Leçon 3: Le Sabbat un jour de liberté

Etude de la semaine : Ex 16.16-18, Ex 20.8-11, Dt 5.12-15, Mt 12.9-13, Lv 25.1-7.
Verset a mémoriser : Et il leur disait le Sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat (Marc 2.27.).

Dieu a créé le sabbat comme son dernier acte de la semaine de la Création. On dit que le septième jour, Dieu s'est non seulement reposé, mais il a créé le repos comme faisant partie intégrante de la manière dont le monde devait fonctionner. Le sabbat démontrait que nous avions été créés pour interagir avec Dieu, et entre nous.

Il est donc peu surprenant de trouver le sabbat, l'un des commandements dans le plan de Dieu pour son peuple, qui apparais si tôt dans l'établissement de la nouvelle nation israélite. Il devait avoir un rôle crucial dans la vie des Hébreux.

Quand nous parlons du sabbat, la conversation s'oriente souvent vers la manière de le garder. Qu'est-ce que nous ne devrions pas faire, et autres choses de ce genre. Aussi importantes que soient ces questions, nous devons comprendre le rôle que le sabbat était destiné à avoir dans le monde et dans la vie du peuple de Dieu, en tant que symbole de la grâce de Dieu et de ses dispositions.

Comme Jésus l'a dit, le sabbat du septième jour a été créé pour toute l'humanité. Quand nous nous souvenons véritablement du jour du sabbat, il nous change, chaque jour de la semaine, et, comme Jésus l'a démontré, il peut devenir un moyen de bénir aussi les autres.
*Étudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 20 juillet.


Après des générations d'esclavage et la dégradation sociale qu'une telle condition avait infligé à son peuple opprimé, Dieu chercha à relever les Israélites fraîchement libérés, en leur montrant une meilleure façon de vivre, et en leur donnant des lois pour l'organisation optimale de leur nouvelle société. Mais l'une des premières parties de ce processus vint sous la forme d'une leçon de choses pratique et instructive.

Ce rythme de vie en question, qui se poursuivit pendant la totalité des 40 années de leurs errances dans le désert, preuve visible des dispositions de Dieu et de sa générosité pratique, aurait dû faire partie de la culture de la société israélite. Il prit la forme de la manne, une nourriture qui apparaissait chaque matin sur le sol tout autour du camp des Israélites.

Lisez Exode 16.16-18. Selon vous, quelle est la signification de cette mesure particulière pour chaque personne mentionnée dans ces versets ?

Dans 2 Corinthiens 8.10-15, Paul fait référence à cette histoire comme exemple de la manière dont les chrétiens devraient donner dans la circonstance présente, votre abondance suppléera à ce qui leur manque, pour que leur abondance aussi supplée à ce qui vous manque ; de sorte qu'il y aura égalité (v. 14).

La leçon pour les Israélites, et pour nous, c'est que Dieu a prévu suffisamment pour son peuple et sa création. Si nous ne prenons que ce dont nous avons besoin, et si nous sommes préparés à partager notre superflu avec les autres, personne ne manquera de rien et tous auront assez. En prendre juste assez pour la journée exigeait une confiance de la part du peuple : allait-il y en avoir le lendemain ? Les gens opprimés, comme l'avaient été les esclaves israélites, ont tendance à se concentrer sur leur propre survie, mais Dieu voulait leur faire une démonstration d'une vie de confiance, de générosité, et de partage.

Mais il y avait également une autre dimension, plus remarquable, à cette pratique. Chaque vendredi, une double portion de manne apparaissait sur le sol, et ce jour-là, et uniquement ce jour-là, le peuple devait ramasser la manne supplémentaire en préparation du sabbat. La provision pour le sabbat constitua une autre manière pour eux d'apprendre à faire confiance au Seigneur pour tous leurs besoins. Cette portion additionnelle de manne, acte de grâce de la part de Dieu, leur permettait de profiter encore plus pleinement du repos que Dieu leur a promis pendant le sabbat du septième jour.

Que peut-on faire le vendredi qui nous aiderait à profiter davantage de ce que Dieu nous offre le jour du sabbat ?

Lisez Exode 20.8-11 et Deutéronome 5.12-15. En quoi ces deux versions du quatrième commandement se complètent-elles l'une l'autre ?

