 8.9-12. Pourquoi les chefs dirent-ils au peuple de ne pas être dans le deuil et dans les pleurs ?

« Aussi, plus tard, quand la loi divine fut lue publiquement à Jérusalem aux captifs revenus de Babylone, et que le peuple pleurait à cause de ses transgressions, ces paroles bienveillantes furent prononcées : 'Ne vous affligez pas... Allez, mangez des viandes grasses, buvez des boissons douces et envoyez-en à ceux qui n'ont rien de préparé, car ce jour est consacré à notre Seigneur. Ne soyez pas affligés ; car la joie que donne l'Éternel, voilà votre force !' ». Ellen G. White, Ministère de la guérison, p. 238.

En entendant les paroles de Dieu, le peuple fut frappé par son propre état de péché et les gens se mirent à pleurer. Quand Dieu se révèle à nous et que nous commençons à saisir qu'il est plein d'amour, de bonté, de miséricorde et de fidélité, nos propres insuffisances et notre incapacité à être ce que nous devrions apparaissent au grand jour. Voir la sainteté de Dieu à travers sa Parole nous fait voir notre horreur sous un nouveau jour. Cette prise de conscience poussa le peuple d'Israël à pleurer et se lamenter, mais ils ne devaient pas être chagrinés, car la joie du Seigneur est votre force (Ne 8.10). En d'autres termes, malgré leurs échecs, ils pouvaient faire confiance à la puissance de Dieu.

C'était également un jour particulier, un jour saint, la Fête des Trompettes (Rosh Hachana), au cours duquel l'on sonnait brièvement de la trompette pour signaler l'importance de la préparation du « coeur » pour le jugement du Seigneur (Jour des Expiations, célébré le 10e jour du mois de Tishri). Les trompettes signalaient un appel à se tenir devant Dieu et à se repentir. Comme le jour était conçu pour rappeler au peuple de se tourner vers Dieu, le deuil et les pleurs sont compréhensibles. Mais les chefs leur rappelèrent qu'une fois qu'ils s'étaient repentis, Dieu les avait entendus, et par conséquent, il était temps de se réjouir dans le pardon de Dieu. 

Qu'est-ce que cela devrait nous indiquer sur la gravité du péché, pour que Jésus ait dû aller jusqu'à la croix, car c'était le seul moyen de résoudre le problème du péché et nous donner de l'espérance ? 

La joie du Seigneur est votre force (Ne 8.10) sert de rappel que c'est la volonté de Dieu que nous nous réjouissions et profitions de la vie. Mais surtout, il ne s'agit pas de n'importe quelle joie, c'est la joie qui nait de notre connaissance de Dieu et de la réalité de son amour. Faire de Dieu et de sa bonté ses délices et se réjouir à cause de tout ce qu'il a prévu pour nous est quelque chose que nous devrions nous efforcer de faire chaque jour. De plus, faire de Dieu ses délices nous donne la force d'affronter la journée et de gérer les situations qui se présentent à nous. 

Lisez Néhémie 8.13-18. Que se passe-t-il dans ce passage, et qu'est-ce que cela nous indique sur la situation du peuple et des chefs à ce moment-là ?

Le lendemain, les chefs du peuple vinrent voir Esdras afin d'en apprendre davantage sur le livre de Dieu. Cette initiative montrait leur souhait de conduire la communauté vers Dieu. Ils comprenaient qu'il serait impossible de conduire le peuple dans la bonne direction si eux-mêmes ne recherchaient pas Dieu et la connaissance auprès de lui. 

Lisez Lévitique 23.36-43. Qu'ordonna-t-on aux Israélites de faire, et pourquoi ?

Remarquez que dans Néhémie 8.15, les textes font référence à ce qui était « écrit. » Nous voyons ici un autre exemple de combien ils voulaient obéir à la Parole de Dieu, idéalement parce qu'après des décennies en captivité, ils avaient retenu la leçon concernant la désobéissance. De plus, dans les textes de Lévitique, ils devaient célébrer la fête : vous vous réjouirez devant le Seigneur, votre Dieu, pendant sept jours (LN, 23.40). En d'autres termes, tandis qu'il se souvenait des actes de miséricorde, de grâce, et de salut, de Dieu, le peuple devait se réjouir dans ce que le Seigneur avait fait pour eux. 

Réfléchissez à ce que nous avons reçu en Jésus, qui est symbolisé dans toutes les fêtes de l'Israël antique. Comment apprendre à nous réjouir dans le Seigneur même lors d'épreuves difficiles et pénibles ? Pourquoi, surtout dans ces moments-là, est-il crucial de le faire ? 

 Lisez Ellen G. White, « Lecture solennelle de la loi de Dieu », pp. 503-507. « Il ne lui restait plus qu'à manifester sa foi. Dieu ayant accepté sa repentance, il pouvait se réjouir d'avoir reçu le pardon de ses iniquités. [...]

Tous les repentirs sincères procurent au croyant une joie durable. Lorsqu'un pécheur cède à l'influence de l'Esprit, il voit sa culpabilité et sa souillure jurer avec la sainteté du grand médecin des âmes. Il se voit condamné par ses transgressions ; mais qu'il ne se laisse pas aller au désespoir, car le pardon lui a déjà été accordé. Il doit se réjouir lorsqu'il a le sentiment de la rémission de son péché, grâce à l'amour d'un Père céleste qui pardonne abondamment. C'est la gloire de Dieu d'entourer de sa tendre sollicitude tous les pécheurs qui se repentent, de bander leurs blessures, de laver leurs péchés et de les revêtir de la robe du salut. » Ellen G. White, Prophètes et rois, pp. 506,507. 

À MÉDITER 

1. Sous quelles conditions peut-on expérimenter la joie du Seigneur (Ne 8.10) comme notre force ? C'est-à-dire, y a-t-il quelque chose que nous devons faire afin d'expérimenter la puissance de Dieu et son pardon clans nos vies ? Si oui, quoi ?

2. Comment trouver le juste équilibre entre pleurer sur nos péchés tout en nous réjouissant dans le Seigneur ? N'est-ce pas là une contradiction ? En quoi la loi et l'évangile réunis répondent-ils à cet apparent paradoxe ? (Voir Rm 3.19-24.)

3. Lisez Néhémie 8.10, où Néhémie dit au peuple : Allez, mangez des viandes grasses, buvez des liqueurs douces et envoyez des parts à ceux qui n'ont rien de prêt, car ce jour est sacré pour notre Seigneur; ne vous affligez pas, car la joie du Seigneur est votre force. Manger, boire, donner à ceux qui n'ont rien préparé, et faire tout cela parce que ce jour est sacré pour notre Seigneur? Que nous enseigne ce passage sur les manières dont nous pouvons nous réjouir dans le Seigneur ? Que signifie le fait qu'il soit sacré dans ce contexte ?