Leçon 4: Face à l’opposition

.Etude de la semaine : Esd 4.1-5, 2 Co 6.14, Esd 5.1-5, Aggée 1, Esd 4.6-24, Néhémie 4, Ne 6.1-13.
Verset à mémoriser : Mais l'oeil de Dieu était sur les anciens des Judéens. On ne leur fit pas interrompre les travaux avant d'avoir envoyé un rapport à Darius et d'avoir reçu une lettre à ce sujet (Esdras 5.5.).

Esdras 3-6 est structuré thématiquement, et couvre différentes périodes historiques d'opposition à la reconstruction du temple. Reconnaitre cette approche thématique contribuera à clarifier le message d'ensemble.

Le nom d'Esdras est mentionné pour la première fois dans Esdras 7.1. Avec son arrivée en 457 avant J.-C., les choses changèrent, et on commença à rebâtir sporadiquement la ville de Jérusalem avec sa muraille. Treize ans après, Néhémie arriva (envoyé par Artaxerxès en 444 avant J.-C.), et la construction de la muraille finit par reprendre. Malgré une opposition intense, les travaux furent achevés en 52 jours (Ne 6.15).

La résistance à l'oeuvre de Dieu est un thème très fréquent dans les livres d'Esdras et Néhémie. Ainsi, il n'est pas surprenant que la reconstruction du temple et de Jérusalem ait suscité opposition et persécution. Où que l'on porte les regards aujourd'hui, l'oeuvre de Dieu fait naitre de la résistance. Satan tente de s'assurer que la propagation de l'évangile soit ralentie, car cela menace son territoire. Dans Esdras et Néhémie, comment les Juifs ont-ils affronté l'opposition ? 

* Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 26 octobre.

Lisez Esdras 4.1-5. Selon vous, pourquoi le reste israélite a-t-il refusé l'aide des autres peuples dans la construction du temple ? 

À première vue, la demande semble être recevable, digne d'une bonne entente entre voisins, alors pourquoi refuser leur aide ? En un sens, on trouve la réponse dans le texte lui-même. Les « adversaires » vinrent proposer leur aide. Des adversaires? Le mot même donne une indication forte du pourquoi de la réaction des Israélites.

Pourquoi ces gens sont-ils appelés des adversaires ? 2 Rois 17.24-41 explique que ces personnes étaient originaires d'autres nations en Samarie et la région après la déportation des Israélites du royaume du nord. Le roi d'Assyrie leur envoya des prêtres, qui devaient leur enseigner comment adorer le Dieu du pays, c'est-à-dire le Dieu d'Israël. Cependant, la religion qui en résulta intégrait également les dieux cananéens. Par conséquent, le reste israélite craignait que cette religion ne soit incorporée au culte du temple. D'où leur réponse, qui était certainement la meilleure chose à faire, et la plus intelligente : « Non, merci. »

Nous ne devons pas non plus oublier pourquoi tout cela arrivait, au fond. C'était le compromis constant de leurs ancêtres avec les religions païennes autour d'eux qui avait entrainé la destruction du temple, ainsi que leur exil. On peut supposer que, tandis qu'ils étaient en pleine construction du temple, la dernière chose qu'ils voulaient faire, c'était de se mettre au niveau des peuples alentours. 

Dans ces textes, quel autre élément montre que ce refus était la bonne décision ? (Voir Esd 4.4,5.) Pensez à la facilité avec laquelle ils auraient pu justifier leur acceptation de cette aide. Qu'est-ce que 2 Corinthiens 6.14 a à nous dire dans ce contexte ? 

Malheureusement, l'opposition rencontrée par les Juifs de la part des nations environnantes, décrite dans Esdras 4-6, les laissa effrayés et réticents à travailler sur le temple.

Comme nous l'avons déjà mentionné, Esdras 4.6-6-22 n'est pas rédigé par ordre chronologique. Par conséquent, nous examinerons le chapitre 5 avant le chapitre 4. 

Lisez Esdras 5.1-5. Pourquoi Dieu envoie-t-il les prophètes Aggée et Zacharie aux Juifs ? Quel est le résultat de leur prise de parole ?

Les Juifs avaient arrêté de construire parce qu'ils avaient peur. Mais Dieu les avait envoyés en Juda pour rebâtir le temple et la ville, et il avait un plan. Puisqu'ils avaient peur, il devait faire quelque chose pour les encourager. Ainsi, il appela deux prophètes à intervenir. Dopposition humaine n'arrête pas Dieu. Même si les Juifs contribuaient à cette opposition par leurs propres actes, Dieu ne les abandonna pas. Il agit à travers les prophètes pour les motiver et les pousser à agir de nouveau. 

Lisez Aggée 1. Quel est le message pour eux, et que peut-on en retirer pour nous ?

« Les prophètes Aggée et Zacharie furent suscités pour faire face à la crise. Leurs témoignages émouvants révélèrent aux Israélites la cause de leurs difficultés. Si tout ne marchait pas comme ils l'auraient voulu, c'était parce qu'ils avaient oublié de faire passer avant tous les autres les intérêts du royaume des cieux. S'ils avaient honoré Dieu, s'ils lui avaient témoigné du respect et de la révérence, en s'occupant d'abord de la construction de sa maison, ils se seraient ainsi assurés sa présence et sa bénédiction. » Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 434. 