Le fait de se souvenir est une partie importante de la relation que Dieu cherche à rétablir avec son peuple, une relation centrée sur le fait que Dieu est notre Créateur et Rédempteur. Les deux rôles apparaissent dans les deux versions du quatrième commandement et sont ainsi étroitement liés au sabbat et à son observance.

Au sortir d'un pays dominé par tant de faux dieux, les Israélites avaient besoin qu'on leur rappelle le rôle du vrai Dieu en tant que Créateur. Le sabbat était une manière cruciale d'y parvenir, rendue d'autant plus importante dans le contexte du cycle hebdomadaire de la manne supplémentaire qui apparaissait le vendredi, exemple puissant de sa puissance créatrice. C'est dans la version du quatrième commandement d'Exode 20 que Dieu comme notre Créateur est le plus clairement révélé.

A contrario, leur sauvetage, leur rédemption, et leur salut constitue la priorité du quatrième commandement de Deutéronome 5. C'était une histoire que les Israélites devaient répéter régulièrement. Ils pouvaient s'y reconnecter en particulier chaque sabbat. Leur première histoire était une histoire de sauvetage réel, concret, de l'esclavage en Égypte, mais à mesure que leur compréhension de Dieu et de son salut augmentait, le sabbat devenait également un symbole et une célébration hebdomadaires de leur salut spirituel.

Ces deux motivations au sabbat concernaient la restauration de la relation entre Dieu et son peuple :Je leur ai aussi donné mes sabbats comme un signe entre moi et eux, pour qu'ils sachent que c'est moi, le Seigneur [YHWH], qui les rends saints (Ez 20.12). Et comme nous l'avons vu, il n'avait jamais été question de ce seul groupe de personnes. À la base de cette relation, ils devaient établir un nouveau type de société, une société bienveillante envers ceux de l'extérieur, et une bénédiction pour le monde entier.

C'est pourquoi le Seigneur, ton Dieu, t'a ordonné de célébrer le jour du sabbat (Dt 5.15). En observant le sabbat comme un moyen de se souvenir et de célébrer à la fois notre création et notre rédemption, nous pouvons continuer à grandir dans notre relation, non seulement avec le Seigneur, mais avec ceux qui nous entourent. Dieu est bienveillant envers nous. Par conséquent, nous devons l'être envers autrui.

De quelles manières l'observance du sabbat fait-elle de nous des gens meilleurs, plus aimables, plus bienveillants, et plus compatissants ?

L'une des choses évidentes à partir d'une lecture rapide des Dix Commandements dans Exode 20 et Deutéronome 5, c'est que le quatrième commandement est de loin le plus détaillé. Tandis que pour certains des commandements, il suffit dans certaines versions de quatre mots (en hébreu, il suffit même de deux mots pour certains), le quatrième commandement laisse la place au pourquoi, au comment, et au qui du souviens-toi du jour du sabbat.

Lisez Exode 20.8-11. Que dit ce passage sur les serviteurs et les étrangers, et même sur les animaux, et qu'est-ce que cela signifie ?

Parmi tous ces détails sur le sabbat, l'accent mis sur autrui est particulièrement remarquable. Sigve K. Tonstad affirme que ce genre de commandement est unique parmi les cultures du monde. Le commandement du sabbat, explique-t-il, « classe par ordre de priorité, du bas vers le haut, et non l'inverse, en accordant la première considération aux membres plus faibles et les plus vulnérables de la société. Ceux qui ont le plus besoin de repos, l'esclave, l'immigré, et les bêtes de somme, sont distingués par le simple fait qu'ils soient mentionnés. Dans le repos du septième jour, les plus défavorisés, même les animaux dépourvus de parole, trouvent un allié. » The Last Meaning of the Seventh Day (Michigan, Andrews University Press, 2009), pp. 126, 127. Le commandement nous exhorte de manière toute spéciale à profiter du sabbat, qui que nous soyons. À la lumière du sabbat, nous sommes tous égaux. Si durant la semaine, vous êtes un patron, vous n'avez aucune autorité pour faire travailler vos employés le sabbat. Car Dieu leur a donné, à eux aussi, un jour de repos. Si vous êtes un employé, ou même un esclave, pour le restant de vos jours, le sabbat vous rappelle que vous avez été créé et racheté par Dieu de la même manière, et Dieu vous invite à célébrer cela de manières qui diffèrent de vos devoirs habituels. Même ceux qui ne sont pas des observateurs du sabbat (ni les immigrés qui sont dans tes villes [Ex 20.10]) devraient bénéficier du sabbat.

Cette idée devait constituer un changement de perspective remarquable pour les Israélites, fraîchement sortis de leur propre expérience d'esclavage et de marginalisation. Maintenant qu'ils allaient s'établir sur une nouvelle terre, Dieu ne voulait pas qu'ils adoptent les habitudes de leurs anciens oppresseurs. En plus de leur donner des lois détaillées pour leur société, il leur donna (et à nous tous, en fait) un rappel hebdomadaire, et puissant, de notre égalité absolue devant Dieu.

Comment partager le sabbat autour de vous ? C'est-à-dire, comment les personnes de votre voisinage peuvent-elles bénéficier de votre observance du sabbat ?

Tandis que la vision originale pour le sabbat et son observance était large et ouverte à tous, au moment de la venue de Jésus sur terre, le sabbat était devenu quelque chose de tout à fait différent pour beaucoup des chefs religieux. Au lieu d'être un jour de liberté et d'égalité, le sabbat était devenu un jour de règles et de restrictions humaines, traditionnelles. De son temps, Jésus prit position contre de telles attitudes, en particulier quand on les imposait à d'autres.

C'est très intéressant qu'il ait fait cela en accomplissant un certain nombre de guérisons le jour du sabbat. Il semble que Jésus ait accompli ces guérisons <intentionnellement le sabbat, plutôt que d'autres jours, pour exprimer quelque chose d'important sur ce que devait être le sabbat. Souvent dans ces récits, Jésus faisait des commentaires sur l'à-propos qu'il y avait de guérir le sabbat, et souvent les Pharisiens se servaient de ses déclarations comme prétexte pour faire avancer leurs complots meurtriers.

Lisez les récits des guérisons de Jésus le jour du sabbat dans Matthieu 12.9-13, Marc 1.21-26, 3.1-6, et Jean 9.1-16. Quels sont les éléments les plus significatifs que vous remarquez dans ces histoires ?

Jésus a confirmé que le sabbat est important. Nous devons mettre des barrières autour du temps du sabbat pour le garder spécial et pour permettre à ce temps hebdomadaire de devenir une occasion pour faire grandir nos relations avec Dieu, avec nos familles, notre église, et notre voisinage. Mais l'observance du sabbat ne devrait pas être seulement pour nous, de manière égoïste. Comme Jésus l'a dit : il est permis de faire du bien un jour de sabbat (Mt 12.12).

Beaucoup de membres d'église font beaucoup de travail pour s'occuper des autres. Mais beaucoup d'entre nous sentent également que nous devrions faire plus pour aider. Nous savons que Dieu se soucie de ceux qui souffrent, qui sont opprimés, ou laissés pour compte, et que nous devrions l'imiter. Du fait que nous ayons reçu l'ordre de ne pas poursuivre notre travail habituel et que nous soyons libérés des pressions de la semaine, pendant le jour du sabbat, nous recevons du temps pour nous consacrer à prendre soin des autres, comme une manière d'observer véritablement le sabbat « Selon le quatrième commandement, le jour du sabbat doit être consacré au repos et aux services religieux. Tout travail séculier doit donc être interrompu, mais on peut accomplir ce jour-là des oeuvres de miséricorde. [...1] Soulager les affligés, consoler ceux qui pleurent, voilà une oeuvre d'amour qui honorera le Seigneur et son saint jour. » Ellen G. White, Le ministère de la bienfaisance, p. 61.

Que faites-vous pour le bien des autres le jour du sabbat ?

Comme nous l'avons vu, le sabbat faisait partie intégrante du cycle de la vie dans la nation israélite. Mais le principe du sabbat ne se limitait pas à un simple jour chaque semaine. Il comprenait également un repos spécial tous les sept ans, avec l'année du jubilé après sept séries de sept ans, c'est-à-dire tous les 50 ans.

Lisez Lévitique 25.1-7. Qu'y a-t-il de remarquable dans ce type d'instruction ? Comment pouvez-vous incorporer ce genre de principe dans votre vie et votre travail ?

L'année sabbatique permettait aux terres arables de rester en jachère pendant l'année. C'est un acte de gestion de la terre remarquable, et la sagesse de cette pratique agricole est largement admise.