Qu'ont fait les « ennemis » dans Esdras 4.6-24 pour faire cesser les travaux à Jérusalem ?

Les « peuples du pays » écrivirent des lettres accusatrices contre les Juifs et leur travail d'abord à Darius (Esdras 5 et 6), puis au roi Xerxès (Assuérus) ainsi qu'à Artaxerxès. Ils firent tout ce qui était en leur pouvoir pour faire cesser les travaux à Jérusalem.

Les gens des nations environnantes affirmaient que si la ville était rebâtie, le roi perdrait le pouvoir qu'il avait sur elle, car Jérusalem avait toujours été un lieu de rébellion et de problèmes par le passé. Malheureusement, le roi Artaxerxès fut influencé et crut que les Juifs reconstruisaient dans le seul but de conquérir leur indépendance et ainsi provoquer la confrontation. Il donna l'ordre que les travaux cessent, et le peuple envoya une armée pour empêcher la reconstruction de la ville. Cette approche déterminée stoppa l'oeuvre de Dieu. 

Lisez Esdras 4.23,24. Pourquoi les Juifs s'arrêtèrent-ils de construire ? Ne savaient-ils pas que Dieu voulait qu'ils reconstruisent la ville ? Quel était l'obstacle ?

Visiblement, les Juifs avaient compris que Dieu les avaient appelés à rebâtir la ville et le temple, mais en raison d'une forte opposition, ils prirent peur. Ils ont peut-être avancé des excuses du genre : « Ce n'est sans doute pas le bon moment », « Si c'était vraiment la volonté de Dieu, il aurait fait en sorte que cela fonctionne », ou bien « Nous n'étions peut-être pas censés revenir ici, en fait. » Quand l'opposition s'interpose entre nous et ce que nous croyons que Dieu nous appelle à faire, nous avons tendance à remettre en question et à douter de la direction de Dieu. Nous pouvons facilement nous convaincre que nous avons fait une erreur. La peur peut paralyser notre esprit, et nos pensées se tourner vers le désespoir et le défaitisme au lieu de rester concentrées sur la puissance de Dieu. 

Avez-vous vécu une telle situation, où vous étiez convaincu que Dieu vous avait appelé à faire quelque chose, pour ensuite avoir des doutes quand les choses sont devenues difficiles ? (Pensez, par exemple, à Jean-Baptiste.) Qu'avez-vous appris de cette expérience ? 

Lisez Néhémie 4. Qu'ont fait les Juifs sous la direction de Néhémie pour tenir tête à l'opposition ? Pourquoi était-ce important qu'ils se préparent à se battre, plutôt que de ne rien faire, en croyant que Dieu les protégerait ?

Après des coups d'accélérateur et des coups de frein, le peuple commença à se remettre au travail. Les Juifs prièrent, puis Néhémie mit en place une garde active. Des gens se relayaient jour et nuit afin d'être prêts en cas d'attaque. Néhémie mit également le peuple en place autour de la muraille avec des armes, de sorte que chaque famille était prête à se battre.

De plus, il sépara ses serviteurs en deux groupes, l'un qui travaillait, et l'autre qui portait des armes. Il y avait également des dispositions spéciales pour tous ceux qui travaillaient sur la muraille, car ils étaient au plus près du danger. Chacun des bâtisseurs tenait une épée d'une main et de l'autre, ajoutait des briques et du mortier à la muraille. Ils étaient préparés à faire face à l'opposition. Ils firent leur part. Dieu fit le reste. La foi de Néhémie en la protection de Dieu nous inspire. Cependant, il n'est pas resté là, assis sur le canapé, à attendre que Dieu se charge de tout. Ils se préparèrent au mieux de leurs capacités.

Les deux passages : N'ayez pas peur d'eux ! Souvenez-vous du Seigneur, qui est grand et redoutable, et combattez pour vos frères, vos fils et vos filles, vos femmes et vos maisons! (voir Ne 4.8), et Notre Dieu combattra pour nous (voir Ne 4.15) font partie des déclarations les plus inspirantes de la Bible.

Les Juifs auraient pu cesser leur construction à nouveau à cause de cette opposition persistante, mais, cette fois, au lieu de se laisser dominer par la peur, ils s'accrochèrent à la promesse selon laquelle Dieu combattrait pour eux. Quand nous rencontrons de l'opposition contre Dieu, contre nos croyances, ou contre ce que Dieu nous appelle à faire, nous devrions nous souvenir que Dieu combattra pour nous.

Au final, les Juifs prirent conscience que le Seigneur était derrière tout ce qu'ils faisaient, et cela leur donna le courage de persévérer. 

Pourquoi est-il important de savoir que ce que l'on fait est la volonté de Dieu ? Ainsi, une question importante à se poser est celle-ci : Comment savoir si ce que je suis en train de faire est la volonté de Dieu ? 