La septième année était également importante pour les esclaves (voir Ex 21.1-11). Dans l'éventualité où des Israélites s'étaient endettés au point de se vendre eux-mêmes en esclavage, ils étaient libérés la septième année. De la même manière, les dettes impayées étaient annulées à la fin de la septième année (voir Dt 15.1-11).

Comme la manne que Dieu donnait aux Israélites dans le désert, l'absence de plantations pendant une saison était un acte de confiance envers Dieu : donnerait-il suffisamment l'année précédente et à partir de ce que le sol de lui-même produirait pendant l'année sabbatique ? De la même manière, libérer les esclaves et annuler les dettes était un acte de miséricorde, mais aussi un acte de confiance dans la capacité de Dieu à combler nos besoins. En un sens, le peuple avait besoin d'apprendre qu'ils n'avaient pas à opprimer les autres pour subvenir à leurs besoins.

Les principes et le modèle du sabbat devaient être étroitement liés à la structure de la société israélite dans son ensemble. De la même manière, l'observance contemporaine du sabbat devrait être une discipline spirituelle qui transforme tous nos autres jours. En un sens pratique, le sabbat est une manière de vivre les instructions de Jésus qui recommandait de chercher d'abord son royaume : Mais vous, vous avez au ciel un Père qui sait bien que vous avez besoin de tout cela (Mt 6.32,33, Parole vivante).

Quelle différence l'observance du sabbat devrait-elle faire sur les six autres jours de la semaine ? Après tout, si vous êtes cupide, égoïste, et insensible du dimanche au vendredi, qu'est-ce que cela peut bien faire si vous n'êtes rien de tout cela le jour du sabbat ? (Mais pouvez-vous vraiment ne pas être tout cela le sabbat si vous êtes tout cela le reste de la semaine ?)

Lisez Ellen G. White, « De la mer Rouge au Sinaï, » pp. 263-273, dans Patriarches et prophètes ; «Le sabbat, » pp. 268-277, dans Jésus-Christ; Sigve K. Tonstad, « The Social Conscience of the Seventh Day, » pp. 125-143, dans The Lost Meaning of the Seventh Day.

« Jésus leur fit savoir que l'acte de travailler au soulagement des affligés était en harmonie avec la loi du sabbat, en harmonie aussi avec le ministère des anges de Dieu qui font constamment la navette entre ciel et terre pour soulager l'humanité souffrante. [...] L'homme a, lui aussi, une oeuvre à accomplir en ce jour. La vie a des besoins qui réclament notre attention ; les malades doivent être soignés ; les nécessiteux doivent être secourus. Celui-là ne sera pas [tenu pour innocent] qui néglige de soulager la souffrance le jour du sabbat. Le saint jour de repos de Dieu a été fait pour l'homme, les actes de miséricorde s'accordent parfaitement avec son intention. Dieu ne veut pas qu'une seule heure de douleur afflige ses créatures qui pourraient être soulagées un jour de sabbat ou tout autre jour. » Ellen G. White, Jésus-Christ, pp. 189,190.

À MÉDITER 

1. De quelles manières avez-vous expérimenté le sabbat comme démonstration de votre confiance en Dieu ? Avez-vous déjà vécu une expérience de « manne » dans votre vie, où Dieu avait comblé vos besoins en réponse à votre confiance en lui ? Si c'est le cas, partagez- la avec la classe et dites ce que vous avez appris.

2. Comme nous l'avons vu dans le quatrième commandement tel qu'on le trouve dans Exode 20.8-11 et Deutéronome 5.12-15, Dieu a souligné différents aspects du sabbat. Quel est l'aspect du sabbat que vous appréciez le plus ?

3. En classe ou individuellement, réfléchissez à des moyens de partager les bénédictions et les bienfaits du sabbat dans votre voisinage.

4. De quelles manières le sabbat change-t-il votre vie ? Y a-t-il d'autres domaines de votre vie où les modèles et les principes du sabbat devraient avoir un plus grand impact ? 

Résumé : Dieu a donné le sabbat comme moyen de se souvenir de la Création et de la Rédemption, mais il a également de nombreux bienfaits pratiques. Il nous enseigne à faire confiance à Dieu pour nos besoins. Il nous enseigne à pratiquer l'égalité. Et il peut devenir une discipline spirituelle qui transforme toutes nos relations. Jésus a démontré son idéal pour le sabbat en guérissant les malades et en mettant en avant le sabbat comme un jour pour faire du bien à ceux qui sont dans le besoin.