Lisez Néhémie 6.1-13. Pourquoi Néhémie voit-il ce qu'il est en train de faire à Jérusalem comme une grande tâche (Ne 6.3, Segond 21) ? Quelles furent les tentatives pour le stopper ?

Le chapitre 6 décrit de nombreuses tentatives d'attenter à la vie de Néhémie. Sanballat et Guéshem continuaient d'envoyer des lettres à Néhémie pour qu'ils viennent les voir sous prétexte d'une rencontre. Mais la rencontre se situait dans la vallée d'Ono, qui se trouvait en territoire ennemi, et ce fait trahissait la véritable intention de l'invitation. Sanballat, Tobiya et Guéshem voient une occasion qui ne durera que le temps de la construction de la muraille, avant que les portes ne soient fermées. Les Juifs ont la protection du roi perse, et ainsi leurs ennemis ne peuvent les conquérir dans une attaque frontale. Mais s'ils se débarrassent du chef, ils retardent l'avancée des travaux, ou peut-être même arrêtent pour de bon les Juifs. Ils n'abandonnent pas. Même si Néhémie ne répond pas, ils persistent. Cela a dû être frustrant pour Néhémie de devoir gérer l'opposition à tout bout de champ. Il leur répond en disant : J'ai une grande tâche à accomplir (Ne 6.3).

Selon les standards du monde, Néhémie accomplissait une grande tâche en tant qu'échanson du roi, ce qui était un rôle prestigieux, l'une des fonctions les plus élevées du pays où il était conseiller du roi. Mais bâtir une ville qui était en ruines, qui ne semblait avoir aucune importance ? C'est ce qu'il appelle une grande tâche ? Néhémie considérait l'oeuvre pour Dieu comme grande et plus importante, car il se rendait compte que l'honneur du nom de Dieu était en jeu à Jérusalem.

De même, quand Dieu mit en place les services du sanctuaire, il institua la prêtrise. Afin de garder le sanctuaire saint et spécial dans l'esprit du peuple, il ne permit qu'aux prêtres d'accomplir les devoirs à l'intérieur du temple. Par nous-mêmes, nous avons du mal à voir la sainteté de Dieu. Par conséquent, Dieu fit en sorte d'aider les Israélites à entrer dans la présence de Dieu avec révérence. Néhémie savait que les parvis du temple étaient pour tous, mais pas les pièces intérieures. En parlant de se rencontrer à l'intérieur du temple, Shemaya prouva non seulement qu'il était un faux prophète car il proposait quelque chose qui était contraire à la directive de Dieu, mais également qu'il était un traître. 

Sans le sanctuaire terrestre, comment aujourd'hui ne pas oublier le sentiment de la sainteté de Dieu ? En quoi la prise de conscience de la sainteté de Dieu, contrairement à notre état de péché, nous pousse-t-elle vers la croix ? 

Lisez Ellen G. White, « Les réparateurs des murailles », « Blâme de l'extorsion », et « Complots des païens », pp. 483-502, dans Prophètes et rois.

« L'opposition et le découragement que connurent les travailleurs au temps de Néhémie, parmi leurs ennemis et leurs soi-disant amis, sont un type des difficultés que rencontrent aujourd'hui tous les serviteurs de Dieu. Les chrétiens sont éprouvés, non seulement par la haine et la cruauté de leurs adversaires, mais aussi par l'apathie, l'inconséquence, la tiédeur et la trahison de ceux qui prétendent être leurs amis et collaborateurs. » Ellen G. White, Prophètes et rois, p. 489.

« L'ennemi ne réussit pas à faire tomber Néhémie en son pouvoir parce que cet homme de Dieu témoigna autant de fermeté dans son dévouement à la cause sacrée que dans sa confiance en Jéhovah. L'âme indécise devient une proie facile à la tentation, mais celui qui poursuit un noble idéal, un but absorbant, ne prête pas le flanc au mal. Sa foi, loin de faiblir, s'affermit, car partout il discerne l'amour infini qui dirige toutes choses pour l'accomplissement du plan divin. Les vrais serviteurs de Dieu travaillent avec une résolution qui ne connaît aucune défaillance, car ils dirigent constamment leurs regards vers le trône de la grâce. » p. 502. 

À MÉDITER 

1. Mettez-vous à la place de Zorobabel et Josué et des autres chefs quand ces hommes sont venus les voir en leur proposant leur aide. Rétrospectivement, nous voyons qu'ils ont fait ce qu'il fallait en n'acceptant pas cette offre. En tant qu'adventistes, comment savoir quand nous devons ou non collaborer avec d'autres personnes qui ne partagent pas notre foi ? Comment décider si c'est bien ou mal ? Quels critères peut-on suivre ?

2. Tout au long du récit biblique, nous voyons les dangers de compromettre notre foi avec le monde. En effet, toute l'histoire d'Israël jusqu'à la captivité babylonienne, fut un exemple puissant de ces compromis. En même temps, qu'arrive-t-il quand les gens tombent dans les extrêmes en essayant d'éviter ce danger ? Quand Jésus en personne fut accusé de transgresser le sabbat (voir Jn 9.14-16), n'avons-pas un exemple fort de personnes qui tombent dans l'extrême inverse ? Comment trouver le juste équilibre ?